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CATÉGORIE

(bois D*ÉBBNISTERIE provenant DBS ESSENCES PRÉCIEUSES SPECIALES)

Dinh gan gà (Espèce indéterminée). — Arbre de grandes dimensions, assez rare, dont le bois jaune, k grain fin, de longue durée, est employé dans Tébénisterie et les constructions. Ne pas le confondre avec le thiêt dinh auquel il est inférieur, ni avec le dinh hiiong dont il n'a pas le parfum, mais auquel il est supérieur en solidité; n*est pas attaqué par les fourmis blanches.

Dinh huong, — Les espèces connues sous ce nom paraissent se rapporter au Caryophylltis aromaticus (Giroflier), des Myrtacées, et à des variétés de cette essence. Le dinh huong est un bois jaune clair, au parfum de clou de girofle dont il tient son nom. On en fait de très jolis meubles ; il est bon pour les constructions à la condition de n'être pas exposé aux intempéries; assez rare.

Pâi ou giôi ou dôi {Salvadora capitulata (Lour.)? des Plumbaginacées). — Excellent bois de couleur blanc pâle, flexible, trèb résistant, apte aux grandes constructions; atteint de grandes dimensions et sans être rare n'est pas très commun.

Gu ou gô. — Représente certains arbres qui, comme en Cochinchine, appartiennent aux genres Pahudia^ Sindora et Intsia des Légumineuses et enfin au genre Sideroxylon des Sapotacées.

de l'agriculture cl du commerce du Gouvernement général de rindo-Chine, juin 4902 (Hanoi, Schneider).

Voir aussi la nomenclature par provinces, des bois du Tonkin, in Revue indo-chinoise t i900, p. 498.

(il Nous signalerons encore sur les bois de la Cochinchine, le livre très pratique de M. E. Richard, garde- forestier en Cochinchine : Nomenclature des principales essences forestières de Cochinchine. Saïgon, Imprimerie coloniale, 1898.

Un rapport très détaillé écrit par M. Boude, chef du service des eaux et forêts de la colonie, à l'occasion de l'Exposition de 1900, renferme de nom» brcux renseignements sur les forêts de la Cochinchine et du Cambodge,

(2) Sur le teck en Indo-Chine, voir p. 997.

INDO-OnlNE FRANÇAISE

On remarque au Tonkin les espèces connues des indigènes sous les noms de gu sinig, gii lau et gii tià.

Gît sinig, arbre de grandes dimensions, assez abondant au Tonkin. Excellent bois d'ébénisterie et de construction, très dur, à grain fin, prenant par le frottement un beau noir brillant; employé comme colonnes de maisons ; il a Tinconvénient de se creuser à Tintérieur après de longues années, tout en restant néanmoins solide.

Gu làu^ arbre de grandes dimensions, fréquent dans les forêts de TAnnam. Bon bois, dur, résistant, de nuance cendrée, à fibre noires. Inférieur au gu sung ; il est employé dans les constructions.

Le gu mât et le gu tià sont de très bons bois de construction, qui se prêtent en même temps à la sculpture.

Kbn giao (Espèce indéterminée). — Bois dont on fait des meubles et des cercueils de luxe.

Lim ou go lim, — Espèces représentées par le Baryxylum tonkinense^ observé au Tonkin par Balansa. L'espèce appelée lim xanh ou encore thiêt Idm est la plus recherchée à cause de sa résistance et de la beauté particulière de ses fibres entrelacées (1).

A citer une variété du précédent, le lim xanh chun^ très résistant, dont la beauté particulière réside dans Tentrelace ment des fibres qui vont dans tous les sens.

Lim vang. — Assez fréquent dans les forêts du Thanhhoa et du Nghê-an (Annam) ; est un assez bon bois ressemblant au lim xanh auquel il est très inférieur; rarement attaqué par les fourmis blanches, est employé dans les constructions.

Enfin le lim hon^ bon bois de la catégorie du lim xanh, mais auquel il est très inférieur ; d'ailleurs c'est un vrai rejeton du lim xanh dont le tronc a perdu de sa force ; devient malgré cela un grand arbre.

