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RÉPARTITION DES ESSENCES LIGNEUSES A LA SURFACE DU GLOBE

C*est ainsi que Ton trouve, à une altitude élevée, des chênes (Ch. h épis, Ch. d'Anderson), des conifères (Pin élevé, sapin pindrow, etc.), des bouleaux, etc.

Dans les Andes tropicales il en est de même. Quand on s'élève en hauteur, les palmiers, puis les fougères arborescentes disparaissent peu à peu pour faire place à des forêts de chênes, de quinquinas, etc.

947. Flore des uieppen australes. — Entre le 20^ et le SO'* degré de latitude sud, on trouve des steppes et des déserts : en Australie, en Afrique (région de Kalahari) et en Amérique (pampas).

Continent australien. — La région centrale de l'Australie, privée de pluies, est à peu près désertique, mais au nord se trouve la Savane forestière, très humide, constituée par des prairies boisées où Ton trouve ces superbes Eucalyptus qui deviennent pour ces pays un important élément d'exportation. Il existe un assez grand nombre d'espèces de ces arbres, elles ne sont pas encore toutes connues. Ces eucalyptus sont souvent associés dans cette région à des acacias.

Au sud-est de TAustralie se trouvent encore, dans les régions montagneuses, des forêts d'eucalyptus qui sont les plus exploitées, ils sont associés h des acacias et à des hêtres.

Sur le littoral septentrional poussent les végétaux de la flore tropicale malaise (Caryota^ Pandanus, Calamus, Araucaria).

Sud de V Afrique tropicale, — La région de Kalahari est désertique.

La floi^e du Cap occupe une bande étroite tout au sud de l'Afrique ; ses caractères rappellent ceux de la flore sud-est de TAustralie et celle de la Méditerranée par la quantité de buissons et d'arbres toujours verts qui s'y trouvent : les Myrtacées, les bruyères, les Sapotacées, etc. On y rencontre en outre, comme dans les forêts antarctiques de l'Amérique du Sud, des forêts de conifères [Podocarpus).

Flore du Chili, — En Amérique, à l'ouest de la Cordillère dès Andes, se trouve une étroite bande bordée à Test par Tocéan Pacifique ; elle comprend le Chili méridional et s'étend jusqu'à la Terre de Feu, elle est couverte de forêts dites antarctiques où dominent les hêtres nains antarctiques (fa^?/^

antarctica, F. hetuloiden)^ le cyprès, le pin et le sapin austral, etc. Le climat de cette bande littorale est surtout caractérisé par uue humidité excessive, les pluies y sont presque constantes hiver comme été.

949. Flore aoiareilqae. — On ne connaît dans la zone glaciale antarctique que des mousses et des lichens.

Ih PARTIE. - INSUFFISANCE DE LA PRODUCTION DU BOIS D'ŒUVRE DANS LE MONDE (1)

949. Dèflelt ou exeèileiii de la produetion du bols danii les différents pajs du monde. — La voix autorisée de M. Mélard faisait entendre, au Congrès de sylviculture de 1900, un cri d'alarme sur Tinsuffisance de la production du bois d*œuvre dans le monde, insuffisance qui tend à devenir actuellement un fait malheureusement trop réel. Il appuie son assertion de documents statistiques employés avec sagacité. Ce ne sera pas trop de tout le zèle des forestiers et de la prévoyance des gouvernements pour arrêter le déboisement exagéré auquel se livrent, depuis trop longtemps, les peuples civilisés, comme aussi les peuplades sauvages.

Le bois est une matière première précieuse, de plus en plus employée, quoi qu'en pensent bien des gens ; son prix est destiné à s'élever dans un avenir prochain, et cette augmentation de la cherté du bois aura un fâcheux retentissement sur de multiples industries. Bien plus que cela, il arrivera, avant qu'il soit long^temps si Ton n*y met bon ordre, un moment où il deviendra impossible aux forestiers de satisfaire à tous les besoins.

Les bois de fortes dimensions se font de plus en plus rares, par suite de la tendance que l'on a actuellement de convertir les futaies en taillis. Et cependant, on sait que les forêts aménagées en taillis ne sont plus que d'un faible rendement,

(1) Nous empruntons les principaux éléments de celte étude à un très intéressant travail de M. A. Mélard, inspecteur des eaux et forêts, intitulé : Insuffisance de la production des bois d' œuvre dans le monde. Imprimerie nationale, Paris, 1900. Ministère de l'Agriculture, grand in-8o, \\% pages.

