BIOGRAPHIE DE TRENTE-DEUX COLONS RESIDANTS AU MONT CHRISTO, EN
Honore ton père et ta mère, et tu vivras longuement.
Voici une relique familiale que je présente à la vénération des descendants de cette phalange de héros et de héroïnes qui ont défriché, arrosé, fertilisé de leurs sueurs et de leurs larmes le coin de terre destiné à être le berceau de la paroisse de Saint-Christophe.
En 1848, il y avait au Mont Christo, communément alors appelé : la " Montagne ", 32 colons, les uns échelonnés dans le versant de la montagne, les autres dispersés, ci et là, le long de la branche sud-ouest de la rivière Nicolet et dans les environs.
L'étendue du territoire sur lequel résidaient ces colons était d'environ deux milles carrés. Tout ce territoire fut compris dans les limites du village dArthabaskaville, lors de son incorporation, en 1853.
La population était d'environ 170 âmes, dont 90 communiants. Parmi ces colons, 29 étaient mariés et 3 célibataires.
En dehors du terrain précédemment désigné, il y avait sur le territoire de la future paroisse de Saint-Christophe, une dizaine de familles. Vers le nord-est, Olivier Jean
Lavigne (1) et Narcisse Gaudet, du côté sud-ouest, Maxime Croteau, frère de Jacques, Magîoire Deniers, Ignace Demers, Landry Tourigny (2), Jean-Bapitste Morency, Pierre Morency, Jean Labry, Jean-Baptiste Patoine (3), peut-être quelques autres dont les noms ont été oubliés.
(1) Olivier Jean Lavigne, époux de Marguerite Biais, dont on trouvera la généalogie dans le Illième Tome des Bois-Francs, page 272, arriva à Arthabaska vers 1846. Il s'établit sur le chemin provincial, sur la terre occupée aujourd'hui par Nathaniel Blanchet, rang 5, lot 5, cadastre 322. Il y résida jusqu'en 1865. A cette date il vendit sa terre à Louis Blanchet et vint résider dans le village d'Arthabaskaville, dans une maison qu'il acheta de François d'Assise Baril. Cette maison était située à l'endroit où est aujourd'hui bâtie la maison des Demoiselles Narcisse Lavigne. Elle était alors occupée par un nommé Auger dit Vinet, chez qui se tenaient les séances de la Cour des Commissaires. C'est chez Auger dit Vinet que se déroula le procès d'un nommé Rochette, accusé d'avoir empoisonné sa femme. Ce Rochette fut acquitté.
Olivier Jean Lavigne fut inhumé à Arthabaska le 14 janvier 1882, et son épouse, Marguerite Biais, le 24 mai 1893". Elle avait été baptisée à Gentilly le 6 mai 1811.
Narcisse Rivard-Lavign^, fils de Joseph Rivard-Lavigne et de Françoise Marchand, baptisé à Gentilly, le 24 août 1817, décédé à Artiiabaska, le 11 avril 1878, marié à Gentilly, le 21 janvier 1845, à Julie L'Heureux, fille de Joseph L'Heureux et de Angélique Baril, baptisée à Gentilly le 14 mars 1825, et inhumée à Arthabaska le 15 avril 1904.
Narcisse Lavigne vint s'établir dans le 7ième rang d'Arthabaska, à trois milles environ de l'église, en 1865.
Joseph Rivard-Lavigne, fils de Jean-Baptiste Rivard-Lavigne et de Suzanne Beaufort-Brunel, baptisé vers 1792, inhumé à Gentilly le 13 janvier 1834, âgé de 42 ans ; marié à Gentilly, le 17 novembre 1816, à Françoise Marchand, veuve de Alexis Toutant, née vers 1777, décédée à Arthabaska le 4 juin 1867, âgée de 90 ans.
Françoise Marchand, fille de Bénoni Marchand et de Marthe Chandonnais, avait épousé, en premières noces, à Champlain, le 26 octobre 1801, Alexis Toutant, fils de Jean-Baptiste Toutant et de Marie-Louise Perreault.
(2) Landry Tourigny était le père de l'Honorable Paul Tourigny, Conseiller Législatif pour la division de Kennebec. Généalogie Deshayes- Tourignj', volume 2, page 385.