Mun ou ô môc {Ebenoxylum verum (Lour.), de la famille des Ebénacées). — Excellent bois noir, très dur; s'emploie pour Tébénisterie, les objeis d'art; a l'inconvénient de partir en éclats par les temps secs. Les dimensions d'abatage doi-

(1) C'est ce lim ou liem, qui a été importé en France pour le pavage des chaussées (N. de l'A.).

Googlj

1278 CHAPITRE XII. — Bots DES COLONIES FRANÇAISES

\' vent être réduiles, les arbres de grandes dimensions étant

fc» généralement creux et de ce fait presque inutilisables. Ce

H bois provient également de TÂnnam.

: Ngoc am ou am (Espèce indéterminée), — Excellent et très

1 joli bois, jaune blanc, regardé comme un des plus précieux

du Tonkin. Habite la haute région de la Rivière (Maire et I donne lieu à un important commerce avec les Chinois. On le

trouve quelquefois enfoui dans le sol ; de très grande durée, on en fait de magnifiques meubles et les familles fortunées en font faire des cercueils.

L'arbre atteint environ de 40 à 60 centimètres de diamètre, mais sa hauteur n*est pas considérable. 11 peut être comparé an gaïac et n'est pas attaqué par les fourmis blanches.

Sert ou xen. — Les arbres de ce nom, en Cochinchine, appartiennent aux genres Shorea et Hopea des Diptérocarpées. Il semble que le sert du Tonkin appartient au genre Baryxylurn (Légumineuses) que les indigènes de Cochinchine nomment vulgairement lim.

Parmi les espèces connues nu Tonkin, il convient de citer :

1° Le sên mat ou thiêt Hem (1), arbre de grandes dimensions que Ton retrouve dans presque toutes les régions de rindo Chine ; bois excellent, très dur, de nuance rouge foncé; sert à l'ébénisterie et aux constructions; n'est pas attaqué par les fourmis blanches ;

2" Le sén c/ium, variété du précédent, recherché pour la beauté de ses fibres;

3^^ Le sM tai trang, grand arbre, assez rare, assez bon bois, dur, blanc pâle, peu de cœur apparent ; inférieur au sên mat ; attaqué par les fourmis blanches.

Une autre espèce connue des indigènes sous le nom de sên dut donne un bon bois servant aux constructions.

Sua ou xua [Alstonia scholaris des Apocynées) — dont on reconnaît deux variétés : sua nêp et sua té.

Le sua nêp est un excellent bois rouge un peu foncé, très dur, à magnifiques veines, susceptible d'être bien poli; prend par le frottement un très joli brillant ; peut servir pour le placage; résiste aux attaques des insectes; de très longue

(i) C'esl le liem d'Annam qui sert, comme le go tim du Tonkiu, au pavage (N. de l'A.).

iNdo-chiNe française 1279

durée. Le sua lé, de teinte un peu plus claire, présente les qualités du précédent. Ces arbres donnent la fausse gultapercha qui sert à Singapore à falsifier les meilleurs produits de cette nature.

Tâu mât ou ihiêt tu (Espèce indéterminée). — Bois de fer de nuance marron clair ; excellent bois employé généralement pour les constructions; se trouve en assez grande quantité au Tonkin.

Thiét dinh (Espèce indéterminée). — Bois de fer excellent, jaune clair, susceptible d'être poli; prend un beau jaune brillant par le frottement ; fait de très jolis meubles ; résiste aux attaques des fourmis blanches.

