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Récolte du Mèse. Déiiiascla0e. lilèse mâle

Dès que la plante a un an ou deux, l'assise génératrice du liège (v. p. 82) se constitue dans l'assise immédiatement sousépidémique ; elle donne, en se cloisonnant sur sa face externe, des cellules de liège disposées régulièrement en assises radiales et tangcntielles.

A trois ou quatre ans, Tépiderme est fendillé, déchiré sous la poussée du liège qui se forme, et il ne tarde pas à tomber. La production des cellules de liège, d'un rouge brun et de forme tabulaire, devient alors plus active, et la couche produite s'accroît en épaisseur d'années en années ; les cellules formées à la fin de chaque période de végétation sont sensiblement plus aplaties que les autres, de telle sorte qu'il est possible de distinguer les zones annuelles dans le liège comme on le fait dans le bois et d'en apprécier Tàge en comptant ces zones.

Au bout d une quinzaine d'années, la couche de liège a plusieurs centimètres d'épaisseur, elle continuera à s'accroître indéfiniment. Malheureusement l'enveloppe subéreuse livrée à elle-même se crevasse largement et profondément, elle perd son homogénéité, devient peu élastique et n'est point propre aux usages auxquels le liège est habituellement destiné. De plus, les couches produites annuellement deviennent de très faible épaisseur quand l'arbre vieillit. Un tel liège est le liège vierge ou nfl/wre/, appelé plus souvent encore liège mâle.

Aussi, pour obtenir plus tard du liège de bonne qualité, on enlève ce liège mAle en pratiquant le démasclage. Cette opération délicate ne peut se faire sur des arbres encore trop jeunes, il faut attendre qu'ils aient 25 à 30 centimètres de circonférence, soit 12 années environ. On doit avoir grand soin de ne point entraîner, avec le liège que l'on enlève, l'écorce active intérieure ou fleur de Técorce, où se formera la zone génératrice, seule capable de reproduire du liège.

Pour opérer le démasclage, on délimite la surface produc-

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tive à uDe hauteur d'environ 1 m. 60, en faisant un trait de scie, puis on enlève le liège mâle. Quand il s'agit d'arl)res âgés, qui n'ont pas été exploités antérieurement, on démascle les branches et on réserve Técorce naturelle du tronc que ron utilisera pour l'extraction du tannin qu'elle contient abondamment et qui servira au tannage des peaux.

Le liège mâle, si médiocre que soit sa qualité, peut servir à certains usages ne réclamant pas une grande finesse de la matière première. On peut en faire des bouées, des madragues (filets pour pêcher le thon), des jardinières rustiques, des meubles de jardin, des grottes artificielles ; on peut en obtenir par distillation un noir très léger, ou s'en servir comme combustible.

L'opération du démasclage ne fut appliquée en Algérie qu'à partir de 1884, et dans la région kroumirienne à partir de 1883. Aussi le liège produit dans ces localités, qui fut d'abord de qualité grossière, tend-il toujours à devenir un produit de valeur supérieure.

Le démasclage se fait en temps de sève, lorsque par suite de la multiplication des nouveaux éléments anatomiques du cambium générateur, Tadhorence entre l'écorce et le liège est particulièrement faible. Cette période coïncide en France avec le courant de juin et en Algérie avec l'époque de mai à juin.

Liège femelle ou de reproduction, — Lorsque le premier liège a été enlevé, il ne tarde pas à se former au sein du parenchyme cortical ou fleur de liège, que l'on a eu bien soin de ne pas arracher, un second périderme, d'origine for cément plus profonde que le premier. Il produit un liège souple et homogène ; on le laisse fonctionner aussi longtemps que cela est nécessaire pour obtenir l'épaisseur voulue pour le commerce, soit 23-27 millimètres au moins, ce qui demande généralement 10 ou 12 ans. Le liège de meilleure qualité ainsi produit est appelé liège femelle ou de reproduction.

Ce liège est enlevé à son tour ; il se forme une troisième assise génératrice dans la profondeur de l'écorce subsistante et ainsi de suite. L'arbre peut donner de cette façon jusqu'à dix ou douze récoltes sucessives, représentant une épaisseur de plus de quarante centimètres de liège.

Les produits obtenus sont d'autant meilleurs que la croissance est plus lente, et leurs qualités dépendent de celles du végétal qui leur a donné naissance. Quand le tronc gi^ossit, on élève le niveau delà zone exploitée en lsi maintenant au double du diamètre de Tarbre. On n'exploite plus les branches des gros arbres, qui donnent du liège gras, véritable liège de rebut.

Levée du liège, — Il faut, quand on enlève le liège, ménager autant que cela est possible, Técorce intérieure, c'est-àdire le liber, ce qui reste de parenchyme cortical, et même la zone subéreuse la plus récente qui, dans la saison où Ton opère, est encore en pleine voie d'accroissement. C'est d'ailleurs au niveau de ces cellules toute jeunes et de leur zone génératrice, que s'opère la séparation quand on tire sur le liège pour le lever. Cette écorce active est appelée par les ouvriers la tnère^ nom qui correspond à son rôle, ou encore la peau ou le lard,

La mère dénudée se dessèche dans la partie la plus superficielle où reste encore un peu du plus jeune suber, elle brunit plus ou moins au contact de l'atmosphère. C'est au-dessous de cette couche brunie que se forme la zone génératric3 qui va redonner du liège ; elle se différencie, soit dans une assise plus ou moins profonde du parenchyme cortical, soit même dans le liber.

On recommande de démascler ou de lever le liège pendant la saison d'été, de la mi-juin à la fin août dans le midi de la France ; de la mi-mai à la fin juin en Corse et en Algérie, en évitant, dans tous les cas, les moments de pleine activité de la sève, les temps pluvieux ou les vents secs ou chauds, afin que la mère, trop gorgée de sucs, ne soit pas surprise par des conditions capables de provoquer son altération ou sa dessiccation rapide.

Les coups de soleil, les insectes qui percent des galeries dans les couches mises à nu, peuvent faire périr un grand nombre d'arbres. Pour parer aux inconvénients que présente cette mise à nu de l'écorce, beaucoup d'exploitants ont recours à un procédé ingénieux, dit du revête^ mentj dû à M. Capgrand-Mothes (1). Par ce procédé on

(i) Capgrand-Molhes.w Exploitation des lièges »,/?«t?M« des eaux et forêts, tome XXIÏ, 1883, pp. 116, 610.

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