LES BOUCHONS DE LIÈGE 104S
Le prix des lièges, pris en forùt, secs et nettoyés, c'est-àdire appartenant à la catégorie des lièges épais, peut atteindre 60 à 80 francs les 100 kilogrammes ; lorsqu'ils sont préparés et triés, 120 et même 150 francs ; les autres, de 30 à 60 francs.
Un des lièges les plus estimés est celui de la Catalogne, à cause de sa finesse et de son élasticité. On le réserve spécialement pour la fabrication des bouchons à Champagne pour lesquels on ne fait usage que de liège de premier choix. Les lièges de la Dalmatie et de Ilstrie constituent au contraire la qualité la plus inférieure.
tSS. Le» lioachoa» de llèse. — La fabrication des bouchons est le principal emploi du liège, tous les pays en fout une consommation énorme sous cette forme.
En France cette consommation n'est pas inférieure à 1 franc par tête d'habitant et par an. Il est vrai que notre pays ne renferme pas moins de 450.000 marchands de vin et 150.000 épiciers qui tous achètent des bouchons. On a calculé que TAngleterre et ses colonies d'Amérique emploient plus de 2 millions de bouchons par jour.
On fabriquait autrefois les bouchons à la main, on préfère aujourd'hui procéder mécaniquement; toutefois, pour les qualités supérieures, on utilise encore la fabrication sans l'intervention des machines. On calcule qu'un bon ouvrier, adroit et expert dans son métier, peut faire jusqu'à 2.000 bouchons par jour. A la machine, on arrive au chiffre de 8.000.
Il faut considérer plusieurs phases dans la fabrication des bouchons : 1^ un traitement préparatoire ; 2° un traitement mécanique ; 3^ un traitement chimique.
\^ Le traitement préparatoire, — Le liège arrive chez le fabricant en planches irrégulières réunies en balles, on l'expose plusieurs mois à l'air, on le trie par qualités en enlevant les parties défectueuses pour ne conserver que des planches bien saines que Ton soumet à l'action de la vapeur en vase clos. Cette opération permettra d'aplanir plus facilement les planches. On fait sécher plusieurs mois encore, à l'abri de hangars bien aérés.
2» Opérations jnécanujues. — Elles consistent k diviser d'abord les planches en longs fragments qui seront subdivi-
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ses ensuite en menus morceaux carrés présentant approximativement les dimensions des bouchons à obtenir, mais toujours un peu plus fortes ; enfin les petits parallélipipèdes ainsi constitués sont façonnés en bouchons cylindriques ou coniques, soit avec un outil à main, soit au moyen d'un emporte-pi^ce ou dun tour mécanique.
Un bon ouvrier peut tourner dans sa journée, à la main, jusqu'à 2.000 bouchons et avec le tour mécanique de 5.000 à 7.000; le déchet s'élève à 45-50 p. 100. La tourne des bouchons se fait à la tâche et se paye 0 fr. 60 à 0 fr. 70 le t. 000 ; les autres frais : taille en bandes et carrés, triage, pesage et emballage élèvent le prix de revient à 1 fr. 80 le 1.000.
On estime que 100 kilog. de liège donnent en moyenne 10.000 à 11.000 bouchons ordinaires.
Les déchets sont plus considérables lorsque le travail se fait à la machine que lorsqu'il est fait à la main.
Les machines dont on peut se servir pour cette fabrication sont les suivantes : 1*^ une machine à débiter le liège en bandes; 2° une machine pour débiter les bandes en carrés; 3" une machine à calibrer ; et même 4** une machine à compter les bouchons. Ces diverses machines peuvent d'ailleurs être ou séparées ou réunies sur un bâti commun.
Nous citerons, à titre d'exemple, une machine américaine, composée de deux parties dont Tune n'est autre chose qu'une scie circulaire non dentée, le disque en est très mince, très aflfûté à la périphérie, mais va en s'épaississant vers le centre où se trouve l'axe dun arbre horizontal qui lui communique un mouvement de rotation rapide ; l'autre partie est un petit tour à pointe, monté sur un chariot. L'ouvrier glisse entre les pointes un petit parallélipipède de liège qui se meta tourner aussitôt sur lui-même. Il pousse alors le chariot vers le couteau circulaire, Taxe du tour étant parallèle au plan du disque ; ce dernier attaque le liège et le transforme en cylindre, le bouchon est alors terminé. Si l'on veut l'obtenir conique, il suffit d'incliner l'arbre du tour sur le plan du couteau circulaire. Il faut à l'ouvrier beaucoup de tact et d'habitude pour placer le parallélipipède près du couteau de façon à obtenir, du plus petit morceau de liège, le plus gros bouchon possible sans défauts.
Cette machine a l'avantage d'avoir une lame extrême-