SUR LA
Paroisse de St-^FcFdiQaijd (d
I ^ A paroisse de St-Ferdiiiand se prépare à célébrer, J — Vcette année (19 13) de glorieux anniversaires. Premièrement, le 79ème anniversaire de la première messe célébrée à St-Ferdinand. Deuxièmement, le 64ème anniversaire de la fondation de la paroisse civile et canomique. Troisièmement, le 4ième anniversaire de la fondation du Couvent, de l'Asile et de l'Hospice. Quatrièmement, le 25ème anniversaire de la fondation du Collège commercial. Cinquièmement, la dédicace du nouvel Hôpital du Sacré-Cœur. C'est toute l'histoire et le développement d'une paroisse que nous allons commémorer.
Qu'ils nous soit permis de donner quelques détails qui permettront de suivre ce développement, cette croissance d'une paroisse dans les Bois Francs.
Nous nous sommes servis de tous les documents que nous avons pu recueillir dans les archives de Saint-Fer-
(1) Cette monographie paroissiale est l'œuvre de M. l'abbé Lucien Gagné, curé de St-Ferdinand, à qui je présente mes meilleurs remercîments.
lO LES BOIS-FRANCS
dinand. Si uous avons fait quelque erreur nous serons heureux qu'on nous les signale.
Nous entreprenons de fixer sur le papier les notions que nous avons, afin de les conserver pour l'avenir et les sauver de l'oubli et de la destruction.
St-Ferdinand est situé au centre du Comté de Mégantic. Pendant longtemps, et encore pour quelques-uns aujourd'hui, on ne lui donnait pas d'autres noms que celui de " la paroisse du Lac " ; on disait : " les gens du Lac," *' nous irons au Lac," ce qui indique que ce beau Lac William joue un grand rôle dans cette paroisse. Il est situé à peu près au centre du territoire de la paroisse.
LTn poète aimé, M. Adolphe Poisson, a chanté ses beautés dans le poème intitulé '^ Le Lac St-Ferdinand" ; cet hymne à la perle des Bois-Francs est inscrit dans son volume '' Sous les Pins." M. l'abbé L. E. Grondin, ravi à son tour de ces beautés, a adapté aux strophes de M. Poisson une charmante mélodie. Oui, qu'il est beau notre Lac, lorsqu'au printemps il se réveille de son sommeil hivernal, lorsqu'il commence à chanter sous le souffle de la brise ! Quand le soleil multiplie ses rayons sur le prisme de ses gouttelettes, il inonde ses rives d'une lumière éblouissante. Le poète nous décrit son existence dans les temps préhistoriques par ces deuxs tances :
Le lac aux ondes bhmcbissantes No reflétait dans ses flots clairs Que les bois aux cimes puissante'> Que noircit l'aile des éclairs.
Dans cette solitude Pleine de quiétude Seuls cbantaient les oiseaux.
Aucune voix humaine — Chant d'amour, cri de haine — N'avait troublé ces eaux.
Oui, aucune voix humaine n'avait troublé ses eaux, si ce n'est peut-être le chant du paisible Abénakis, mais jamais le cri de guerre du farouche Iroquois. La vie cependant devait être abondante dans son sein, car dans les temps anciens, à ce que Ton rapporte, il était très poissonneux, puisque les premiers colons trouvaient dans les lacs de cette région une partie de leur noumture. Mais le poète ajoute :
Or, un jour que le lac éprouvait de la peine
A battre de ses flots des rivages déserts,
Un cri retentit dans les airs
Et le sol tressaillit sous la chute d'un chêne.
Adieux, jours sans clameurs î
Adieu, nuits sans rumeurs !
La chanson des rameurs
Court sur le lac sauvage.
Et sur ses frais ilôts
Les ormes, les bouleaux
Qui jetaient l'ombre aux Ilots
Gisent sur le rivage.
Oui, cette chanson des rameurs, nous l'avons entendue souvent, le soir, lorsque l'astre des nuits s'élève silencieux dans le ciel et argenté de ses rayons la surface des flots. C'est l'heure du rêve. Comme alors la pensée s'élève, comme elle remercie Dieu des beautés cju'il a semées autour de nous !
Mais laissons les rives enchanteresses de notre beau Lac.
La paroisse de St-Ferdinand a été une des premières
ouvertes à la colonisation. Nous croyons que son nom lui a été donné en souvenir du Révérend Messire Ferdinand Gauvreau, alors curé de St-Sylvestre, qui le premier attira les bénédictions de Dieu en y disant la première messe sous le dôme des bois. C'était la prise de possession du Christ Rédempteur.
Ayant^probablement entendu parler de la beauté de cette partie des Bois-Francs, il partit avec un groupe de ses paroissiens, ai Tété de 1834, par le chemin Craig, chemin militaire qui avait été construit en 1810. Quelles ont^été des impressions de ces hardis voyageurs en voyant ces belles forêts d'érables, de bois francs de toutes essences, de ces bonnes terres qui promettaient tant pour l'avenir, nous pouvons le conjecturer.
L'histoire ne nous a pas conservé les noms de ces hardis pionniers. Seulement,il est resté dans la tradition qu'au nombre des premiers colons venus en 1835 i^ Y avait Joseph Fréchette, Joseph Côté et Joseph Fortier. Mais il devait y en avoir d'autres puisqu'en 1835 M. Gauvreau, après après avoir fait de son expédition un rapport à l'archevêque, fut nommé missionnaire pour cette nouvelle mission. Quelqu'un ponn-a peut-être nous renseigner à ce sujet.