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MINES ET DES PECHERIES

Je remercie les organisatrices de cette fête de m'y avoir convié. Depuis près de 22 ans que je m'honore du titre de citoyen d'Arthabaska, je ne pouvais demeurer indifférent à cette démonstration. Il me plaît grandement avoir l'occasion de m'unir aux citoyens de cette ville pour manifester aux Dames de la Congrégation l'expression de nos remerciements et l'hommage de notre profonde gratitude.

Permettez-moi de me réclamer d'un autre titre et d'associer aussi à cette réunion le représentant du gouvernement provincial.

Les ministres qui président aux destinées de cette province se reconnaissent non-seulement le devoir de diriger les affaires publiques, mais aussi celui d'aider les institiitions particulières qui constituent pour notre province un élément de force et de grandeur. Ils tiennent, en particulier, à exprimer leur sympathique encouragement aux âmes d'élite qui, dans nos couvents, nos collèges et nos écoles, élèvent de nouvelles générations, et à leur rendre un hommage public.

Ce m'était donc une raison spéciale de venir dire aux Dames de la Congrégation notre reconnaissance pour les services précieux qu'elles ont, depuis cinquante ans, rendus à notre population.

Les développements de cette institution au milieu de

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cette région évoquent Tidéc que nos maisons d'enseignement sont étroitement liées à l'œuvre de la colonisation, que i'école et le couvent sont deux basses essentielles sur lesquelles doit s'appuyer l'agrandissement normal de notre territoire.

Au chapitre de la colonisation, la ville d'Arthabaska est un témoin. Ouverte à la civilisation au milieu du 19ème siècle, cette contrée prouve d'éclatante façon la puissance d'expansion de notre race et les résultats merveilleux qu'amène avec elle l'emprise du sol. Quand, en 1870, les Dames de la Congrégation commencèrent à enseigner ici, on pouvait douter du développement que connut depuis notre région.

Leur œuvre a grandi avec notre ville. Et ce que nous célébrons encore aujourd'hui, c'est le concours que cette Communauté apporta au progrès d'Arthabaska.

Les premiers colons qui se fixèrent dans cette partie des Bois-Francs comprirent l'importance de la culture de l'esprit et de la formation du cœur. Voulant fonder ici des foyers semblables à ceux que, depuis trois cents ans, notre race fonde sur les rives du Saint-Laurent, ils se souvinrent que l'âme de ces foyers c'est la mère, l'incomparable mère canadienne-française, et ils demandèrent d'ouvrir un sanctuaire où elle se pourrait former. Oii pouvaient-ils mieux s'adresser qu'à cette maison bénie dont Marguerite Bourgeois dota notre pays il y a trois siècles, et à quelle Communauté plus zélée que la sienne auraient-ils pu confier leurs enfants ?

En venant s'établir parmi nous, les Dames de la Con-

grégation ont répété à notre profit le geste bienfaisant de leur fondatrice.

Elles ont recommencé pour nous Tceuvre inaugurée le 30 avril 1658 par Marguerite Bourgeois, à Ville-Marie, le long de l'étroite rue St-Paul, dans une étable de pierre qui, ainsi qu'elle le notait elle-même *' avait servi de colombier et de loge pour les bêtes ".

Et en célébrant ce cinquantenaire, ce n'est pas seulement aux mérites des religieuses actuelles et de leurs devancières immédiates que nous rendons hommages, mais aussi à celle qui leur traça la voie, à Marguerite Bourgeois et à ses compagnes.

Quelle hauteur d'âme, quelle ténacité il fallut à cette jeune fille champenoise pour jeter en terre canadienne le grain qui a germé, le grain d'où est sorti l'arbre majestueux qui abrite aujourd'hui tant d'enfants au Canada et aux Etats-Unis.

Arrivée à Ville-Marie en 1653, à la demande de Chomedy de Maisonneuve, elle accepta la tâche d'être la première maîtresse d'école de Ville-Marie. Elle se met courageusement à la tête des éducatrices qui se donneront la charge d'élever les enfants qui vont venir.

Elle se prodigue auprès des '' filles du roi " que les vaisseaux nous amènent, " à cause, disait-elle, que c'était pour former des familles ".

Former des familles ! Elle forme d'abord la sienne, sa famille spirituelle, cette admirable communauté de religieuses qui, malgré les difficultés et les épreuves, ne se lasseront jamais d'enseigner aux petits enfants l'art d'une

vie patriotique et chrétienne. Guidées par Marguerite Bourgeois, elles vont, ces religieuses, par les côtes de la Nouvelle France, tenir les petites écoles. Quel courage requiert rétablissement des premières missions ! Deux de ces éducatrices. Sœur Anne et Sœur Barbier, vont à pied de Ville- Marie à Québec pour fonder la petite école de l'Isle d'Orléans.

Elles ne sont point en cela plus grandes que leur modèle. Marguerite Bourgeois, qui, en avril, 1689, à l'âge de 69 ans, le bâton de pèlerine à la main, se rend â pied de Montréal à Québec.

De quel héroïsme, mesdames et messieurs, sont faits les premiers jours de la colonie française en Amérique !

A quels sacrifices, en particulier, nous avons dû l'existence de nos petites écoles d'autrefois !

C'est là que commence de naître la pensée de notre race.

Quelques-unes ont fait place à de magnifiques couvents, comme celui dont s'enorgueillit notre ville. La raison de nous attacher à ces centres d'activité intellectuelle et de vie morale demeure la même : élever les nouvelles générations, orner l'esprit de l'enfant, fortifier sa volonté, hausser ses sentiments pour qu'il devienne plus tard, au foyer qu'il fondera, une lumière et une force, pour que tous les actes de la maturité tournent à la grandeur de son pays.

Entourons de notre sympathie agissante ces maisons où se forme la vie de l'esprit. Qu'elles continuent de compter sur la valeur d'âme et la haute compétence des religieuses qui les dirigent, sur l'Etat, dont la mission est

d'aider les efforts individuels, sur TEglise catholique qui, par son esprit divin, par ses institutions d'enseignement, ses œuvres de prévoyance et d'assistance sociale, demeure le guide le plus sûr, le soutien inébranlable des individus et des peuples ".

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