(3) Jean-Baptiste Patoine, né le 8 mars 1821, originaire de Saint- Gervais, Comté de Bellechasse, arriva à Arthabaska vers 1848. Il s'établit sur une terre dans le premier rang d'Arthabaska, terre qu'il occutîa jusqu'en 1914. Elle appartient aujourd'hui à Amédée Spénard, rang 1, lot 5, cadastre 256. Jean-Baptiste Patoine avait épousé, en 1847, Marie Bernard. Le 10 septembre 1907, ils célébrèrent leurs noces de diamant de mariage. Une messe fut chantée à laquelle un grand nombre de parents et d'amis assistèrent.
Marie Bernard mourut le 20 mai 1910, âgée de 82 ans. Le 2 juin 1914. Jean Patoine entra à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska, où il mourut le 2 novembre 1916, âgé de 95 ans.
En le recommandant aux prières, M. le curé L.-A. Côté fit, eu quelques
Sur le territoire de la future paroisse de Sainte- Victoire, il y avait à cette même date, environ 35 familles.
Voici les noms de quelques-uns de ces colons, d'après une tradition orale : François Marchand, fondateur de la paroisse de Sainte-Victoire ; Olivier Perrault, fondateur de la ville de Victoriaville ; Michel Bernier, Olivier Lanneville, Joseph Cloutier, Pierre Cloutier, Charles Girard, Joseph Pothier, Julien Labbé, fils, Charles Labbé, Pierre Bernier, Paul Beaudet-Ducap, Paul Rivard, Louis Béland- Provencher, Joseph Marchand, Valère Lavigne, Rémi Auger, Joseph St-Cyr, Louis Hamel, Hilaire Babineau, Michel Rochette, Louis Rochette, Antoine Hamel, André Bertrand, Amable Leblanc, Joseph Tourigny, Louis Raymond, François Leblanc, Pierre Provencher, François Provencher, Michel Dubois, Joseph Renaud, André Bernard.
Le nombre approximatif des colons de Saint-Christophe et de Sainte- Victoire était donc, en 1848, de 80 familles, donnant environ 400 âmes. En 1848, il y avait donc environ 45 familles dans la paroisse de Saint-Christophe et 35 sur le territoire de la paroisse de Sainte-Victoire. Rien de surprenant, alors, qu'à une assemblée des francs-
mots, l'éloge de ce respectable vieillard, un des pionniers des Bois-Francs. C'est, dit-il, une ancienne figure qui disparaît de notre paroisse. Monsieur Patoine arriva ici avant qu'il y eût un Curé.
Dans les premières années de ces temps assez reculés, il n'y avait guère de pianos dans les maisons et de pianos-box sur les chemins. Il y avait des huches dans les maisons ; heureux quand il y avait un peu de fleur pour pétrir du pain. Dans les premiers temps. Monsieur Patoine et d'autres ont mangé de la soupe aux feuilles de hêtres ou aux feuilles de patates. C'était peut-être une soupe médicinale, mais je doute que ce fût une soupe bien appétissante.
Ces hommes courageux qui ont ouvert et défriché notre paroisse, .au prix de tant de sacrifices, ont droit à notre souvenir et à la reconnaissance de nos prières.
tenanciers, tenue en 1849, il fut décidé que dorénavant, la m,ission ne se ferait plus dans la chapelle des Bras, où elle avait eu lieu depuis 1843, mais dans le presbytèrechapelle qu'on venait de bâtir à la montagne.
Cette décision ayant été approuvée par l'autorité religieuse, les gens du rang des Bras, des pointes Bulstrode (aujourd'hui Pointes Beaudet), et des Pointes Provencher furent dans l'obligation de se rendre à la montagne pour assister aux offices religieux et la réception des sacrements. Ils en furent bien peines, mais, comme doivent le faire les bons catholiques, en pareille occurence, ils se soumirent à l'ordonnance de l'autorité épiscopale.
Ils en furent récompensés, car quelque temps après, Févêque chargea Monsieur Antoine Racine, alors curé de Saint-Eusèbe de Stanfold, de leur donner la mission, ce qu'il fit jusqu'à l'arrivée du premier curé de Saint-Christophe, Monsieur P. H. Suzor, à l'automne de 1851.
Au recensement de l'automne 1924, la population de la ville d'Arthabaska et de la paroisse de Saint-Christophe d'Arthabaska était de 348 familles, donnant 2221 âmes, soit 126 familles et 751 âmes dans la paroisse, 222 familles et 1470 âmes dans la ville.
Au recensement de l'automne 1924, la population de la paroisse de Sainte-Victoire et de la ville de Victoriaviile était de 5800 âmes, 1006 familles. Dan» la paroisse de S^^inte-Victoire, 166 familles, 927 âmes. Dans la v'û\^ de Victoriaviile, 4873 âm;es, 840 familles.