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BOIS D^ASIE

Nous citerons encore parmi les arbres les plus précieux de cette province, qu'il nous importe de connaître puisqu'elle est proche de nos possessions d'Indo-Ghine, les essences suivantes :

Le Pyeng-ma [Lagerstremia reginw), bois rouge, excellent pour la construction des navires ;

Le Pyeng-gado [Xylia do labriformis}, excellent ipouv les travaux des ingénieurs et des architectes ;

VEng {Dipterocarpus tuberculatus)^ qui produit une résine très utile ;

Le Gyo {Schleichera trijuga), bois très dur et très serré propre à faire des presses pour le coton, des cylindres pour les moulins à sucre ;

Le Then-gan {Hopea odorata)^ un des plus beaux arbres delà contrée, excellent pour les constructions nautiques ; le bambou, les chênes, dans les régions montagneuses ; le cocotier ; les palétuviers sur la côte, etc.

Pendant Tannée fiscale 1898-1899, les importations et exportations des bois d'œuvre communs se sont élevées aux chitTres suivants :

Importations

Quanlités Valeurs

en Ion nés en

cubiques ({) roupies (2j

Bois de teck 7.795 581.272

Autres bois 15.301 728.437

Totaux 23 096 1.309.709

Volume en mètres cubes (réexpéditions déduite^) 25.727

Valeur en francs (réexportations

déduites) 2.145.234

Exportations

Bois de teck 77.376 9.548.025

Autres bois 2.270 151.048

Totaux 79.646 9.699.073

Volume en mètres cubes .... 90.150

(1) La tonne cubique équivaut à i me. i3â. (i2) La valeur de la roupie est d'environ i fr. 68.

Valeur en francs 16.293.000

Santal, ébène et autres bois ornementaux (valeur en francs). . . 986.054

Ceylan. — Les forêts de haute futaie occupent 12 p. 100 de cette lie dont la surface totale est de près de 6.400.000 hectares ; elle était autrefois entièrement couverte par la végétation forestière. Les exploitations des bois de satin et d'ébène, jadis très considérables, sont de plus en plus restreintes.

Nous citerons quelques-uns des bois les plus intéressants de Ceylan : le hois de Coromandel ou calamandre {Diospyros guaesila)y exclusif à Ceylan, il y devient très rare. Il est lourd, d'une riche couleur havane, avec veines brillantes, noires, formant marbrure. On en fait des meubles de luxe. Le bois nécessaire à un petit meuble de 1 m. 75 de haut sur 1 m. 20 de large a coûté 800 fr. à CeyJan même.

Le tamarin {Tamarindus indica). Ressemble au coromandel mais sa teinte est rose. Il est recherché pour l'ébénisterie.

L'ébène (Diospyros ebennm), La provenance de Ceylan est très recherchée. Il devient rare et se vend 350 francs la tonne.

Le bois de salin {Chloroxylon Swietenia), Recherché en ébénisterie et pour la fabrication des brosses. La qualité lustrée, à effets soyeux, appelée flowered wood (bois fleuri) se vend un très haut prix.

Le na {Mesiia ferred) et le palon {Mimusops hexandra) sont des « bois de fer » du commerce, ainsi que le ranai {Persea semecarpifolia). Ils sont très durs, très lourds, presque incorruptibles ; on les recherche pour les constructions de longue durée. Le palou prend un beau poli et se sculpte très bien. Le ranai a de beaux reflets fauves.

Le sapoii {Michelia champaca) et le loimonmidella (Melia di(bia), bois roux, légers, faciles à travailler, dont on se sert pour plafonds et boiseries.

Le milla ( Vitex altissima), bois de construction très apprécié à Ceylan; onTutilise encore pour la menuiserie, Tébénisterie, la confection des traverses de chemins de fer ; sa couleur est jaunâtre ou grisâtre. L'arbre atteint de fortes dimensions.

