‹ Les Bois-Francs (volume 3)Chapitre 14 sur 127 · L'OURDISSAGE · texte numérisé non relu

L'OURDISSAGE

Nous sommes dans les premières semaines du Carême. C'est le temps de monter une pièce sur le métier. Il faut d'abord ourdir. Le dévidoir, la tournette, le rouet à canelles, le canellier, Fourdissoir vont être mis en branle.

Le '' dévidoir " était une espèce de treuil sur lequel on enroulait les '' écheveaux ". Ceux-ci étaient partagés en autant de faisceaux qu'il y avait dans chacun d'eux de longueurs de la chaîne. Ce partage était marqué avec une ficelle que l'on nouait à chaque faisceau complet. L'on comptait douze faisceaux par écheveau et on disait qu'il avait " douze nœuds ". Plus tard Ton dit " nottes ", de l'anglais " not " quand on a commencé à employer le coton importé et tout préparé, pour faire la chaîne.

Les écheveaux se dévidaient ensuite pour s'enrouler sur les '' canelles " — longs fuseaux à hauts rebords — au moyen d'un rouet spécial appelé " rouet-à-canelles ".

Cette opération s'appelait : '' Caneller la chaîne ".

On disposait ensuite les vingt canelles ainsi préparées sur le " canellier ". C'était un assemblage de trois montants verticaux traversés par dix " broches " de fer, qui servaient de pivots aux canelles placées entre les montants.

On faisait alors passer les fils des vingt canelles dans la " main-percée " ou porte-fils, planchette de forme oblongue qui avait deux rangées de dix trous. Les fils passés, on en réunissait les bouts pour les attacher à la première " cheville-de-l'ourdissoir ".

'' L'ourdissoir " — ou la " herse ", parce que sa forme

avait quelqu'analogie avec cet instrument aratoire — servait à tendre régulièrement les fils de la chaîne, à les empêcher de se mêler, à tenir séparées les unes d'avec les autres les différentes portées que l'on pouvait, une fois la chaîne formée, facilement reconnaître et placer entre chaque dent du " râteau " dans le montage de la pièce sur le métier.

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