BOIS D^AFRIQUE
dolphia Heudelotii) dont Taire immense va du Tchad à Conakry et à Saint- Louis.
Un département forestier a été créé en 1899-1900, dans le Niger anglais, à Teffet de préserver les forêts contre la récolte par trop intensive du caoutchouc.
Ile de Sao-Thomé. — L'Ile de Sao-Thomé, dans le golfe de Guinée, appartient au Portugal. Elle possède de riches forêts renfermant des bois précieux, un entre autres, dont on a parlé récemment et que nous devons mentionner, il est produit par VAnisophyllea Cabole Henriq. (Rhizophoracées). Cest un bel arbre des zones inférieure et moyenne de Sao-Thomé. Son nom indigène est Cabote \i\ peut atteindre 35 à M mètres de haut sur 1 m. 50 à 1 m. 80 de diamètre, mais il est en général de plus petites dimensions.
Le bois de cet arbre à stries foncées marbrées est très beau, sa couleur varie du jaune au brun marron pâle; il est en outre très dur et très solide; scié en planches, il rappelle un peu le bois de teck. C'est un bois de valeur pour 1 ébénisterie, la moulure, le polissage, et les objets de luxe en général, car il se laisse polir et travailler aisément. Il acquiert, quand il est laqué, un aspect magnifique. Il peut aussi servir pour faire des portes, des planchers, etc. Son poids spécifique est de 0,780.
Ce bois fut connu dès 1885 dans la ville de Sao-Thomé. Plusieurs personnes furent frappées de sa beauté ; des échantillons furent envoyés en Angleterre, malheureusement les frais de transport sont très considérables. A Sao-Thomé, ce bois est vendu à un prix de 20.000 à 30.000 milreis le mètre cube.
Ce bois devrait être propagé par semis de graines de Tarbre dans les régions occidentales de l'Afrique équatoriale, dans notre Congo français par exemple.
Angola. — L'Angola, colonie portugaise, possède d'importantes ressources forestières. Il faut citer parmi les principales essences :
Le mangue ou paco do Golungo Alto {Corynanthe paniculata Webro) bois blanc d'un joli aspect, très tenace, employé pour le tour, la menuiserie et les constructions ; le lacula ou
hula (Pterocarpus lincloriiis Webro), bois rouge, très dur, employé en menuiserie ;
Le mucamha^camba armoreia {Chlorophora excelsa Benth. et Hook.), excellent bois de construction et de menuiserie ; le mufufutu [Acacia angolensis Webro), bois blanc sur le pourtour mélangé au cœur, recherché en ébénisterie ; le dendo [Diospyros mespiliformis). Cette Ebénacée a un bois blanc à la périphérie et rayé de noir au cœur. Grain fin très serré. Bois d'ébénisterie ;
ISunday {Gardénia Jovis-tonantis Hiern.), grain fin et serré. Menuiserie.
Le quibaba cababa (Swietenia angolensis Webro, Khaya anthotheca D.C.). Bois d'ébénisterie très recherché à cause de sa dureté, de la facilité de son polissage et de son vernissage et pour son coloris aussi beau qu'original ;
Le Calanza^ pan tacula o\x quibilibili{Cynomeira laxifolia), grain fin, serré, le cerne parsemé de traces rouges, facile à polir ; le bombolo (Melia bombolo Webro) très léger et tenace ;
Le mvtala menha {Lonchocarpus febrigiim Spach.) qui présente sous l'eau une résistance très considérable ;
Le Mueiu [Terminalia sericea Burch. var. angoleiisis Webro) bois jaune très dur. Excellent pour la menuiserie.
9113. Etat iiidépeiidant da Congo (1). — Il était certain que Topulente flore forestière du Congo devait fournir des bois utilisables. Le fait n a pas tardé à être démontré. Les forêts du Congo sont peuplées d'essences nombreuses et très mélangées. Très rarement on rencontre des massifs d'une même espèce à Tétat pur, bien plus souvent elles sont associées. On ne peut guère citer, comme faisant tout-à-fait exception par l'étendue de ses peuplements, que YElaeis. Cette dispersion oblige l'exploitation à opérer dans un rayon forcément très vaste pour réunir un nombre suffisant de troncs de même espèce. Ce fait empêchera le déboisement intensif auquel on s'est trop facilement livré dans d'autres pays tropicaux. Le
(1) Annexe aux Annales du Musée du Congo, série IV. Agricullure (Bruxelles, 15 décembre 1903). On trouvera dans ce beau travail d'intéressantes photographies se rapportant à une exploitation forestière dans la forôt du Muyumbe.
Bors d'afrique 1141
gouvernement de l'Etat a pris, dès 1894, des dispositions pour tenter l'exploitation des forêts. En 1895, un poste d'exploitation de bois était créé à Shinganga, le long de la rive gauche du Shiloango, en pleine forêt vierge du Mayumbe. Six mois après, les premières expéditions étaient faites en Europe et cela, malgré la perte de temps attribuable aux inévitables tâtonnements du début. Voici comment on s'y prenait : les arbres désignés pour Tabatage étaient d'abord cerclés; on enlevait Técorce de l'arbre et on entaillait celui-ci légèrement suivant un anneau de 50 centimètres de hauteur, de manière à opérer le séchage sur pied ; après l'abatage, le tronçonnage et l'équarrissage, on sectionnait en plateaux sur le chantier. On devait procéder ainsi parce que le transport sous un petit volume était le seul possible, ces bois frais n'étant pas flottables devaient être placés dans de légères embarcations qui les amenaient à la côte. Mais ce mode d'opérer avait Finconvénient d'exiger une grande main-d'œuvre et de donner lieu à beaucoup de déchets. Il s'agissait donc de trouver un moyen de « flotter » sur le Shiloango, à l'américaine, les troncs entiers. Après des essais répétés on constata que le « parasolier », abondant sur les rives du Shiloango, était d'une légèreté extraordinaire et pouvait, par suite, servir de flotteur pour les bois de gros volume. Depuis lors, pour expédier, on adjoint quatre troncs de parasolier à une pièce et on consolide au moyen de lianes, puis on lance le système à l'eau. Ce mode de transport est pratique et économique, les lianes et les parasoliers étant très communs.