Uhalmilla {Berrya ammomilla), c'est le « bois de trincou-

BOIS d'asir 1129

malie » du commerce, il est rougeàtre, très résistant, très élastique ; il est recherche pour le charronnoge. Le gouvernement des Indes en importe pour ses arsenaux. Il sert à Ceyian à faire des douves, des tonneaux employés au transport de rhuile de coco. L'arbre atteint 18 à 20 m. de haut sur 60 cm. de diamètre, au maximum. Il croit dans les régions humides.

Le koumbouk [Terminalia glabra)^ bois dur,ressemble assez au teck et, lorsqu'il est veiné, il peut remplacer le coromandel. On l'emploie pour les travaux de charpente et d*écluses ; la cendre de Tccorce contient beaucoup de chaux que les indigènes associent au bétel qu'ils ont l'habitude de chiquer. C'est un bel arbre de 45 mètres sur 2 m. 5 à 3 mètres.

Le hora {Diptej*ocarpits zeylanicus), arbre géant dont le bois sert à faire des tonneaux pour la plombagine.

Il fautencove citer: le jak(Ar£ocar pus inleg ri folia), lenedoun [Pericopsis moonianà), le Souriyamara (Alhizzia odoralissima) et le ouah (Cassiasiamea), bois de menuiserie ; Villupai ou mi {Bassia longifoHà) et le kon [Schleichera trijugà), bois de charpente durs et lourds.

Trois espèces de mangliers donnent des bois susceptibles d'être employés en ébénisterie et en menuiserie où ils pourraient remplacer le chêne. Ces bois renferment de larges rayons médullaires. Ce sont : Yiirberiya (Carallia calycina)^ le doœata (C integerrima) et le welipenna {Anisophylla seylanica).

Les palmiers suivants : le cocotier {Cocos nucifera)^ le palmyre {Borasstis flabelliformis) et le kitul {Caryota urens)^ ont des bois marbrés beaux et utiles.

On trouve à Ceyian plusieurs rotins {Calamiis) ; on refend les uns en petites lanières pour faire les sièges et les fauteuils, dits chaises et fauteuils de canne ; d'autres, d'une consistance ligneuse, sont utilisés comme cannes connues sous les noms de joncs et rotins; d'autres enfin se réduisent en filasse avec laquelle on fait des cordages solides.

On rencontre à Ceyian plusieurs espèces de bambous employés à toutes sortes d'usages.

On y a acclimaté les acacias et les eucalyptus qui donnent du bois de chauffage.

Parmi les bois de teinture il faut citer : le bois de Sappan {Cœsalpinia sappan)^ dont il est exporté pour 40.000 francs

en Angleterre; \q jaquier {Artocarpus integrifolia) qui donne une couleur jaune canari (1).

999. Arehipel malais. — Java, Sumatra, Bornéo et les autres lies de Tarchipel malais sont recouvertes de la riche végétation des tropiques et la forêt vierge y est fréquente.

On y trouve le teck, le bambou, le bananier, des palmiers, entre autres le rotin (2).

Le teck, appelé Djati Kapoor dans les Indes néerlandaises, croît spontanément dans les vastes forêts des hautes régions centrales et orientales de Java.

Citons encore les bois suivants :

Arang (bois d'ébène), qui se trouve aux îles Moluques, et surtout à Bouro, dans son pays natal. Ce buis a une couleur noire, une structure compacte plus belle que partout ailleurs;

Beklo-Han est le bois d*un Dyosptjros voisin de TEbénier. 11 peut remplacer en ébénisterie le bois d'ébène. Les indigènes s'en servent fréquemment pour faire des ailes ou balanciers à leurs barques afin d'en maintenir l'équilibre sur les flots;

Masi Meira {Nania vera), un des bois les meilleurs pour les constructions navales car il résiste à l'action des Taretsqui endommagent parfois le bois de teck.

