DISCOURS DE M. R-H. COTE, C. R
Dans son allocution à la messe de ce matin, notre digne curé nous a rappelé que toujours les Religieuses de la Congrégation, depuis leur arrivée à St-Christophe, s'étaient montrées très respectueuses de l'autiorité religieuse. Le titre du Lévitique que je lis au recto du programme artistique de cette fête me fait voir qu'elles sont aussi respectueuses de la tradition en sanctifiant la cinquantième année de leur fondation.
C'est, en effet, une circonstance solennelle qui nous réunit aujourd'hui sous ce toit, circonstance dans laquelle nous célébrons avec éclat le SOème anniversaire de la fondation de cette maison à Arthabaska.
Il y a 50 ans, bien comptés, arrivaient ici, de Montréal, à la demande de Monseigneur Suzor, cinq humbles filles de la Vénérable Marguerite Bourgeois, avec la mission d'y fonder un couvent, de poser les assises de cette magnifique institution qui a fait tant de bien dans notre localité.
Ces humbles religieuses ne soupçonnaient pas, en confiant à la terre ce grain de sénevé qu'elles y jetaient, Taccroissement vraiment prodigieux que le bon Dieu lui a donné ; accroissement qui a produit un grand arbre à l'ombre des rameaux duquel sont venues s'abriter un nombre considérable de jeunes filles pour y puiser, outre
les leçons de vertu qui font la femme et la mère chrétienne, l'instruction qui la distingue et qui lui assure la conservation de son féminisme, son plus bel apanage.
Je n'énumèrerai pas les sacrifices que la réalisation de Tceuvre a coûtés ; je me contenterai de dire que les Religieuses de la Congrégation n'ont pas failli à la tâche ; que toujours elles ont marché sur les traces de leur Vénérable Fondatrice dont elles ont suivi, non pas le panache, mais la cornette blanche, cornette devant laquelle les plus nobles têtes se sont inclinées.
J'ai écouté avec bonheur le Ministre de la Colonisation qui assure les bonnes Religieuses de toute la sollicitude de son gouvernement ; je l'en remercie, car ce geste l'honore. Un gouvernement ne saurait trop encourager et soutenir l'œuvre de l'éducation chrétienne dans un pays, car c'est elle qui lui apporte le meiileur appoint. L'historien anglais Bède, écrivant au Sème siècle sur la Majesté du Colisée, monument merveilleux et pouvant contenir toute une nation, disait :
Quamdiii stabit Colysens, stabit et Roma : Qiiando cadet Colyseiis, cadet et Roma ; qiiando cadet Roma, cadet et mundiis.
Ce que l'écrivain anglais disait du Colisée je puis le dire avec plus d'à propos encore de l'instruction saine que nos enfants reçoivent dans des maisons comme celle qu'Arthabaska possède. Aussi longtemps qu'elles seront debout nous sommes assurés de la survivance de notre nationalité, de notre langue et de notre foi.
A trois heures, une séance, présidée par Sa Grandeur Monseigneur Brunault, réunissait à la salle de l'Hôtel-de- Ville les anciennes élèves et la population d'Arthabaska.
Les élèves des Dames de la Congrégation exécutèrent avec le talent et la distinction que nous leur connaissons un beau programme que nous sommes heureux de reproduire.
Fêtes Jubilaires au Couvent de la Congrégation de Notre-Dame d'Arthabaska.
Entrée Un jour heureux Richter.
Chœur Les Noces d'or G. Cham-nade.
Adresse à Sa Grandeur Mgr J. S. H. Brunault, évêque de Nicolet.
Cantate Béni soit le Seigneur! Schubert
Bienvenue aux anciennes élèves
Saynète : Clochettes et Pâquerettes
Au champ des souvenirs
Chant L*Ave des Liserons Trojelli
Discours de Sa Grandeur Monseigneur J. S. H. Brunault
Dno Marche Festivale Gounod
Voici le jour que le Seigneur a fait, passons-le dans la joie et l'allégresse.
Noces d'or de Chaminade. A l'un des plus beaux passages de cette pièce de mérite. Ton avait adapté un joli chœur de bienvenue. Mlle Madeleine Marceau présente l'adresse à Monseigneur. Mlle E. Habel, avec la permission de Sa Grandeur, souhaite la beinvenue aux chères anciennes élèves avec une aimable simplicité. Une gerbe de roses est offerte à Sa Grandeur par Mlle Alice Bergeron. Mlle Lucie Garneau, dans quelques vers admirablement dits, présente à M. le curé Côté un joli bouquet. Mme
Adélard Picher, présidente distinguée du comité, reçoit aussi un hommage floral de la main de Mlle Mathilde Gen~ dreau.
Alors s'ouvre une charmante saynette par de petites élèves réparties en trois groupes. Toutes, vêtues de blanc, portent l'insigne-souvenir, chantent et s'accompagnent joyeusement de petites clochettes, et dans une gentille allégorie, fillettes, pâquerettes et clochettes reprennent à Tunisson :
Sonnez, sonnez douces Clochettes.
Annoncez le jubilé d*or ; Et nous verrons les Pâquerettes A votre appel, surgir encore.
Mise en scène originale peut-être, mais tout à fait gracieuse et sympolique. Si l'auteur du '* Bourdon des Bois-Francs " eût pu entendre naïves envolées du carillon des Noces d'Or, il aurait peut-être salué la révérence de la vieille cloche qu'il a si bien chantée.
Une grande contate '* Dieu soit béni " prépare l'auditoire à l'entrée au Champ des Souvenirs.
Les dix lustres formant le cycle d'or de VAlma Mater vont passer sur les lèvres des dix élèves et mettre en lumière, l'un, le berceau de l'Institution avec les vénérables figures qui l'entourent ; un autre révèle les noms et les bienfaits des premières protectrices du nouveau foyer ; un troisième chante les délicatesses de l'amour sacerdotal, la générosité des âmes, la touchante sollicitude du ministère pastoral, et l'on poursuit de lustre en lustre, relevant au passage un mot, un fait, un vieux refrain que l'on veut rendre :
MGR J.-S.-H. BRUNAULT,
deuxième évêqiie de Nicolet.
O belle scène de famille.
Que de bonheur tu sais offrir I
Vis dans nos cœurs et toujours brille.
Comme un radieux souvenir.
L'adresse suivante fut lue par Mlle Madeleine Marceau, élève du couvent :