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les usines métallurgiques ne consomment plus guère de charbon de bois et le chauflFage au bois est remplacé, à peu près partout, par le chauffage au charbon de terre.

L'intérêt du propriétaire forestier est donc la production des bois d*œuvre et de service. Il peut laisser la production de très gros bois, pour sciage ou fente, aux Etats, apanages, communes, etc., dont Texistence est indéfinie; mais il doit s'efforcer de fournir des étais de mine, des poteaux télégraphiques, des traverses de chemin de fer, des troncs pour pAte à papier.

L'homme a considéré pendant longtemps comme une victoire sur la nature, la suppression par lui des vastes forets qui couvraient jadis le sol, forêts dont les grandes ombres l'emplissaient de terreur. Il a conquis, d'abord avec raison, de vastes étendues à Tagriculture. Il n'a eu qu'un tort, celui de pousser trop loin le déboisement.

Depuis longtemps, les hommes clairvoyants ont compris quelle grave faute on commettait en se livrant à un déboisement effréné. Colbert disait : « La France périra faute de bois » et il rédigea la célèbre ordonnance de 1669. Malheureusement vers cette époque même, Louis XIV pressé de trouver du bois pour la marine royale fit abattre une quantité énorme de bois de mâture dans les Pyrénées et le mauvais exemple de ces exploitations en masse, sans autres limites que les besoins du moment, fut suivi sous Louis XV^ Louis XVI et jusqu'à la fin du premier Empire. Trop souvent aussi les bergers des régions montagneuses des Alpes et des Pyrénées mirent le feu aux forêts pour étendre leurs pâturages ; cette pratique néfaste n'a pas complètement disparu. Par insouciance ou imprévoyance les gens des pays où les arbres abondent encore, se laissent aller à abattre « deux pins pour faire une paire de sabots».

L'exploitation des forêts a été heureusement réglementée, en 1827, par notre Code forestier dicté par la prévoyance la plus sage. Mais on se désintéresse trop à l'époque actuelle de la question forestière et cela tient h deux causes :

1» Le bon marché des transports qui permet aujourd'hui de se procurer à bas prix des bois venant de TEurope septen trionale et orientale et de l'Amérique du Nord ;

2^ Le préjugé fort répandu que, étant donné l'emploi de

plus en plus fréquent du fer et de Tacier pour les constructions, et de la houille comme combustible, le bois devient de moins en moins nécessaire et qu'il arrivera un moment où le rôle économique des forêts ne sera plus qu'insigni6ant.

Il faut répondre à cela que les richesses forestières du globe sont loin d'être inépuisables et que les réserves où Ton puise actuellement sont relativement restreintes comme le fera voir la suite de cette étude. D'autre part, s'il y est vrai que la consommation du bois de feu ait diminué dans des proportions considérables, il n'est pas moins avéré que celle des bois d'oeuvre a crû très rapidement chez toutes les nations industrielles, celles-là même qui produisent le plus de fer et d'acier.

Pour établir le déficit de la production en bois d'un pays, M. Mélard étudie les statistiques douanières de ce pays, qui renseignent sur les chiffres des importations et des exportations. Si pendant plusieurs années de suite, un pays importe plus de bois qu'il n'en exporte, et si les chiffres d'importation vont croissant, il devient certain qu'il y a déficit dans sa production ; il lui faut faire venir de l'étranger une matière première qu*il ne produit pas en quantité suffisante pour ses besoins ; si, au contraire, un pays exporte pendant plusieurs années plus de bois qu'il n'en importe, on peut supposer qu'il en produit plus qu'il ne lui en faut pour son propre usage. Mais dans ce dernier cas la certitude n'est pas absolue comme dans le premier, car il est possible que cette surproduction soit due à une exploitation dépassant le revenu régulier et entamant le capital, à une exploitation procédant par destructions.

En se basant sur ces principes M. Mélard a dépouillé les statistiques douanières des différents pays du globe (tous n'en publient pas), en bornant son enquête aux bois communs, c'est-à-dire aux bois de service et d'industrie, bruts, équarris, sciés ou fendus, laissant de côté les bois ouvrés et les produits forestiers comme : lièges, écorces, résines.

Il ressort de ces tableaux que les pays d'Europe où les importations de bois communs dépassent les exportations, ceux, autrement dit, où il y a déficit dans la production du bois sont :

L'Angleterre, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, l'Allemagne, le Danemark, la France, l'Espagne, le Portugal,

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l'Italie, la Grèce, la Bulgarie, la Serbie et, sans doute aussi, la Turquie (ce pays ne publie pas de statistique).