11 existe dans Tarchipel malais plusieurs bois, dits « bois de fer », notamment le « bois de fer de Bornéo » ou Billion^ iembaga {Eusideroxylon Zivageri), dont le poids spécifique est très élevé, soit 1,054 à l,HO. Des essais de résistance de ce bois ont été faits au Laboratoire de TEcole des ponts et chaussées, ils ont montré qu'il se plaçait au premier rang des bois les plus résistants h la compression comme à la traction, et aussi au cisaillement.

Citons encore les bois de fer appelés : Kojoe Besiy très utilisé pour le revêtement des ouvrages maritimes, et Tanœu qui a la pesanteur de Tébène, il est employé en ébénisterie.

Les Indes néerlandaises ont exporté, en 1897, des lianes

(1) E. Vœlckel, loc. cit,

(2) Voir Ridiey H. N. The Timbers of Ihe Malay Peninsula {AgricuUural Bulletin of theStraUs and Federated Malay States y vol. 4, 1902).

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de rotin pour une valeur de 3.300.000 florins (de 2 fr. 10 environ).

La partie de File de Bornéo soumise au protectorat anglais n'a pas tardé à prendre de la valeur depuis l'époque assez récente où s'est établi ce protectorat ; les bois précieux s'y exportent déjà et, par Hong-Kong, se répandent sur la Chine.

9§8. Ei'Indo-Chlne. — I. Possessions anglaises. — La Birmanie et la presqu'île de Malacca possèdent de riches forêts où domine le teck (voir p. 987 et p 996).

IL Royaume de Siam. — Le Siam possède des forêts d'une végétation vigoureuse, grâce au climat chaud que rendent humide des pluies périodiques. Le teck en est la principale richesse (voir p. 991). L'exploitation du bois de teck est faite par des entreprises qui sont surtout anglaises ou américaines, mais les ouvriei^s sont tous des protégés français venant de Luang-Prabang. L'exportation de ce bois s'élevait à 62.000 tonnes, valant 7 millions de francs, en 1895 ; à 22.692 tonnes, valant 4.215.000 fr., en 1898 ; à 36.616 tonnes, valant 8.096.000 fr., en 1899.

Il existe dans l'intérieur, beaucoup d'autres essences, dont l'une, le Takieng, peut rivaliser avec le teck et possède de plus que lui la propriété de se courber facilement. On peut mentionner aussi le jacquier, dont le cœur produit une couleur jaune et qu'on pourrait employer en ébénisterie ; le rhizophora manglier qui croit sur les côtes et dont l'écorce est utilisée pour le tannage. Il existe des pins riches en résine, notamment sur la côte orientale du golfe de Siam. Plusieurs essences donnent de bons bois de teinture.

Malgré la richesse du pays en forêts, le Siam importe une notable quantité de bois; pendant l'année 1900-1901, cette importation s'est élevée, pour les bois sciés et non sciés, à 776.035 fr. dont 737.472 fr. 50 de planches, poutres et voliges venant de Singapour ; ces bois, de très bon marché : 24 à 25 fr. le cent de planches de 10 à 11 millimètres d'épaisseur sur 20 centimètres de largeur et 3 mètres de longueur, sont d'un mauvais usage. Il est surprenant qu'il n'ait pas été déjà installé des scieries dans les régions montagneuses et boisées que traverse le chemin de fer de Korat. Elles trouveraient, outre ce

jr moyen de transport, de la force motrice, car il existe dans

t cetle région de nombreux petits cours d'eau, rarement secs,

possédant des chutes fréquentes. On obtiendrait sans doute du gouvernement siamois des concessions à bas prix; la question est à étudier pour nos jeunes industriels disposant de { petits capitaux. Il faut tenir compte de Tinsalubrité du cli-

mat, insalubrité qui disparaîtrait d'ailleui's au fur et à mesure du défrichement (1).

III. Indo-Chine française (voir chapitre XII, Bois des colonies françaises)

9§1. Japon. — Le Japon possède de belles forêts s'étendant sur plus de 1.700.000 hectares certaines; statistiques donnent un chiffre plus élevé. L'Etat est possesseur de la moitié de ces forêts, qui sont exploitées, comme en Europe, suivant les principes de la sylviculture. Le Japon possède un service forestier et un collège d'enseignement agricole et forestier établi dans l'un des faubourgs de Tokio.