Trac (Dalhergia cochinchinensis des Légumineuses Papilionacées) (Bois de fer) (1). — Arbre de 25 à 30 mètres; tronc grisâtre dont le diamètre atteint 70 à 80 centimètres ; bois rouge foncé prenant une teinte d'ébène avecTàge; communément usité en ébénisterie et pouvant s'appliquer à toutes les œuvres de constructions demendant solidité et durée. Incontestablement, une des essences les plus utiles et dont la culture s'impose. Par cela même qu'elle est précieuse, elle est devenue rare dans les provinces de Cochinchine, et les arbres les plus Agés se trouvent dans les localités les plus reculées et d'exploitation difficile. Son écorce, épaisse de 4 à 5 millimètres, grise, sans crevasses, réticulée au dehors^ blanche en dedans, est très fibreuse ; elle est libriforme, c'està-dire formée d'une vingtaine de feuillets faciles à compter sur le sec ; son aubier est blanc jaunâtre, d'un tissu subcorné^ épais de 6 à 6 cm ; il est généralement rejeté dans les œuvres demandant une très longue durée. Toute la partie centrale est d'un rouge brun foncé ainsi qu'il a été dit, mais découpée de zones ondulées, épaisses d'un demi à un millimètre, alternativement d'une teinte plus foncée, indiquant les couches annuelles du bois; cette bigarrure donne à cette essence un cachet propre qui en relève la beauté (Pierre).

Six espèces sont connues sous les noms indigènes suivants :

1" Le Trac den (noir), bois très dur, qui devient de plus

(t) Le bois de Irac a été importé en France pour le pavage des chaussées (N. de l'A.).

1280 CHAPITAE XII. — BOIS DES COLONIES PEANÇAISES

en plus rare ; sa tranche, quand il est vieux et complètement desséché, est d'un noir brûlé.

II est susceptible de prendre un beau poli, mais ne possède ni Téclat de Tcbène, ni celui du palissandre ; toutefois, il diffère peu de Tébène de Cochinchine une fois poli. Il est rare de trouver ce bois au-dessus de certaines dimensions, soit 0,25 d'équarrissa^e sur 3 mètres de longueur, encore est-il fort rare i^i ces dimensions. Il parait hors de doute qu'exposé à la pluie et au soleil il résisterait bien, mais on n'a pu l'observer dans ces conditions.

Résistance pratique = 17,50.

Densité = de 1,150 à 1,100 (A. Henry). 2* Le Trac rang (jaune), est le moins rare des trac. Sa fibre est assez longue, mais manque de force; il est moins dur et lourd que le tracden ; on le trouve avec des dimensions plus fortes que ce dernier, soit à 0,30 d'équarrissage sur 3 mètres de longueur.

Il serait moins résistant que le trac den; sa tranche en longueur présente un fond rouge foncé, strié de bandes orange foncé. Il est d'un emploi assez commun dans Tébénisterie et dans la confection des meubles.

Résistance pratique = 17,00.

Densité = de 1,100 à 1,050 (A. Henry). 3*' Le Trac hông (ou ocellé), variété de trac^ très rare. Il est, peut-être, parmi les bois de couleur foncée de la colonie, le plus beau ; le fond de sa couleur est d'un rouge très foncé, vineux à reflets violets, parsemé d'yeux ou de mouchetures reproduisant en spirale les veines du bois et se rattachant au corps général des fibres : l'aspect d'un morceau de ce bois poli est très difficile à décrire ; les taches en spirale paraissent être des courbes de bois liquides plus foncées que le fond à Textérieur de la courbe qui, partant d'un point dans Tépaisseur du tronc, se seraient infiltrées dans la masse en se repliant en spirale. Ce bois n'est pas .dans le commerce.

Résistance pratique = 19 (à cause de la flexibilité).

Densité -= de 1,125 à 1,075 (A. Henry). 4** Le Ti^ac trany (blanc), il n'a été examiné que quelques petits rondins de ce bois, rondins qui provenaient des montagnes de Thuân-yên (Ha-tiên).

Sa tranche est blanchâtre avec quelques points noirs ou

violacés; on dirait une planche peinte en blanc légèrement bistré, dans laquelle on aurait enfoncé quelques clous à large tête noircie ; parait plus léger que les autres trac et néanmoins avoir des fibres plus fines et plus serrées ; ses caractéristiques probables sont :

Une résistance pratique de 16,

Et une densité de 1,050 à 1,025 (A. Henry).