Le gouvernement a également établi une exploitation forestière dans le haut Congo. Elle fournit à Léopoldville tous les bois dont cette station a besoin, tant pour les travaux de la station que pour la réfection de nombreux vapeurs de la flottille des transports.
L'essence que l'on exploite le plus dans le Mayumbe est le ?igi(la masa dit « acajou jaune du Congo », ces[\e Sarcocephaltis Diderrichiy arbre fort élancé, très droit et qui peut atteindre jusqu'à 50 à 60 mètres. Les branches s'étalent largement vers le faite, le tronc atteint parfois deux mètres de diamètre. Cette Rubiacée est fort répandue au Congo. Dans le corps du fût se présentent parfois des cavités paraissant complètement isolées et dans lesquelles se trouvent des matiè--
res solides de couleur ocreuse, qui brûlent avec flamme, et des petits cristaux prismatiques translucides. Les indigènes appellent cet arbre ngulu maza^ nom qui veut dire « cochon d*eau » et qui lui a été attribué à cause de Taspect de son écorce et de sa préférence pour les terrains bas et humides. Les indigènes l'emploient pour la construction des canots.
Ce beau bois, couleur d'or, est assez recherché en Belgique pour Tébénisterie ; il possède une résistance qui lui permet de supporter les découpages les plus délicats et il se polit fort bien.
Le gouvernement, dans le but de ménager pour Tavenir les ressources de son territoire, a pris des mesures contre le déboisement inconsidéré. Depuis longtemps déjà des arrêtés ont été édictés pour empocher, dans la mesure du possible, les indigènes d'abattre des parties de forêts pour leurs cultures ; il a été recommandé d'appliquer ces prescriptions progressivement et avec la plus grande circonspection, car elles vont à rencontre d'usages séculaires.
En s'éloignant de la côte on arrive dans une région d'immenses forêts qui constituent la zone forestière équatoriale, dont nous allons parler.
908 bu. Zooe forestière éqoatoriale. — Il existe en Afrique, dans la région centrale, une grande zone forestière équatoriale, analogue à YHylaea du bord de l'Amazone et aux grandes forêts de l'archipel Malais. La traversée qu'en fît Stanley, dans son voyage à la recherche d'Emin-Pacha (1887- 1890), ne dura pas moins de 100 jours.
La grande région forestière est située à l'est de l'Etat du Congo, tandis que l'ouest est un pays de savanes avec bouquets d'arbres et forêts le long des rivières seulement.
Des environs de Kabambarré, dans le Manyouema sud, dit Stanley, jusqu'à Bagbomo, sur la Quelle M akoua,dans le Niam- Niam occidental, la forêt mesure une longueur de 1.000 kilomètres et une largeur moyenne de 840, soit une superficie de 840.000 kilomètres carrés. Pour avoir une idée de l'immensité de cette forêt, qu'on s'imagine toute la France et toute l'Espagne revêtues d'arbres d'une hauteur variant entre 6 et 54 mètres. Stanley donne une très impressionnante description de cette forêt vierge, composée d'arbres aux fûts
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rapprochés et aux cimes confondues, ne laissant filtrer qu'une faible lumière, tandis qu'autour d'eux s'enchevêtrent d'innombrables lianes.
« Ces arbres géants tombent frappés par la foudre, la maladie ou la vieillesse ; ils blessent dans leur chute une demi-douzaine de leurs anciens compagnons. Voilà pourquoi nous voyons tant d'excroissances, de goitres, de loupes, de troncs déformés... »
Sur les bords de TArouhouimi les arbres prennent une taille gigantesque. « Leur bois est jaune, dur comme du fer; à en couper un, on userait un assortiment de nos meilleures haches d'Amérique. Ils portent des fruits d'un brunrougeâtre qui à maturité prennent l'aspect de prunes superbes, d'autres semblent des dattes mûres...
La forêt comprend des arbres à bois dur et à bois mou ; il y a ici de nombreuses familles de ces derniers qui, dans les tropiques, remplacent le pin et le sapin. Tous ont immanquablement de larges feuilles. Leur bois fort utile est très facile à travailler ; on en fait toutes sortes d'ustensiles domestiques.
On trouve le teck d'Afrique, l'acajou africain, le cœurvert, le Lignum vitae ou arbre de vie, le bois de fer, le Raphia nitida y dit bois de campôche, qui ne pourrit jamais ; le copal, le manguier arborescent, l'oranger sauvage, le figuier à tronc blanc, l'arbre à beurre, les tribus des acacias, le majestueux mpafou, et des milliers d'arbres fruitiers dont la plupart me sont inconnus i (1).
9941. lie eap de Boiioe-Bspéranee. — La région du cap abonde en bois utiles. Les arbres de la flore du cap ont cependant tous une taille peu considérable qui oscille généralement entre 6 m. 4 et 9 m. ; mais leur bois est extraordinairement solide, de longue durée. L'accroissement du végétal est lent. Exclus des plaines arides, les végétaux arborescents s'abritent contre le soleil dans d'étroits ravins montagneux, ou se retirent sur le bord des cours d'eau. Cependant, sur le littoral méridional, vers la baie d'Algoa, grâce aux vents humides
(1) Slanley, Z)an5 les ténèbres de Ti^/rî^Me... Traduction française, Paris, 4890.
de la nier, on trouve des forêts plus étendues et de plus haute futaie.