Les forêts du Japon sont riches en essences utiles, notamment pour la fabrication des meubles et Tédification des constructions. Nous allons en citer quelques-unes :

Arbres feuillus a feuilles caduques. — On trouve au Japon : (les chênes, comme le Quercus variabilis {Abemaki)^ qui atteint 2m. 50 de circonférence sur près de 20 mètres de hauteur. On utilise son bois pour le chauffage et son liège pour la fabrication des bouchons.

Des hêtres, comme le Fagus sylvatica (B?ma). Cette espèce, (jui est notre hêtre d'Europe, atteint au Japon 3 mètres de circonférence sur 13 mètres de hauteur. On remploie pour les ouvrages de tour, la fabrication des instruments agricoles et celle de menus objets.

Des ormes, comme YUlmus paimflora (A/ciniré), qui a environ 1 mètre de circonférence et une hauteur de 16 mètres. Son bois sert à la fabrication des meubles et ouvrages de tour.

Des charmes, comme le Carpinus japonica {Akashidé), de 12 mètres de hauteur sur 1 mètre de circonférence. Il sert [>our le chauffage et la fabrication des instruments aratoires.

(1) Bulletin économique de l'Indo-Chine, 1902.

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Des ostrya, comme VOstrya virginica^ qui a 1 m. 50 de circonférence sur 20 mèlres de hauteur. Il entre dans la confection des meubles.

Des aulnes, V Aluns maritima, de 12 mèlres de hauteur sur 1 mètre de circonférence. On en fait du charbon de bois peur la fabrication de la poudre à canon.

Parmi les autres genres existant aussi en Europe, il faut citer encore les frênes ; un ^Esculus, VA. tnrbinata {Tochï)^ petit arbre dont le bois sert à la construction des maisons et des objets tournés destinés à être vernis. On Tulilise aussi pour la fabrication des boites et des petits plateaux ; les Juglandés ou Noyers sont représentés au Japon par un genre voisin du genre Jttglans, le genre Pterocarya.

Parmi les autres espèces, plus spécialement asiatiques, il faut mentionner :

Le Diospyros lotus ou plaqueminier faux lotus {Mame- Gaki), qui a t m. 50 de circonférence et 12 mètres de hauteur. Son bois sert à fabriquer des petits objets, des ouvrages tournés, etc. Les fruits produisent un suc dont on tire le Shibu qui est une sorte de vernis.

VElseoccoca cordata (Abiiragiri), arbre de 9 mètres de hauteur sur 1 m. 20 de circonférence ; sert à la fabrication des boites, des chaussures en bois. L'écorce est employée en teinture.

Le Cercidophyllum japonicum (Katsura), Hauteur 25 mètres, circonférence 3 mètres. Employé dans la construction des maisons et la fabrication des objets tournés et des boites.

Les magnolias, comme le M, hypoleuca. Hauteur 15 mètres, circonférence 2 m. 50. On en fait des tables, des chaussures en bois, des crayons et du charbon de bois.

Le Paulownia impejnalis Siebold et Zuccarini. Cet arbre, bien connu chez nous où il sert à la décoration des parcs et des squares, croit disséminé dans les forêts de Tlle de Niphon. C'est un arbre de deuxième grandeur, mais qui peut atteindre en diamètre de très fortes dimensions. Le fût est droit, la cime ample, formée de branches tortueuses.

Le bois de paulow^nia n'a guère d'équivalent chez nous pour la légèreté, qui égale presque celle du liège ; cela ne Tempêche pas de rester tenace. Il est particulièrement

jr 1 134 CHAPITRE îi. — La production du bois dans le mokdê

apte à entrer dans la confection de boites légères, de malles, de petits meubles comme les étagères.

Le Picrasma allanthoides [Nigaki). Arbre d'une quinzaine de mètres. Employé dans la fabrication des instruments agricoles. L'écorce a des propriétés insecticides.