Ce bois n'est pas dans le commerce.

5® Le Tmc mdt (fiel), ainsi dénommé, sans doute, à cause de ses veines vertes et rouges, ayant quelque analogie de coloris avec les matières contenues dans la vésicule biliaire de certains animaux. Cette espèce, la plus recherchée et par conséquent la plus estimée, est assez rare au Tonkin.

6* Le Trac ndu {Dalbergia purpurea ?), ayant certaine analogie avec le trac mât auquel il est cependant inférieur pour le grain et l'aspect du coloris.

Il donne un excellent bois très dur, dont la couleur rouge se fonce en vieillissant ; il se prête surtout aux travaux d'incrustation de nacre. Cet arbre atteint 30 mètres de haut sur 0,60 à 0,90 do diamètre.

Nota. — Les bois de trac employés au Tonkin viennent pour la plupart des forêts du Nghê-an (Annam).

Au Cambodge il existe, indépendamment de ces variétés^ une espèce signalée par Pierre sous le nom de Dalbergia cambodiana connue des indigènes sous le nom de tra nhung dont l'exploitation était réservée aux besoins du roi. Abondant autrefois dans les provinces occidentales du Cambodge, le tra nhung est aujourd'hui devenu assez rare.

A Tétat de complet développement, cet arbre acquiert une hauteur de 30 à 35 mètres, et un diamètre de 0,80 à 1 m. 20 ; son écorce est celle du D. cochinchinensis^ mais son vieux bois, d'une teinte plus foncée que celui-ci, est alternativement pourvu de bandes d^une teinte plus claire ou plus nuancée d'ébène.

Trai {Nauclea species? des Rubiacées; Aidia cochinchi'nensis de Loureiro). — Probablement un Fagrœa^ suivant H. Bâillon {coupe interdite en Cochinchine).

Il y aurait cependant lieu de s'assurer par des comparaisons botaniques, si l'arbre portant le nom de trai en Cochinchine est bien celui désigné sous le même nom au Tonkin, le carac-

tère [Chu nhu) déterminatif en Cochinchine paraissant tout difierent de celui appliqué au Tonkin.

Excellent bois de nuance jaune, très dur, résistant ; peut être considéré comme un des meilleurs bois du Tonkin ; employé dans Tébénisterie.

Cet arbre atteint de grandes dimensions et se trouve en grande quantité au Tonkin et en Annam.

Le trai est connu à Singapore sous le nom de malava^ et à Bornéo sous celui de billian.

Trai mal làm luoc. — Arbre de grandes dimensions, assez rare, dont Texcellent bois jaune rouge, très dur, à grain fin, très résistant, est susceptible d'être poli comme le marbre. Il sert à faire des peignes et c'est de là qu'il tient son nom ; il est également employé dansTébénisterie et les constructions. De très grande durée, il n'est pas attaqué par les fourmis blanches. Enfin une autre espèce connue des indigènes sous le nom de irai khé donne un bon bois recherché pour les constructions.

Trdm huong. — Sous ce nom, Loureiro a désigné YAloexy- Ion Agallochum. Bois précieux, odoriférant, dont on fait des statuettes et que l'on vend au détail sous la forme de copeaux, pour être brûlé dans les cérémonies bouddhiques opérées dans les pagodes, et dans les maisons, sur les autels ances- Iraux.

2e CATÉGORIE

BOIS DE CONSTRUCTION BT DB MBNUISERIB

Bôm thi (Espèce indéterminée). — Essence peu commune, à grain fin, de couleur blanche avec de grandes veines ; peut être employé dans Tébénisterie ; donne surtout de bonnes pièces de constructions. C'est un arbre de grandes dimensions, surtout en diamètre, qui pousse ses branches à 5 ou 6 mètres de terre ; résiste aux attaques des xylophages.