Parmi les bois utiles on peut citer (1) :
Brabeium stellatifolinm (wilde amandelboom), menuiserie d'ornementation, tour ; Biiddlea salviwfolià (saliehout), instruments agricoles et charronnage ; Calodendron capeiue (tvilde kastanie), instruments agricoles ; Capparis albitrunca {wintgaiboom)y jougs et autres instruments domestiques ; Cassine Maurocaenia^ bois jaune à veines brunes, instruments de musique; Celaslrus aciiminatus {zybàst),io\xv^ ébénisterie, instruments de musique; Doryalis zy typhoïdes, charronnage, instruments agricoles ; Elaedendron crocetim [saffraanhotU)^ menuiserie, écorce propre au tannage et à la teinture ; Faga-rastrum capense {knobout)^ instruments domestiques, charronnage ; Gardénia Thunbergia (buffelsbal), instruments divers ; Leucospermum conocarpum (krenpelboom), charbon et chauffage, excellente écorce pour le tannage ; Olinia capen-sis (hardpeer), instruments de musique, ébénisterie ; 0/ea laurifolia {black ironwood)^ ébénisterie ; Podocarpiis elongâta, charpente, menuiserie; Rhamnus cellidifolia{camdeboo) y boissellerie ; Rhus viminalis^ lattes et planches pour couvrir les maisons ; bois non attaqué par les insectes; Tarchonanthus camphoratus (siriehout), menuiserie, instruments de musique.
Vh PARTIE. - BOIS D'AMÉRIQUE
tB5. Btoi«-lJiil«. — La surface forestière est de moins de 200 millions d'hectares, tandis que la surface totale des Etats, non compris TAlaska et la région des grands lacs, est de 783.600.000 hectares, soit un taux de boisement de 25 p. 100. Les Etats-Unis ne doivent donc pas être considérés comme très boisés, et si les forêts suffisent amplement aux besoins des habitants et permettent un chiffre important d^exportation, cela tient à la faible densité de la population ; mais elle augmente rapidement et il faut prévoir que dans
(1) Enuméralion empruntée h P. Charpentier. Le Bois. Vve Dunod, éd.
BOIS d'amérique 1145
une époque pas très éloignée, Ja production ligneuse sera insuffisante.
Les exportations sont alimentées surtout par le déboisementy par les abatages pratiqués sans règle ni prévoyance. Les richesses forestières des Etats-Unis ont été littéralement saccagées, et bien des régions, autrefois célèbres par la beauté de leurs forêls, commencent à se dénuder. En 1880, il a été brûlé des bois et forêts sur une surface de 10 millions d'acres, destruction qui correspond à l'anéantissement d'une richesse que Ton peut évaluer à 100 millions de francs. Le gouvernement fédéral, ainsi que beaucoup d'Etats, ont pris des mesures de protection, malheureusement trop tardives. On comptait en 1890, 4.500 pépinières, couvrant 70.000 hectares, occupant 50.000 personnes et représentant 40 millions de dollars. Beaucoup de forêts ont été proclamées « réserves publiques ».
Quoi qu'il en soit, la production de bois est énorme aux Etats-Unis ; elle était évaluée, dès 1880, à 500 millions de dollars pour les bois de construction, de chauffage et d'ameublement, et des statisticiens Tout portée jusqu'à 700 millions de dollars. Le recensement de 1890 chiffre la consommation indigène à 18 milliards de pieds cubes, dont 15 comme combustible.
La quantité de bois exportée pendant l'année fiscale 1897- 1898 était de 147 millions et la quantité importée de 47 millions, soit un excédent d'exportation de 100 millions environ. Ce chiffre est destiné à baisser et les exportations cesseront même complètement dans un temps assez court, par le fait de la diminution de la production et celui de l'accroissement de la population.
Les forêts sont particulièrement belles dans TEtat du Maine, sur les monts Alleghanys du côté du versant de l'Atlantique, dans les Etats du sud qu'arrose le Mississipi, tels que la Louisiane, etc. ; il faut signaler surtout la ceinture de superbes forêts qui existent au nord-ouest sur le versant du Pacifique (Etats de Washington, Orégon, Nevada, Californie). Beaucoup d'autres régions sont couvertes de riches forêts ; telles sont celles des bords des grands lacs, etc.
En résumé, des richesses forestières des Etats-Unis, les 7/10
1146 CHAPrXRE XI. — LA PRODUCTION DU BOIS DANS LE MONDE
se trouvent dans les Alleghanys ou Apalaches, 1/10 dans les Etats de TOuest, l/IO dans les montagnes Rocheuses, 1 /iO sur le versant du Pacifique.
Le gouvernement des Etats-Unis ne se contente pas de faire des efforts, comme nous Tavons dit, pour assurer la conservation des forêts, mais encore il s'eflforce de faire connaître aux industries du bois les propriétés de chaque essence. Les personnes compétentes s'accordent à dire que les bois des W Etats-Unis sont actuellement ceux pour lesquels l'analyse scien-
tifique, technique, industrielle et commerciale est la plus complète. Chaque année il parait de nouvelles études sur la ^ série des espèces forestières; Tensemble de toutes ces recher-
ches constitue une somme de documents, telle que la vieille Europe elle-même n'en pourrait présenter d'aussi complète (1). Les Etats-Unis appartiennent surtout à la zone de la « flore .' forestière ». La Californie constituant la zone de la « flore
" californienne » correspond pour son climat à celle de la
V « flore méditerranéenne », mais elle en diffère par la nature
des plantes qui la constituent.
Les arbres de la zone forestière de TAmérique du Nord se rapprochent beaucoup des nôtres et le plus grand nombre ont pu être acclimatés chez nous. Ce fait tient certainement beaucoup k ce que le climat de la plus grande partie des Etats- Unis ressemble assez sensiblement au nôtre. La grande majorité des espèces que nous allons citer, comme faisant partie de la flore des Etats-Unis, ont été l'objet de tentatives d'acclimatement chez nous, tentatives qui ont réussi en ^ général.
r Essences résineuses (2). Les pins. — Les pins des Etats-
: Unis appartiennent à de nombreuses espèces, dont plusieurs
. ' (1) Nous rappellerons que le premier travail d'ensemble publié sur la ques-
tion des bois des Etals-Unis et de l'Amérique du Nord en général, est dû à un Français, F. André-Michaux qui, après avoir parcouru l'Amérique septentrionale pendant plusieurs années, Ht paraitre son grand ouvrage, toujours consulté avec profit, intitulé : Histoire des arbres forestiers de rAmérique septentrionale y considérés principalement sous les rapports de leur usage dans les arts et de leur introduction dans le commerce , 3 vol., Paris, 1810-1813.