Le Sophora japonica^ arbre voisin de noire robinier fauxacacia. Sa croissance est remarquablement rapide. Il se } cultive très bien chez nous. Son bois ne vaut pas celui du

^ robinia.

k Le Stuartia monadelpha [SarxUa), employé pour la fabrica-

tion do divers instruments ;

Le Styrax Japonicum (Ego), petit arbre dont le bois sert à faire des toupies ;

Le Zelkowa acuminata (fam. des Ulmacécs). C'est un grand arbre à croissance assez rapide qui se trouve dans les forêts de rUe de Kiou-Siou. Son bois est très dur, très tenace, et cependant très souple. Il se rapproche du bois de frêne plus que du bois d'orme. Il est considéré comme le meilleur bois du Japon et employé dans les constructions navales.

Cet arbre est rustique chez nous et mérite l'attention des forestiers.

Arbres feuillus a feuilles persistantes. — Beaucoup de feuillus du Japon sont des arbres toujours verts. Les bois suivants sont, en général, employés dans les constructions navales et des maisons ; quelques-uns servent à la fabrication d'objets tournés et de petits meubles :

UAkagashi (Querctts aciita) ; VAsebi (Andromeda japonica) ; le Bima {Phatinia japonicà) ; Ylnulsugue {Ilex crenata) ; Vlnosuki (Dislglium racemosum)^ bois de premier ordre. Des essais ont été faits pour introduire sa culture en Europe; le Kagonocki [Actinodaphne lancifolia)\ le Kusunoki {Cùinatnomum camphord), camphrier. Le bois soumis à la distillation donne le camphre ; le Mokkoku {Ternstrœmia Japo7iica) ; le Nikkci (Cinna77iomtmi Laurerii) ; le Shii {Quer^ CHS ctispidata) ; le Tobera (Pittosporum tobira) ; le Tsuge [Ikixus japojiica) ; V Ubame-gashi {Querctts phyllireoïdes) \ le bambou, qui sert aux usages les plus variés : charpentes, pièces d'échafaudage, carcasses de murs, échelles, conduites d'eau, robinets, corps de pompes, tuiles, stores, etc.

CoMFÈREs. — Il croit au Japon : des pins, comme le Pinvs

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densiflora, le P. Thimbergii, le P. Massoniana^ etc. , dont on utilise le bois ; des sapins, comme le sapin de Veitch (Abies Veitchii), qui croit dans les montagnes de Tlle de Niphon k une altitude supérieure à 2.000 m.; des Epicéas, comme Y Epicéa de Menzies {Picea Menziesii Carrière, Picea Sitchensis Carrière), bois léger et fort, assez estimé ; un mélèze, le mélèze du Japon {Larix leptolepis Murray, Larix japonica Carrière), il se trouve surtout dans les montagnes de File japonaise de Niphon. C*est un grand arbre de 30 mètres ressemblant beaucoup au mélèze d'Europe mais avec un feuillage plus fourni, en outre, sa croissance est beaucoup plus rapide. Cette essence produit un bois qui a toutes les qualités de celui de notre espèce indigène et est propre aux mêmes emplois. Introduit en Europe depuis 1860, il se montre très rustique.

Le Cryptomeria du Japon (Cryptomeria japonica Don.). C*est un grand arbre qui peut atteindre 40 m. de haut sur 2 m. de diamètre ; il peuple les forêts des lies de Niphon et de Kiou-Siou. Le fût est droit et élancé et la cime très régulièrement conique. Son bois est assez peu connu. Introduit en Europe en 1850, cet arbre s*est montré très rustique.

Le faux-cyprès obtus {Chamaecy paris obtusa Sieb. et Zuc). Cette essence peuple les forêts des montagnes de TUe de Niphon ; elle peut atteindre 30 m. de hauteur sur 1 m. de diamètre, c'est le fameux Hinoki du Japon. Le bois en est léger, très fort, très durable et souvent employé pour les meubles et les constructions ; il est sans analogue dans nos pays. Cette essence intéressante a été introduite en Europe (forêts d'Eberswald) depuis quelques années. Elle s'est montrée rustique, végétant bien, mais lentement (v. p. 210).