Gang lié (Espèce indéterminée). — Grand arbre assez rare; se trouve dans les forêts de Ninli-binh (Tonkin) et de Thanhhoa (Annain). Son bois rouge clair, à grain fin, se polit facilement et conserve son brillant par le frottement. On l'emploie dans l'ébénistcrie et dans le charpente ; résiste aux attaques des xylophages.

INBO-GHINK ^RAI^ÇÂISË 128B

Cang kê long trung. — Arbre d'assez grandes dimensions, peu commun ; bon bois, rare, acquiert par le frottement un beau brillant qu'il conserve ; employé dans l'ébénisterie et les constructions ; ne pas le confondre avec le précédent auquel il est supérieur en beauté et en solidité ; résiste aux attaques des fourmis blanches.

Cho [Pistacia lentisciis (Linn.)? des Anacardiacées). — Sous <;e nom les indigènes désignent plusieurs variétés d'arbres dont les plus connues sont :

1* Le cho chi dont le bois à grain fin, jaune pâle, flexible, est employé dans Tébénisterie et les constructions de maisons. 11 est également employé pour les constructions de jonques et sert à faire des mâts de navires. De très longue durée lorsqu'il est immergé, il ne résiste pas longtemps aux attaques des fourmis blanches quand il entre dans les constructions sur terre,

2^* Le chô moi, assez bon bois, un peu rouge, dur, à fibres courtes, de grandes dimensions, ne résistant pas aux attaques des insectes.

Ddu ou già7i. — Le caractère {chu nhu) spécifiant les Dipterocarpus nombreux de Cochinchine qui fournissent des oléo-résines est différent de celui appliqué au Tonkin. Parmi ces essences on remarque :

l"Le gidti mâiy grand et bel arbre que Ton retrouve en petites quantités dans toutes les forêts du Tonkin. Son bois flexible, de couleur sombre un peu noire, à grain fin, acquiert un joli brillant par le frottement ; il sert à faire des meubles, des rames pour embarcations ; il est en outre employé dans les constructions ; il résiste aux attaques des xylophages.

2^ Le giâu-chay\ le caractère (chu nhu) appliqué h cet arbre au Tonkin se rapporte à celui appliqué par le P. Génibriel pour désigner le Dichopsis Krantziana (Pierre), producteur de gutta^percha en Cochinchine et au Cambodge. Si le chay du Tonkin se rapporte au chay de Cochinchine ou au Dom Thiohl Mean (Thior) des Cambodgiens, ou à une forme quelconque de Palaquium (fait dont il y a lieu de se préoccuper), il y aurait lieu d'en interdire la coupe.

Arbre de moyennes dimensions dont le bois, de bel aspect, sert dans les constructions et Tébénisterie ; ne résiste pas aux attaques des fourmis blanches.

Gie ou de (Qtiercus ilex (Lour.) des Cupulifères). — Groupe d^unc vingtaine d'arbres de ce nom dont les principaux sont :

V Le gie proprement dit, variété de chêne à tronc droit, dont la hauteur varie entre 10 et 15 mètres et dont le bois jaune rosé, dur, fournissant de très belles planches, est employé dans la menuiserie et dans la charpente ;

2** Le gie loi, arbre de grandes dimensions que Ton trouve dans toutes les forôts du Tonkin. Bon bois flexible, à jolies veines, sert dans les constructions et Tébénisterie et fait de bonnes rames pour les jonques; rarement attaqué par les fourmis blanches ;

3® Le gie den^ arbre de grandes dimensions, assez commun, bois de couleur cendré noir, flexible; les mêmes propriétés que le précédent, mais lui est cependant inférieur ;

4® Le gie canh chunh^ bon bois, un peu rouge, petites veines de bel aspect, sert à Tébénisterie et aux constructions ; attaqué par les fourmis blanches ;

5^ Le gie chang Cfig, arbre de grandes dimensions, rare, assez bon bois, flexible, dont les fibres ont certaine analogie avec celles de Taréquier ; utilisé dans les constructions et aussi pour faire des rames ;

6** Le gie càrij arbre de grandes dimensions, pas très commun; assez bon bois, servant à Tébénisterie et aux constructions ;

7^ Le gie-gai, bon bois, solide, flexible, servant à faire des mancbesd'instruments aratoires ; forme irrégulière, assez rare.