La surface totale de ces pays équivaut à 267 millions d'hectares et à une population d'environ 215 millions d'habitants, soit 57 0/0 de la population totale de l'Europe.

On remarquera que ces nations sont celles qui sont le plus peuplées et où Tindustrie est le plus développée ; ce sont, en outre, celles qui produisent en plus grande abondance le fer, Tacier et la houille. Cette constatation répond au préjugé qui admet que l'emploi de ces dernières substances entraîne la fin ou la diminution de l'emploi du bois.

Nous allons résumer, toujours d'après M. Mélard, les chiffres concernant les divers pays.

•60. Ffiys où les imporifiiloiis de bols eomiiiuiis dépasseiii les e^Kporinilons. Europe et Amérique du nord.

— a) Angleterre. — C'est en Angleterre que l'excédent est le plus considérable. Il a été, pour les cinq années de 1894-1899, en moyenne de 12 millions de mètres cubes, en grande partie débités, équivalant au minimum, à 15 millions de mètres cubes en grume, d'une valeur de 470 millions de francs.

On se rendra compte de Ténormilé de ce chiflfre en constatant qu^il équivaut à deux fois et demie la production totale en bois d'oeuvre des 9 millions et demi d'hectares de forêts que possède la France.

Ce chiflfre ne cesse de s'accroître, il a plus que triplé depuis 1860. Les bois résineux entrent pour plus des 5/6 dans le chiflTre des importations anglaises.

b) L'AllemaciNE. — Cette nation arrive au second rang pour le déficit de la production des bois. L'excédent d'importation a été en 1898, de 7.300.000 mètres cubes, valant 343 millions. L'Allemagne est cependant un pays fort boisé.

La progression du chiflTre de cet excédent a été très rapide depuis une dizaine d'années. Le chiflfre cité pour 1898 équivaut à 9 millions de mètres cubes en grume, soit une fois et demie la production totale de la France.

c) La Belgique. — Chiffre de l'excédent d'importation pour 1898 : 1 ,463.000 mètres cubes, valant 102 millions de francs ; en augmentation de 1 à 6 depuis 1860.

d) La Suisse. — Excédent des importations en 1898 :

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li.750.000 francs. En 1888 ce pays se suffisait à lui-même, mais rénorme développement qu'y a pris récemment l'industrie par l'utilisation des chutes d'eau pour la production des forces électro-chimiques explique cet accroissement de consommation.

e) Les Pays-Bas. — Excédent d'importation : 18 millions de francs ;

/) le Danemark, 31 millions ; g) l'Espagne, plus de 29 millions ; h) le Portugal^ o millions ; t) la Grèce, plus de 3 millions ; j) la Bulgarie, plus de 2 millions ; k) la Serbie, 362.000 francs. Ce dernier pays a des forêts suffisantes, et lexcédent d'importation provient vraisemblablement du fait que ces forêts étant mal desservies, les Serbes ont meilleur compte à faire venir des bois d'Autriche par la voie du Danube.

/) La France. — La moyenne pendant les 5 années de 1894 à 1899, pour Timportation des bois d'œuvre, a été de 140 millions 408.000 francs, celle des exportations, de 41 .660.000 fr., soit un excédent moyen de 98.660.000 francs pour les importations. En volume et en grume, les chiffres sont les suivants : importations, 3.828.000 mètres cubes ; exportations, 1.492.000 mètres cubes, soit un excédent de 2.336.000 mètres cubes.

11 faut noter que dans nos importations les produits de belle qualité, provenant de bois de 100 à 150 ou 200 ans, prédominent.

Le déficit réel est plus considérable que ne l'indique cette statistique, car elle .ne tient pas compte des 122.000 tonnes de pâtes de bois, équivalant à 700.000 mètres cubes de résineux, que nous importons.

t6i. Pays oikles ei^poriatlonui dépaMent le« Imi iailoiis. — H y en a cinq principaux en Europe : la Norvège, rAutriche-Hongrie, la Suède, la Finlande, la Russie et, à un degré bien inférieur, la Roumanie et la Bosnie-Herzégovine.

a) La Norvège. — M. Mélard fait judicieusement remarquer qu'il faut peu compter sur ce pays, comme provision de bois pour l'avenir. En effet, sa surface forestière n'est pas très considérable, elle n'atteint que 21 p. 100 de la surface totale et est déjà considérablement entamée. De plus, le volume des bois exportés reste le même depuis plusieurs années et, si le chiffre

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