Ve PARTIE. - BOIS D'AFRIQUE

Jusque dans ces dernières années, l'Afrique n'a guère fourni que des bois d'ébénisterie, pour ainsi dire glanés au milieu des forêts d'essences variées. Les négociants de ce continent sont généralement obligés, par suite du manque de scieries, de faire des expéditions en grumes, ce qui occasionne des frais de transport élevés, et restreint par suite le

113(5 CHAPITRE XI. — LA PRODUCTION hV BOIS DANS LE MONDE

commerce des bois à celui des bois de luxe ; bien souvent on se contente d'expédier les produils accessoires de la forêt, tels que : coprah, huiles, écorces, gommes, caoutchouc, résines, etc.

Cependant, dans les colonies françaises notamment, quelques petites scieries commencent à s'établir, et Madagascar, le Congo, la côte d'Ivoire, le Dahomey, la Guinée, font de notables efforts vers la production commerciale des bois.

Au nord de TAfrique, TAlgérie et la Tunisie jouent déjà un rôle important dans le monde au point de vue de la production du liège. Malheureusement les scieries y font complètement défaut, et les belles forêts de cèdres et de pins d'Alep de ces pays restent inexploitées ; TAlgérie el la Tunisie, malgré leurs propres richesses, importent des bois sciés de Suède, de Norvège et de Bosnie.

«85. Egypte. — L'Egypte ne possède pas de forêts, aussi ce pays est-il un importateur de bois.

Les importations en bois et charbons ont été, en 1898, de 1.485.423 livres égyptiennes (de 26 fr. environ).

«88. Al8;érie. — (Voir chap. XII).

«81. Tonlsle. — (Voir chap. XII).

988. Maroc. — Les forêts, au sens où nous entendons ce mot, sont fort rares au Maroc.

Dans les steppes du Sahel se trouve un arbre qui est caractéristique de cette région, c'est le doum (palmier nain : Chamerops htimilis). Il fournit aux indigènes la matière pour la confection des cordages, nattes, paniers, bats, tentes, etc., et sert de combustible. On trouve encore dans les landes côtières, le Klakln (Femla tingitana) dont les tiges, de 2 ou 3 mètres de hauteur servent à la construction des huttes.

Il existe des maquis (Ghaba) en plusieurs points dans le Sahcl sur les pentes des vallées. L'espèce la plus commune est le sder {7Azyphns lotus) dont les branches, hérissées et tordues, servent à faire des clôtures (zeriba). Le (ho (Pistacia lentiscus)^ dont le bois fournit d'excellent charbon ; Técorce sert à "tanner le cuir, tandis que les fruits donnent une huile utilisée pour Téclairage, dans le Rif notamment. Le tlah {Acacia giimndfera) dont on récolte la gomme au sud du

BOIS d'afrique 1137

fleuve Tensift : le kharroiib (Caroubier : Ceralonia siliqua)^ existant non seulement dans le maquis mais encore au nord du Maroc où il atteint un développement plus considérable. 11 en est de même du zebbondj [Olea oleasler) dont le bois sert à la construction. Uargan {Argania sideroxtjlon) est un arbre exclusif au Maroc ; il existe au sud du Tensift, sur la rive droite du Morbêa, au cap Blanc, et il forme des forêts à partir du Djerf El-lhoudy ; son bois est très résistant.

Dans les forêts des M'dakra, des Achach et des Béni Khiran, outre certaines essences déjà nommées, on trouve le tachta (Querciis Ilex ?) et le bellout {Quercus ballola) ; le tag^ un genévrier dont le bois fournit d'excellent goudron ; le snober {Phius halepensis) (voir p. 894) ; Tarar [Callitris quadrivalvis), qui produit la résine sandaraque et dont le bois, presque imputrescible, d'un brun rosé, d'un joli dessin et d'une odeur balsamique très agréable, est fort prisé pour la construction et l'ébénisterie. Dans les bois de Ziaïda et des Zaïr, on trouve surtout le fernan (chêne -liège : Quercus suber).