8* Le gie mo gà, arbre d'assez grandes dimensions dont le bois jaunâtre, à grain fin, flexible, sert à Tébénisterie et aux constructions ; attaqué par les fourmis blanches ;

9^ Le gie soi, arbre de grandes dimensions dont le bois médiocre est néanmoins employé dans les constructions.

Gie ou de, — M. Pierre signale deux arbres de ce nom : Tun, le Mitrephora Bousigoniana (gô gie); l'autre, le Mitrephora Thorelii (gô gie nui) des Anonacées.

Les espèces du Tonkin sont connues des indigènes sous les noms de gie dtU^ gie mit, gie gung et gie xanh. — Leur bois réputé bon est principalement employé pour la confection de véhicules et de certains meubles.

Kién. — Les indigènes du Tonkin désignent plusieurs

INI)0-CH1NK FRANÇAISE 1285

arbres sous ce nom. En Cochinchine, le kien kiên se rapporte au Hancea Pierrei^ des Diptérocarpées.

Parmi les essences connues sous le nom de kiên au Tonkin, citons :

1® Le mang kifin^ arbre de grandes dimensions, assez commun. Son bois, de nuance rouge foncé, peut servir dans Tébcnisterie, mais convient surtout dans les constructions ;

2** Le kiên giang, arbre de petites dimensions. Son bois résistant et flexible est excellent pour faire des manches de charrues et autres instruments de force ;

3" Le kién mdiy arbre assez rare, atteignant 40 centimètres de diamètre. Excellent bois, plus dur que les bois de fer, sans cœur apparent, de longue durée ; n'est pas attaqué par les fourmis blanches. Employé dans Tébénisterie et les constructions ;

4* Le kién kién, que Tabsence de donnée ne permet pas de rapprocher du Hancea Pierrei de Cochinchine, le caractère {chu nhn) étant, de plus, différent ;

5** Le vàng kién ou kién vàng, arbre de grandes dimensions, commun. Son bois de couleur jaune, un peu inférieur au mang kién, sert dans Tébénisterie et dans les constructions.

Loi (Espèce indéterminée). — Sous ce nom, les indigènes comprennent environ quinze arbres parmi lesquels :

V Le loi son, arbre rare de 40 à 50 centimètres de diamètre. Excellent bois rouge à belles veines, très dur^ dont on fait de magnifiques meubles; peut servir à plaquer; résiste aux attaques des insectes ;

2® Le loi rieng, excellent bois, très dur, de couleur rougeàtrc, servant à faire de jolis meubles ; rare ;

3® Le loi ru, arbre de petites dimensions, rare. Bon bois, jaune blanc, à grain fin et serré ; acquiert un beau brillant par le frottement ; sert surtout en ébénisterie ;

4* Le loi nhoi tia, arbre de belles dimensions qu'on retrouve en moyenne quantité dans toutes les forêts du Tonkin. Bon bois, flexible, de nuance rose foncé ; rarement attaqué par les fourmis blanches, on en fait de bonnes pièces de construction ; ne conserve pas son brillant ;

5° Le loi nhoi, arbre de grandes dimensions. Bois de même qualité que le précédent, mais moins solide et de couleur un peu brune ; joue par Tcffet de la température ;

12S6 CHAPITaE XII. — BOIS DES COLO?IIES FRANÇAISES

6** Le lâigon, arbre de grandes dimensions, assez commun dans toutes les forêts du Tonkin ; son bois roug-e, rarement attaqué par les xylopha^es, est très résistant et sert dans les constructions des maisons et des barques;

1^ Le lâithoy arbre de grandes dimensions, assez rare, dont le bois sert dans la menuiserie et dans les constructions ;

8° Le Irii Iràuj arbre de très grandes dimensions, se trouvant en assez grande quantité dans les forêts du Thanh-hoa (Annam). Bon bois de nuance brun foncé, résistant; se fendille, mais sans inconvénients pour sa résistance ; joue et se gondole par l'effet de la température; donne de bonnes pièces pour les constructions ;

9^ Le I4i jnoi, arbre d'assez grandes dimensions, rare. Bois médiocre, employé dans la menuiserie et la charpente ;

10** Le loi bom, arbre d'assez grandes dimensions, rare. Bon bois au cœur jaunâtre ; malgré sa valeur médiocre, est employé dans les constructions.