(2) Nous avons puisé les éléments de cette étude des essences ligneuses des Etats-Unis principalement dans V Histoire des arbres forestiers de VAmé» rique septentrionale de Michaux, et plus encore dans l'intéressante élude de M. Pardé, intitulée : Les ^principaux végétaux ligneux exotiques. Annexe
Bors d'amérique 1147
contribuent à donner le bois connu sous le nom de pitchpin (voir article 209).
Pins à deux feuilles. — Il faut citer :
he Pin jaune ou Yellow pine ou Short leaved pine (Pinus mitis Michaux). Il croit dans le Maryland et la Virginie; son bois possède un aubier blanc qu'il est bon de rejeter et un cœur jaune, lourd, dur, nerveux. C'est une des essences qui fournissent le pitchpin. On s'en sert pour les constructions civiles et navales.
Le Pin rouge ou Red pine {Pinus rubra Michaux) croit dans le nord des Etats-Unis et dans le Canada, sauf sur le versant Atlantique. C'est un grand arbre dont le port rappelle celui de nos laricios; il donne un excellent bois.
Le Pin de Banks {Grey pine, Pinus Banksiana Lambert, Pinus rupestris Michaux) habile dans les régions froides des Etats-Unis et surtout au Canada. C'est une espèce de petite taille, dont le bois est de qualité médiocre comme celui d'un certain nombre d'autres espèces habitant aussi les régions les plus froides et dont la taille est également rabougrie, tels sont: Pinus pun(fpns^\\ç\\di\xx, Pinus inops Aiion, etc.
Pins à trois feuilles* — Il faut citer les espèces suivantes :
Le Pin à bois lourd(Pinus ponderosa, Douglas). — Il croit dans les montagnes voisines du Pacifique, aux Etats-Unis et au Canada. C'est une des essences à pitchpin.
L'arbre est de très grande taille, car il peut atteindre 80 mètres de hauteur sur 2 mètres de diamètre. Son fût est droit et fort, son bois possède un aubier blanc à cœur jaune dont la qualité se modifie avec les circonstances de la végétation. Ce bois, un des Yellow^pine ou Pitchpin, est très estimé aux Etats-Unis où on l'utilise surtout dans l'ouest.
Nous avons parlé longuement des maladies qui désolent les peuplements de cette essence dans la réserve des Black Hills du Dakota du Sud, maladies qui sont désignées sous le nom de « bois bleu » et de « pourrilure rouge » et qu'il faut attribuer à des champignons (voir pages 424, 437 et s.).
Le Pinus Australis Mich. Syn. : P. paluslris Lin. , Long leu"
n® 8 du Compte-rendu du Congrès international de sylviculture : Imprimerie nationale, 1900, page 266-371 .Voir aussi : Sargent (Charles) : Forest ofnorth America et Report on the forest ofnorth America^ 1884.
Googlç
ved pine^ Yellow-pine, Pitch-pine. — Ce pin précieux produit des cônes de forte taille atteignant plus de 20 centimètres de longueur. Là longueur des feuilles est encore plus considérable, d'où le nom de pin à longues feuilles qui lui est souvent attribué. Ce pin est une des espèces qui donnent le bois connu dans le commerce sous le nom drC pitchpin. Ce bois possède peu d'aubier, il est compact, à grain fin, avec une abondante matière résineuse uniformément répartie; il est susceptible d'un beau poli, durable et résistant. Il est préféré aux Etats-Unis à tous les autres pins toutes les fois qu'on peut se le procurer. On Tutilise surtout pour les constructions civiles et navales. Lorsque Tarbre a cru au bord de la mer, dans un sol siliceux, il est plus riche en résine et il est particulièrement désigné alors sous le nom de Pilch-pine, c'està-dire pin à goudron, nom vulgaire commun à plusieurs pins riches en résine; lorsqu'il n'a pas poussé dans ces conditions spéciales, il est généralement dénommé : Yellow pine, pin jaune, qu'il ne faut pas confondre avec le vrai pin jaune lequel est le Pinus mitis. On extrait encore du P. atistralis des produits résineux.
Le Pin rigide (Pitch-pine, Pinus rigida Miller). — Il croit aux Etats-Unis et au Canada, du côté de TAtlanlique et principalement dans les monts Alleghanys.
Il atteint au plus 25 mètres de hauteur, son bois possède un abondant aubier, le cœur en est blanc, sa qualité est en somme médiocre. Ce n est pas cette essence qui donne le bois dur et coloré en jaune ou rougeàtre si apprécié sous le nom de pitchpin, comme on Ta cru en Europe. L'erreur tient à ce que cette espèce est quelquefois désignée sous le nom de Pitch-pine dans certains Etats du centre. Cette confusion a eu pour conséquence qu'on a. pendant quelque temps, essayé d'acclimater et d'introduire cette essence dans nos forêts, dans l'espoir d'en retirer le bois connu et estimé sous le nom de pitchpin; cette tentative conduisit à des mécomptes, tout simplement parce qu'on n'avait pas choisi l'essence donnant le véritable, le bon bois de pitchpin.
Le Pin de Jeffrey {Pinus Jeffreyi Murray). — Il croit sur les montagnes des Etats-Unis et du Canada près de la région du Pacifique, comme le P, ponderosa^ mais à une altitude plus élevée. Bois dur, fort et en même temps léger, très estimé.
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Le pin torche, Loblolly pine {Pinus taeda Lin.). — C'est une des essences qui fournissent le bois de pitchpin, sa qualité est un peu inférieure. On le rencontre surtout dans la région du sud-est.
On peut citer encore le pin de Coulter [Pinus CouUeri Don.), grand arbre californien ; le pin Sabine (Pinus Sabiniana Douglas) et le pin remarquable {Pinus insignis Douglas) qui sont aussi des espèces de la Californie.