Le long des cours d'eau, on rencontre : le tarfa (Tamarix afncanà) ; le de fia (laurier-rose : Nerium oleander) ; le Vtoum {Pistacia atlantica) ; des peupliers, se f sa fa ; des palmiers (nekkla : Phénix daclgli/era). Ces arbres ou arbustes sont solitaires ou par groupes (1).

989. Côte de l'Or. — Cette colonie anglaise du golfe de Guinée est couverte de grandes forêts très épaisses, au nord de la zone saline du littoral. On y trouve des palmiers, l'arbre à beurre, le kolatier, etc.

L'exportation des bois s'est élevée, en 1897, à 90.000 livres sterlings.

••O. Soudan. — On comprend sous ce nom la large bande de pays qui s'étend du Sénégal à l'ouest, jusqu'à l'Abyssinie et à la presqu'île des Somalis à Test, entre 6^ et 18° de latitude du nord.

« Du Sénégal aux bouches du Zambèze, dit Schweinfurth^ et de l'Abyssinie au Banguela, l'Afrique se présente sous un

(1) Documents empruntés à : Voyage de reconnaissance au Maroc, pai* D' F. Weisgerber {Revue générale des Sciences, 14« année, 1903).

double aspect, dont les caractères ne se fondent en aucun lieu. D'une part le Bush, des taillis et des steppes, d'autre part les forêts vierges dans le sens américain ». Cette distinction est parfaitement constatée à Touest, entre la végétation des plateaux et celle des terres de la côte ; dans Tintérieur, entre la végétation des bords des rivières et celle des plaines qui les séparent.

Il faut signaler une forêt de mimosas qui se déroule du Nil à l'Atlantique, sur la lisière méridionale du Sahara, et dont la traversée exige 4 à 5 jours de marche. Vers le sud, la forêt équatoriale (voir : Congo, art. 293) s'avance jusque dans la région des grands cours d'eau que le Bahr-el-Ghazal conduit au Nil. Mais ces deux forêts s'éclaircissenl par les coupes qu'y font les habitants, et leur bordure est atteinte chaque année par les grands incendies qui embrasent la savane.

Dans une grande partie du Soudan se trouve un arbre précieux appelé le Karité ou arbre à beurre, dont le fruit sert à la confection du beurre végétal et qui peut subvenir à beaucoup d'autres usages. « Il existe sur les deux rives du Niger d'immenses forêts de karités qui n'attendent qu'une exploitation facile et commode pour être mises en œuvre et fournir un objet d'échange » (Galliéni).

Plusieurs bois de grande solidité existent au Soudan, tels que le Teck africain {Oldfieldia africana^ une Sapindacée) ; le cèdre ceril ou caïlcedrat {Khaya Senegalensis^ fam. des Méliacées) voisin de Tacajou, bel arbre qui peut atteindre, dans les meilleures conditions, c'est-à-dire au bord des cours d'eau, 26 à 33 mètres de hauteur ; les acacias gommifères, (bords du Nil blanc dans les parages de Fashoda) ; le Tamarin {Tamarindus indica), qui atteint la taille du chêne ; le Sycomore {Ficus sycomorus), bel arbre qui croit dans la région du haut Nil; il a été transplanté parla culture le long du Nil jusqu'à la Méditerranée. Il existe des espèces correspondantes jusqu'au Niger ; des Bombacées au tronc renflé, etc. En se rapprochant des contrées équatoriales humides de la côte occidentale on trouve de nombreux arbres feuillus se rapportant aux familles des fiultifères, Diptcrocarpées,Sapotacées, etc., et enfln d'assez nombreuses espèces de palmiers. Citons encore une liane à caoutchouc : la liane gohine (Lan'

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