RÉCOLTE DU LIÈGE
leur ccorce des chênes-liège des forêts d'Algérie, de Corse ou du Var.
L'exploitation ne peut porter que sur les arbres qui ont conservé leur liège mâle, car la partie de Técorce riche en ^
tannin n'est pas assez épaisse, sur les arbres porteurs de liège de reproduction, pour que l'opération soit rémunératrice. La récolte a lieu du 15 mai au 1" septembre, au moment de la poussée de la sève; les arbres sont abattus, le liège est enlevé, Técorce à tan est séparée de Tarbre et découpée ensuite en petits quadrilatères ; elle est alors séchée au soleil. La durée de la dessiccation varie de 3 à 5 jours, puis les écorces sèches sont réunies en tas et mises en sacs.
Le bois du chêne-liège est moins important, au point de vue utilitaire, que son liège ; néanmoins, il se recommande pour certains usages, notamment le chauffage ; il est peu propre aux constructions.
Nous donnerons d'abord ses caractères et nous insisterons ensuite sur ses usages.
Le bois du Quercus suber ressemble assez à celui du chêne yeuse, il s'en distingue néanmoins par des caractères spéciaux. Les couches annuelles sont nettement distinctes grâce à la présence de gros vaisseaux dans le bois de printemps qui, cependant, n'y dessine pas la zone poreuse si caractérisée des chênes rouvre et pédoncule. Dans le bois d'automne les vaisseaux sont au contraire petits et groupés en lignes flexueuses rayonnantes qui ne passent pas d'une couche annuelle à une autre couche annuelle. Le tissu fibreux est dominant, il est divisé, d'une façon peu nettement visible, en zones étroites, par du parenchyme ligneux. Les rayons sont inégaux et nombreux, formant de larges maillures, serrées au voisinage les unes des autres. La couleur de ce bois est brunâtre, grise, brun-rougeâtre et en somme assez inégale. L'aubier est peu distinct. Le bois est très lourd et compact, peu homogène, sujet à se tourmenter. Toutes ces raisons en font un bois peu propre aux constructions, d'autant plus que ses dimensions sont habituellement restreintes. Il s'altère assez promptement lorsqu'il est soumis à des alternatives de sécheresse et d'humidité. Employé dans la marine pour les pièces de qualité inférieure, il attaque, par suite de sa richesse en tannin, le fer des chevillages. Il n'est pas propre à faire du merrain, car il