Pins à cinq feuilles. — Le pin de lord Weymouth [Pinus strobus Lin.), encore appelé White-pine ou pin blanc, — Il croit au Canada et aux Etals-Unis, sur le versant Atlantique, et descend jusque dans la région des lacs et celle de la chaîne des Alléghanys. Le pin Weymouth est un très bel arbre de première grandeur ; on en a trouvé, dans TEtat du Maine, de 75 mètres et plus de hauteur; le tronc en est droit et élancé, le port élégant, grâce surtout à l'aspect de ses feuilles longues et minces disposées par petits bouquets de cinq. Il fait depuis quelque temps chez nous Fomementation des parcs. Malheureusement son bois^ qui est de bonne qualité dans les pays d'origine, n'a donné jusqu'ici en Europe qu'un produit mou, homogène, peu fort, peu durable, peu élastique, de qualité médiocre en somme. Il présente une couleur blanche. On ne peut l'employer que pour la fabrication de la pâte à papier, des caisses et des allumettes.
Le pin de Lambert, sugar Pineof the Califomian f et tiers ^ the gigantic ou Lambert' s Pine {Pinus Lambertiana Douglas). — Il croit dans les hautes montagnes de TOrégon et de la Californie, c'est-à-dire sur le versant du Pacifique. C'est un arbre superbe, qui peut atteindre 80 mètres. On utilise son bois aux Etats-Unis pour faire des planches. Ce bois est léger et assez tendre, blanc, droit de fil, à grain homogène, très employé en Californie pour la confection des portes et des charpentes en général.
Les sapins. — II existe aux Etats-Unis plusieurs espèces de sapins très intéressantes au point de vue forestier ; nous en citerons quelques-unes :
Le sapin de Douglas {Abies Douglasii Lindley ou Pseudotsuga Douglasii Carrière). — C'est la principale essence des immenses forêts du centre et surtout de Touest des Etats-
Unis, de la ColoDfibie britannique jusqa^au Nouveau-Mexique, sur le flanc des montagnes Rocheuses.
Cet arbre peut atteindre 80 mètres de hauteur et 3 mètres de diamètre. Son bois est de toute première qualité, c'est lui qui constitue sans doute la plus grande partie du bois exporté sous le nom de pitchpin ; il est fort, élastique, à grain fin, très résineux, de couleur foncée, rougeâtre, rappelant celle de rif. Il a été introduit en Europe où il réussit très bien.
he sapin élancé (Abies grandis Lindley, Abies Gordoniana Carrière). — Grand arbre qui atteint 80 mètres. Il habite l'ile de Vancouver et les montagnes du nord-ouest de la Californie. Son bois est blanc, doux, léger, peu fort.
Le sapin baumier [Abies balsamifera Michaux) ou sylver fir (sapin argenté). — Il croit au nord-ouest des Etats et au Canada^ sur le versant du Pacifique. Son bois est blanc, léger, mou et en somme de qualité médiocre ; mais on en extrait, par incision faite au corps de Tarbre, la résine particulièrement précieuse connue sous le nom de Baume de Canada, elle est remarquable par sa fluidité et son indice de réfraction voisin de celui du verre ; c'est un véhicule excellent pour les préparations microscopiques.
Le sapin de Fraser {Abies Fraseri Lindley) habite les montagnes de la Caroline et de la Virginie ; il est voisin de l'espèce précédente.
Le sapin noble {Abies nobilis Lindley) se trouve, aux Etats-Unis et au Canada, sur le versant du Pacifique, de i.OOO à 1.500 mètres. Le bois est blanc, assez fort, facile à travailler.
Le sapin concolore {Abies concolor Lindley). Son aire est très vaste, elle s'étend depuis les montagnes Rocheuses du Colorado jusqu'à la Californie du nord et TOrégon, et, au sud, jusque dans le Nouveau-Mexique. C'est un grand et très bel arbre qui atteint 40 mètres et même, dit-on, 80 mètres de haut. Son bois est doux, blanc, assez fort et cependant léger. On Ta introduit en Europe où il sert surtout d'arbre d'ornement ; ses feuilles, argentées sur les deux faces, donnent à Tarbre un bel aspect.
Dans ces mômes régions croissent encore le sapin magnifia que {Abies magnifica Murray) et le sapin gracieux {Abies amabilis Forbes).
BOIS D*ÂMÉRIQUE llol
Les épicéas. — L'Epicéa blanc (Picea alba Link) ou sapinetle blanche, habite au nord des Etats-Unis et au Canada, de TAtlantique au Pacifique. C'est un arbre d'une vingtaine de mètres, donnant un bois blanc de médiocre qualité.
U Epicéa de Menziès {Picea Menziesii Carrière). Il est répandu dans le nord-ouest de l'Amérique, aux Etats-Unis comme au Canada. On le retrouve d'ailleurs dans le Nord de la Chine et au Japon. Il peut atteindre une grande taille, son bois léger et fort est estimé. Sa culture en Europe donne de bons résultats.
Citons encore Y Epicéa piquant {Picea pungens Engelniann) des montagnes Rocheuses, etc.
Les Thuyas. — Le Thuya occidental [Thmjaoccidentaiis Lin.) ou arbor vitœ ou îchite cedar croM au Canada et aux Etats- Unis sur le versant Atlantique. Il donne un bois estimé. Cet arbre est introduit chez nous où il est même fort répandu, mais ses dimensions restent faibles. *
Le Thuya géant {Thuya gigantea Nuttal, Th, Lobbii des horticulteurs). Cet arbre habite au Canada et aux Etats-Unis au bord de Tocéan Pacifique. Il atteint 50 mètres de haut sur 3 mètres de diamètre, son fût est droit et élancé. Le bois présente un cœur de couleur rosée et un aubier blanc; il est léger, très durable, d'un travail aisé. On Tutilise en menuiserie, notamment pour la confection des portes et fenêtres, on en fait aussi des canots.