Md ou encore gô mue (Espèce indéterminée). — Arbre assez rare, atteignant au plus 6 mètres de hauteur et 0,30 à 0,40 de diamètre. Son bois très visqueux sert dans la fabrication du papier annamite, pour faire adhérer la pâte ; il doit être gardé dans l'eau pour qu'il conserve ses propriétés. Ce bois est assez cher.

Muông (Espèce indéterminée). — Sous ce terme générique, les indigènes désignent trois espèces qui sont :

V Le muông canhgiao, arbre de grandes dimensions, dont le bois rouge brun, à fibres longues et serrées, sert dans les constructions ;

2<> Le muông chim^ arbre de très grandes dimensions, assez commun; confondu souvent avec le bois de fer lim xanh auquel il est très inférieur. Assez bon bois, rougeâtre, très lourd, servant aux constructions et pouvant être employé en ébénisterie ;

3® Le muông xiiân, arbre de grandes dimensions, commun, dont le bois médiocre, léger et rougeâtre, est employé dans les constructions.

Ngai {Bignonia pentanda (Lour.)? des Bignoniacées). — Deux essences principalement connues des indigènes :

l'' Le ngat vàng, arbre de grandes dimensions que ron trouve en petite quantité; bon bois, de couleur jaune, très

difficile à scier; donne de bonnes pièces de résistance dans les constructions;

2** Le ngat xanh, arbre assez commun, dont le bois ressemblant au précédent, est supérieur en résistance et en durée.

Nghiên (Espèce indéterminée). — Arbre de dimensions moyennes, assez rare ; excellent bois, très dur, plus dur même que le lim et de nuance gris foncé. Peut être scié dans tous les sens en planches très minces ; susceptible d'être bien poli ; sert à faire des ustensiles qui exigent une grande résistance ; n'est pas attaqué par les insectes.

Oc thût (Espèce indéterminée). — De dimensions ordinaires» cet arbre est assez rare ; son bois médiocre sert à Tébénisterie et aux constructions.

Phù huong (Espèce indéterminée). — Arbre d'assez grandes dimensions, peu commun; son bois, qui possède une excellente odeur de clou de girofle, est dur et de nuance un peu rouge ; sert à Tébénisterie et aux constructions.

Sdng, — Les indigènes groupent sous ce nom une dizaine d^arbres dont les principaux sont :

1° Le sdng vai guôc, arbre de grandes dimensions ; assez bon bois, rouge, à grain fin ; sert à l'ébénistcrie et aux constructions ; il sert également à la confection des sabots et c'est de là qu'il tire son nom ;

2^ Le sdng vai, arbre de gros diamètre, mais dont le tronc, au-dessous des maltresses branches, ne dépasse guère trois mètres de hauteur ; rare; assez bon bois, rouge, à grain fin, employé dans les petites constructions et dans Tébénisterie ;

3® Le sdng chun, grand arbre dont le bois rougeâtre acquiert une grande dureté ; sert à la construction des maisons et des barque« ;

4^ Le sdng lua, arbre de grandes dimensions ; assez bon bois, de nuance blanc pôle, employé dans Tébénisterie et les constructions ; est attaqué par les fourmis blanches ;

5° Le sang gidu, bois dont on fait des planches; réputé mauvais.

