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LES BOUCHONS DE LIÈGE

ment facile à affûter. Il suffit, en elfet, de la laisser lourncr en appuyant légèrement, alternativement d'un côté et de Tautre, une pierre pas trop vive.

On peut citer encore un emporte-pièce rota f if dont le diamètre intérieur correspond à celui des bouchons à obtenir. Il possède sur son axe un mouvement longitudinal commande par un levier à fourche ; il pénètre dans la tablette de liège qui lui est présentée par la branche et y découpe un bouchon en s'y enfonçant. Plusieurs de ces emporte-pièces de calibres différents peuvent fonctionner solidairement et simultanément.

3® Traitement chimique, — Avant d'être livrés au commerce, les bouchons sont plongés dans un bain à base de chlorure d'étain ou d'acide oxalique, et on projette sur eux des vapeurs d'acide sulfureux.

Le but de ces opérations est de leur donner une teinte uniforme et de les rendre plus malléables, tout en détruisant les germes des moisissuresqui pourraient se développer ultérieurement lorsque le bouchon se trouve dans des conditions particulières d'humidité. Nous avons vu (p. 1032) que M. Bordas a récemment proposé, dans le même but, de soumettre les bouchons à l'action de la chaleur humide et de pratiquer ainsi leur stérilisation.

On fait parfois subir au liège une quatrième opération qui consiste à coller, d'une façon spéciale, plusieurs lames de liège ensemble pour obtenir des fermetures de flacons très larges, comme celles de certaines conserves.

Le liège des Landes, notamment, renferme une résine spéciale que M. Salleron est parvenu à isoler et à dissoudre dans Téther. Cette solution réalise une colle énergique grâce k laquelle on peut réunir entre elles des plaques de liège, pour obtenir les larges obturateurs dont nous venons de parler. Il suffit d'une petite presse à vis manœuvrée par un enfant pour que les pièces de liège soient réunies entre elles, de telle sorte qu'il devient impossible de les disjoindre.

Le bouchon peut être fait comme nous l'avons indiqué, soit dans le sens de la longueur de la plaque de liège, autrement dit, de fil ; soit dans une direction perpendiculaire à la précédente, autrement dit, à contre -grain.

Les sortes obtenues sont : les bouchons cylindriques,

coniques, la bande (débitée à contre -grain), la topette ou petit bouchon de pharmacie. Les bouchons ordinaires valent quelques francs le mille, mais les bouchons fins, à Champagne par exemple, ont un prix qui peut atteindre 150 francs et plus le mille. Ajoutons que le mille de bouchons de 15 à 17 lignes, soit 34 à 38 millimètres de hauteur,pèse de 2 kg. 6 à 3 kilos.

On fait, avec les lièges épais et les lièges marchands (voir plus haut) des bouchons qui valent : qualité extra, 12 francs le 1000 ; première qualité, 10 francs ; deuxième qualité, 8 francs ; et la quatrième, 2 fr. 50. Ces bouchons ont 33 mm. de longueur (15 lignes). On fait aussi des bouchons longs de Bordeaux à 25 francs le 1000 pour la première qualité et 17 francs pour la seconde ; des bouchons à limonade à 20 et 14 francs ; des bouchons cylindriques à 15 et 10 francs le 1.000 ; des bouchons coniques à 13 et 8 francs ; enfin les bouchons pour le Champagne, dont le prix va de 100 à 150 francs le 1.000.

Les 1.000 kilogrammes de liège fournissent en moyenne 10.000 à 11.000 bouchons ordinaires.

Bouchons à Champagne (1) — On sait que ces bouchons doivent être taillés dans des plaques de liège très épaisses et de haute qualité. Leur prix se trouve, par conséquent, très élevé ; il était tout indiqué que Ton cherchât à fabriquer ces bouchons à bas prix au moyen d^autres méthodes.

Une manufacture des environs de Reims procède de la façon suivante : elle prend du liège d'épaisseur et de qualité courantes et elle fait des bouchons en deux parties. Les morceaux, taillés à tenon et mortaise, sont emboîtés Tun dans Tautre, puis collés ensemble au moyen de colle-forte additionnée d'acide formique pour empêcher qu'un mauvais goût ne se transmette au vin par le bouchon. On procède ensuite au tournage et au polissage sur des disques de bois entourés de papier de verre plus ou moins fin.

Une autre usine, installée récemment sur les bords de la Marne, emploie des procédés tout différents. Les débris de liège sont préalablement réduits en poudre sous des meules, puis cette poudre, additionnée de nitrocellulose, est moulée,

(i) D'après la Revue scientifique ^ !•' semestre 1903, p. 573.

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