CHAMiECYPARis OU FAUX-CYPRÈS. — Lc faux cyprès de Lawson [Chamœcy paris lawsoniana Parlatore). Il croît au nord de la Californie, dans TOrégon, ainsi qu'au Canada dans la Colombie britannique. C'est un bel arbre pouvant atteindre 50 mètres de hauteur sur 2 mètres de diamètre, le fût est droit et élancé. Son bois est léger, assez dur et assez fort, facile à travailler, susceptible d'un beau poli. On remploie à de nombreux usages spéciaux; il n'a pas d'analogues en Europe.
On trouve dans les mômes régions le Faux cyprès de Nutka {Chamaecy paris initkaensis Spach., Thuiopsis borealis Fischer). Le bois de cet arbre, d'une quarantaine de mètres, est serré, assez dur et susceptible d'vrn beau poli.
Cyprès [Cupressus). — Il faut citer, entre autres, le cyprès de Lambert {Cupressus Iximbertiana Carrière). C'est un arbre
d'une vingtaine de mètres qui habite la Californie. Son bois a les qualités de celui de notre cyprès toujours vert; il convient comme lui à la menuiserie et même à la charpente; il produit des échalas de première qualité et se conserve très bien sous Teau.
Genkviuers {Jitniperus), — Le genévrier de Virginie [Juniperi(s VirffiinanalÀn,) appelé encore cèdre rouge [Red ceclar) ou cèdre à crayons {Cedar pendis). Son bois, de couleur rouge, est l'objet d'une importation considérable (voir art. 198).
Dans le genre taxodium se trouve le taxodium distique {Taxodiiim distichum Richard) ou cyprès chauve. C'est un grand arbre, d'une quarantaine de mètres de hauteur sur deux de diamètre, qui croit dans les régions marécageuses de la Floride et de la Louisiane. C'est un des rares conifères qui perdent leurs feuilles en hiver. Le bois du cyprès chauve est léger, rougeâtre, à grain assez fin, facile à travailler. On l'utilise principalement pour faire Jes planches et des intérieurs de meubles. Il est très durable sous l'eau. Cet arbre a été introduit eu Europe.
Skquoias, — On trouve deux espèces de ces arbres géants en Californie: le séquoia géant et le séquoia toujours vert. Le séquoia géant {Séquoia gigantea Endlicher, Wellingtonia gigatUea Lindley) existe sur les versants de la sierra Nevada, du côté du Pacifique, à une altitude moyenne de 1.800 mètres, et il constitue les big /r^c.v fameux de Mariposa. Cet arbre colossal par sa taille n'est surpassé à ce point de vue que par certains eucalyptus. Il peut dépasser 100 mètres de hauteur et 10 mètres de diamètre Le bois est malheureusement de qualité assez médiocre, il est léger, tendre, de teinte rosée; il prend cependant un beau poli. Cet arbre a été introduit chez nous ; il se montre très rustique, mais son rôle se borne à celui d'arbre d'ornement.
Le séquoia toujours vert {Séquoia sempervirens Endlicher, Sefjuoia laxifolia de Kirwan) habite aussi la Californie. Il atteint une taille géante, quoique moins considérable que celle de Tespcce précédente. Son bois lui est supérieur, il est léger, rougéàtre, d'une fente et d'un travail facile, il convient à la menuiserie commune. C'est un des bois désignés par les Américains sous le nom de rcdwood.
Mélèzks. — Le mélèze occidental, american larch {Larix
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occidentalis Nuttal) habite, aux Etats-Unis et au Canada, les Montagnes Rocheuses. Il fournit un bois lourd, dur et fort.
TsuGA. — Les tsuga possèdent des feuilles planes comme celles des sapins, et des cônes pendants comme ceux des épicéas. Il en existe plusieurs espèces en Amérique, parmi lesquelles on peut citer: le tsuga du Canada {Tsuga Caiiadensis Carrière). C'est un arbre de grande taille qui habite au nord des Etats-Unis et au Canada. Son bois est blanc, léger, mais de qualité inférieure. L'écorce est riche en tannin.
Citons encore: le 7AM^a;?a//omanaEngelmann, des montagnes élevées de la Colombie britannique et de la Californie septentrionale; le tsuga de la Californie {Tsuga Mertensia7\a Carrière), arbre de forte taille dans la région du Pacifique ; le Tsuga Caroliniana Engelmann, arbre de petite taille qui croit dans les monts Alleghanys.
Bois femllus. — Le tulipier de Virginie, Poplar ou Tulip tree (voir page 948).
Les fruitiers. — Parmi ces arbres, très répandus aux Etats- Unis, il faut mentionner à part le cerisier tardif, Wild cherry {Prunus serotina Ehrhart), et le cerisier de Virginie {Cerasus Virginiana Michaux), deux espèces que Ton confond souvent. Le cerisier tardif habite surtout aux Etats-Unis, mais on le retrouve aussi sur tout le versant de TAtlantique jusqu'au Canada. C'est un grand arbre à fût régulier. Le bois de cœur est rosé, teinte qui s'accentue à la longue; il est serré et dur, à grain fin et susceptible d'acquérir un beau poli; peu sujet à se tourmenter. Il est employé en menuiserie et en ébéniste rie.
Légumineuses. — Parmi les Légumineuses arborescentes, on peut citer :
Le cladrastis à bois jaune {Cladrasiis tinctoria Rafincsque, Virgilia lulea Michaux) qui donne un beau bois jaune assez fort;
Le févier à trois épines, sweet locust [Gleditschia triacanthos Linné). C'est un très grand arbre épineux. Il a été introduit chez nous, où il décore souvent les promenades publiques ; son bois est de qualité inférieure à celui de notre Robiuia faux-acacia ;
Le chicot du Canada, Coffee tree {Gymnocladus canadens\< Lamarck). Très grand arbre qui croit sur le versant de
l'Atlantique. Le bois possède peu d'aubier ; le cœur, d'une couleur rosée, est compact, lourd et fort ; il se travaille bien et est susceptible de recevoir un beau poli ;
Le Robinier faux-acacia {Robinia pseudo-acacia), Locxisty est abondant dans diverses contrées des Etats (voir p. 816).