Il n'est guère possible, pour Tinstant, de reconnaître les espèces botaniques groupées sous le nom de sdng. En Cochinchine, plusieurs arbres de ce nom se rapportent à des espèces rattachées aux Diptérocarpées et aux Rhizophorées. . Sbwf/jranA (Espèce indéterminée^. — Grand arbre assez

1288 CHAPITaE XII. — BOIS DES COLONIES FRANÇAISES

commun dans certaines forêts du Tonkin. Bon bois de construction, dur, de couleur foncée ; peut être placé en terre sans crainte d'attaque par les xylophages.

Sung (Espèce indéterminée). — Parmi les nombreux arbres compris sous ce nom, il y a lieu de citer :

Le snng vai, bon bois rouge, à grain fin^ dur, se polit facilement et s'emploie dans Tébénisterie et les constructions; les familles à Taise en font des cercueils ; assez rare dans les forêts de Ninh-binh (Tonkin) et de Thanh-hoa (Annam).

Thé m^c (Espèce indéterminée). — Arbre rare, dont le bois à grain fin comporte de belles veines d'un blanc pâle. Recherché par les gens riches qui en font de beaux cercueils, il est néanmoins employé dans Tébénisterie et dans les constructions.

TAe (Espèce indéterminée). — Arbre de grandes dimensions, assez commun dans la province de Ninh-binh ; bois médiocre, jaune blanc; sert dans les constructions, surtout pour faire des planches.

Thi ou hong (Diospyrosebenum...^ des Ebénacécs). — Bon bois, facile à sculpter, à grain très fin ; sert à graver les planches de caractères annamites ; atteint sous branches jusqu'à 1 m. 50 et 2 mètres de longueur. Lorsqu'il dépasse 32 ou 36 centimètres, il se forme à l'intérieur de grandes veines noires de bel aspect ; mais à partir de ce moment il ne peut plus être employé pour graver les caractères, parce que les veines sont cassantes.

Thông (Pinus... des Conifères). — Bien que le caractère (chu nhu) soit différent de celui employé en Cochinchine pour désigner les pins, il est à peu près certain que les cinq variétés connues des indigènes sous les noms de thông môc^ thông mât, thông mang, thong mang sen et thông linhy se rapportent à diverses espèces de pins et de cyprès. Le thông, assez rare, atteint des dimensions parfois considérables. Son bois résineux et assez léger comporte de belles veines ; il est employé dans les constructions et dans l'ébénisterie, mais il ne résiste pas à l'attaque des fourmis blanches.

Thua khet (Espèce indéterminée). — Grand arbre assez commun dans quelques forêts du Tonkin ; excellent bois de construction de couleur rouge foncé ; non attaqué par les fourmis blanches,

Vàng tâm vàng ou hoàfig tdm [Garcinia Yilersiana des Gut-

INDO-CHINE FRANÇAISK 1289

tifères). — Le caractère (chu nhu) est identique à celui appli* que en Cochinchine pour désigner le Garcinia Vilersiana. Suivant Pierre, c'est un arbre de 12 à 15 mètres, à écorce très rugueuse en dehors et jaune vcrdâtre en dedans ; elle contient un suc jaunâtre très abondant. Bois jaunâtre léger employé dans Tébénisterie et dans les constructions ; très facile à sculpter. Les indigènes fortunés en font des cercueils.

Sous le nom de tràm hoang^ Pierre signale un arbre de cette môme famille se rapportant au Kayea eiigeniœfolia. Cette essence, à bois rose ou rougeâtre, parait spéciale â la Basse Cochinchine.

Vàng tâm xanh (Garcinia ). — La flore forestière de

Pierre signale en Cochinchine et au Cambodge une vingtaine d'espèces de Garcinia, Il est impossible pour le moment d'indiquer d'une façon môme approximative Tessence à laquelle se rapporte effectivement le vàîig tdm xanh.

Disons cependant qu au Tonkin le vàîig tâm xanh atteint des proportions considérables, surtout en largeur. Son bois relativement léger, de nuance jaune vert, très facile à sculpter, comme le précédent, est plus recherché que celui-ci en raison de la spécialité qu'il oflPre par ses aptitudes à recevoir la laque et la dorure. Il sert à confectionner des cercueils pour les gens riches.

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