Les Érables (ma/) /^5). — Il existe plusieurs espèces américaines d'érables qui donnent un bois remarquable. On peut citer les espèces suivantes qui sont les principales :
L'érable à sucre [Acer saccharinum Vangenheim) ou sugar maple. Il se trouve surtout au nord des Etats-Unis et au Canada sur le versant Atlantique. Il ressemble à notre érable plane et peut acquérir une grande taille. Son bois est blanc quand il vient d'être coupé, il prend une teinte rosée à Tair. Il est lourd, dur, susceptible d'un beau poli. Il est malheureusement peu durable. Ce bois est particulièrement recherché des charrons, menuisiers, tourneurs, armuriers; on Tutihse encore pour la charpente intérieure. Il constitue un très bon bois pour le chauffage. Il donne, avec Térable à grandes feuilles {Acer macrophyllum Pursch), le bois si estimé des ébénistes sous le nom d'érable moucheté.
Uérable rouge^ Red flowring maple {Acer rtibrum Lin.). Il vient, aux Etats-Unis et au Canada, sur tout le versant de FAtlantique et s'étend encore assez loin dans le centre et le midi des Etats-Unis. Le bois de cet arbre d'assez grande taille est grisâtre, souvent teinté de rouge ; il est homogène, dur, lourd, facile à travailler et susceptible de recevoir un beau poli. Les ébénistes et les tourneurs le recherchent également. Il arrive quelquefois que dans les arbres très vieux, les fibres ligneuses, au lieu de s'élever perpendiculairement, décrivent des zigzags ou des ondulations plus ou moins accentués, ce qui fait donner à ces bois le nom de Curled maple, érable frisé; cette disposition est rare. Le bois, dans ces conditions, est difficile à fendre et à travailler; mais lorsqu'il est mis en œuvre par un bon ouvrier, il présente de magnifiques effets de lumière, qui sont encore plus frappants si, après l'avoir poli avec un rabota double fer, on le frotte avec un peu d acide sulfurique et qu'on y passe ensuite de l'huile de lin. Autrefois, aux Etats-Unis, avant que l'acajou ne fût devenu de mode comme en Europe, les plus beaux meubles étaient faits du bois d'érable rouge; son emploi est d'ailleurs loin
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d'avoir été abandonné en ébénisterîe, on en fait usage, même en plaqué.
L'érable negundo {Acer negiindo Lin.), ou Box elcfer. Cet arbre est abondant au centre et à Touest des Ëtats. Son bois, blanc, léger, peu résistant, n'a qu'une faible valeur. Ce végétal, introduit chez nous, sert à Tornementation des jardins et des parcs.
Les plaqueminiers. — On trouve plusieurs plaqueminiers (Diospyrost famille des Ebénacées) dans les régions chaudes de l'Amérique du Nord. Citons le plaqueminier de Virginie, Persimonn {Diospyros virginiana Lin.), très répandu dans les provinces du centre et du nord-est des Etats-Unis. C'est un assez grand arbre à cime difiFuse. Son bois de cœur est d'une teinte foncée, souvent d'un noir d'ébène; il est dur, lourd, homogène et reçoit un très beau poli. C'est un bois d'ébénisterie. Il faut noter que cet arbre appartient au môme genre que les espèces qui fournissent le bois d'ébène.
Les frênes. — Les frênes sont représentés en Amérique par plusieurs espèces :
Le frêne blanc, white ash (Fraxinus a/6a Marshall), est commun sur le versant Atlantique du Canada et des Etats-Unis. C'est un grand arbre à fût droit et à cime ample. Son bois possède un aubier blanc et un cœur rougeàtre ; il est lourd, dur, souple et élastique. C'est un des meilleurs bois de l'Amérique du Nord où on l'emploie surtout en ébénisterie, carrosserie et pour la confection des manches d'outils, des cercles et des merrains. Certaines personnes le considèrent comme de qualité supérieure à celle de notre frêne commun qui est déjà un bois de premier ordre.
Le frêne à feuilles de sureau, Black ash [Fraxinus Saînbucifolia Lamarck), est commun surtout au nord des Etats- Unis et au Canada du côté de l'Atlantique. Le bois de cœur est dur, brunâtre, plus tenace et plus élastique que le bois de frêne blanc, mais aussi moins durable. On en fait surtout des cercles et divers menus objets.
Le frêne à rameaux carrés {Fraximis quadrangulata Michaux) et le frêne pubescent (Fraxinus pubescens Lamarck) habitent l'un et l'autre sur le versant Atlantique du Canada et des Etats-Unis.
Les bouleaux. — On trouve divers bouleaux aux Etats-Unis.
Les espèces les plus intéressantes sont : le bouleau merîsîep et le bouleau jaune. Ils habitent le versant Atlantique du Canada et des Etats-Unis ; le second s'étend même au Canada assez profondément dans l'intérieur, jusqu'aux Grands Lacs dans la province de Manitoba.
Le bouleau merisier, Cherry birch ou Black birch (Belnla leîila Lin.), possède un bois de qualité supérieure à celui des autres bouleaux des Etats-Unis; il est dur, fort, susceptible d'un beau poli; sa couleur est rosée. Les ébénistes le recherchent et on rexporte en Europe où les fabricants de pianos le payent assez cher.
Citons encore le bouleau à papier [Betula papyrifera Marshall) et le bouleau rouge {Bettila lenta Michaux).
Les chênes. — 11 existe de nombreuses espèces de chênes dans TAniérique du Nord, ils donnent des produits correspondant à ceux de nos espèces indigènes.
Le chêne rouge, Red oak {Qiiercus riibra Lin.), croît sur le versant Atlantique du nord des Etats-Unis et du Canada (voir p. 750).
Le chêne écarlate, Scarlct oak {Quercus coccinea Michaux), et le chêne des teinturiers {Quercus tinctoria Michaux) accompagnent généralement le chêne rouge, dont ils sont voisins par leurs caractères. Ce sont de grands arbres, atteignant 30 mètres de hauteur sur 1 mètre et plus de diamètre. Leur bois de cœur présente les caractères, qualités et défauts du chêne rouge ; il est rougeâtre et poreux.
L'un et l'autre possèdent une écorce utilisable pour le tannage des cuirs. Celle du chêne des teinturiers communique au cuir une teinte jaune généralement estimée.
Le chêne de Banister ou chêne à feuille d'yeuse, Bear'oak {Quercus Ilicifolia Wangenheim ou Q. Bainsteri Michaux), habite les forêts du nord-est des Etat-Unis. Il est de fort petite taille, mais possède la faculté de s'adapter aux plus mauvaises conditions.
Le chêne des marais {Quercus palustris Michaux) croit dans les vallées humides du versant de l'Atlantique, du Canada à la Virginie. C'est un arbre d'une trentaine de mètres, dont les branches ont une tendance à prendre une direction verticale. Le bois de cœur est rougeàtre, comme celui du chêne rouge, et possède de gros vaisseaux, mais il parait plus dur,
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plus tenace et plus résistant. On peut rutilîscr avantageusement pour les mêmes emplois.
Le chêne à feuilles de saule, Willow oak (Quercus phellos Linné) croit dans les stations humides des provinces de Test. Son bois est blanchâtre, poreux, tendre, l'aubier est peu abondant. II est en somme d'une qualité médiocre. Il se travaille facilement.
Le chêne falqué, Spanish oak (Quercus falcata Michaux), habite tout le versant de TAtlantique dans les endroits frais. C'est un grand arbre dont le tronc possède une écorce noire et crevassée. Son bois, quoique inférieur à celui de nos chênes rouvre et pédoncule, parait être le meilleur des bois de chêne américains. Il possède peu d'aubier, les rayons médullaires sont larges; les vaisseaux, de grosseur moyenne, sont disposés en lignes rayonnantes ; le cœur est dur, dense, d'une teinte rougeàtre d'un joli effets il est malheureusement difficile à travailler. Son écorce est excellente pour le tannage des peaux.
Le chêne ferrugineux ou chêne noir, Black Jack oak {Quercus ferruginea Michaux, vel nigra Wildenow), habite Test et le sud-est des Etats-Unis. L'écorce est noirâtre et crevassée, le bois est pourvu d'un aubier très abondant ; le cœur est de couleur foncée, très dur; il est généralement assez peu estimé.
Le chêne blanc, While oak (Quercus alba Linné), est l'espèce la plus répandue du genre aux Etats-Unis ; c'est aussi celle des espèces de chênes américains qui' ressemble le plus à nos chênes d'Europe, notamment au chêne pédoncule. Le bois de l'espèce américaine est d'un blanc rougeâtre et ressemble beaucoup à celui de l'espèce de l'ancien continent, mais il est moins pesant, moins compact; néanmoins son usage est très général dans le pays, il a beaucoup de force et résiste longtemps à la pourriture. Cet arbre devient de moins en moins abondant et, par suite, le prix de son bois s'élève constamment.
Citons encore : le chêne à poteaux, Post oak (Quercus obtusiloba Michaux), le chêne à gros glands, Over cup white oak {Quercus macrocarpa Michaux), etc.
Le chêne noir (Quercus linctoria), Black oak, est très abondant dans les Etats du nord et du centre. C'est l'écorce de cet arbre qui fournit le Queixitron dont on fait usage pour
teindre en jaune la laine, la soie et les papiers. Le bois est rougeàtre et à grain grossier ; on l'emploie dans la bâtisse à défaut du chêne blanc ; il fournit aussi une grande proportion du merrain, dit de chêne rouge, qui est employé pour les barriques destinées à contenir des farines, des salaisons ou de la mélasse.
Les CHATAIGNIERS. — Ou trouve notamment, aux Etats-Unis, deux espèces : le Castanea vesca^ American chestnul, qui est Tcspèce qui croit aussi en Europe, et le Castanea pnmila^ the chincapin. La première de ces essences abonde surtout dans la région montagneuse qui traverse la Virginie, les Carolines et la Géorgie, ainsi que dans l'Est-Tennessée et les montagnes de Cumberland. Le bois a les mêmes propriétés et usages que celui de notre châtaignier indigène. Le chincapin a Tinconvénient, au point de vue de Tutilisation de son bois, de conserver toujours une faible taille.
Les hêtres. — Le hêtre, Fagus sylvestris^ white beech, constitue en Amérique, comme le F. sylvatica en Europe, un des plus beaux arbres des forêts. — On trouve dans le nord des Etats-Unis, le hêtre rouge, Fagus ferruginea^ Red beech\ cette espèce doit son nom à la couleur rouge de son bois et non à celle des feuilles, comme on pourrait le croire en Europe, où il existe dans les jardins une espèce de hêtre, d'origine inconnue, dont le feuillage est d'un rouge plus ou moins pourpre. Le bois de cette espèce est préféré à celui du hêtre blanc, il est plus serré, plus résistant et peut s'obtenir en pièces de grandes dimensions. Le bois de hêtre est très sujet aux attaques des vers et à la pourriture ; il doit être dépouillé de son aubier et ne peut entrer dans la construction des maisons.
LesCrarmes. — Le Carpinus ostrya^lron t^;oorf(bois de fer), donne un bois très dur, compact, pesant, utilisé pour la fabrication de pièces de machines, etc.
Les noyers et les caryas (Hickory). — Les espèces de ces deux genres voisins jouent un rôle important aux États-Unis, au point de vue de leur bois. Nous les avons étudiés autre part (voir p. 953). Nous donnerons seulement ici l'indication de leur distribution géographique.
Le noyer noir d'Amérique, Black walniU {Juglans nigra Lin.), croit dans la région des monts AUeghanys-
Le carya blanc ou noyer blanc, White] walnut {Carya alba