Le Ehin, de Eingen à St-Goar
Chemin de fer de la rive gauche, v. p. 207; —de la rive droite,^. 198.
Bateaux à vapeur: à la descente , 1 h. 1/4; à la montée, 2 h. 1/2- Débarcadères à Bingen, Oberwesel et St-Goar. Stations desservies par des barques: Lorch, Bacliaracli et Caub. Voir Tintrod., p. xiv.
I^ous de'signerons également ei-après par B. et Ch.les stations de bateau et de chemin de fer.
Bingen, v. p. 218. La vallée du Rhin se rétrécit tout à coup. Au-dessous de la ville se trouve le confluent du Rhin et de la Nahe. Pour le ponts de la Nahe et les gares des chemins de fer à Bingerbrùck, v. p. 219. Les bateaux n'arrêtent pas à Bingerbrùck.
JSur des rochers de quartz, qui surgissent du milieu du fleuve, s'élève le Mseusethurm, la tour des Souris.
228 V. E. 40. ASSMANNSHAUSEN. LeRhin,deBingen
Voici ce qu'en raconte la légende. Un ëvêque de Mayenee du temps de l'empereur Othon, Hatton II (m. 970), eut un jour la fantaisie, pour débarrasser les pauvres gens du fléau de la famine qui ravageait le paj's, d'en enfermer un certain nombre dans une grange et de les faire brûler comme «n'ayant pas plus de valeur dans ce bas monde que les souris qui s'attaquent au froment». Depuis lors, les souris ne lui laissèrent plus de repos. Elles le poursuivirent jusque dans la tour qu'il s'était fait construire au milieu du Rhin pour leur échapper, et ce fut là qu'il rendit l'âme , dévoré par ces animaux.
La tour servait déjà dans les temps reculés de tour du guet, et son nom vient plutôt du vieil allemand musen (pron. «mousen»), guetter. Les ruines ont été restaurées en 1856 et il y a une vigie : en amenant le drapeau, on annonce aux bateaux descendant le fleuve qu'un bateau montant se trouve engagé dans le trou de Bingen (v. ci-dessous).
A dr., le château d'Ehrenfels , bâti en 1210 et souvent habité au xv^ s. par les archevêques de Mayenee. Fortement endommagé par les Suédois en 1635, il a été détruit par les Français en 1689. Les deux tours sont réunies par un haut mur du côté de la montagne, par où l'on pouvait attaquer le château.
Le versant S. du Niederwald produit l'excellent vin appelé Rûdesheimer-Berg (montagne de Rûdesheim). On y a construit des terrasses pour maintenir la terre sur cette hauteur escarpée (angle d'env, 40 degrés). Toute la montagne est entourée de murs de soutènement, et le soin dont les vignes sont l'objet, atteste le prix qu'on attache à leur produit (p. 215). La tradition rapporte que Charlemagne ayant remarqué, de son château d'Ingelheim (p. 207) , que les neiges fondaient plus tôt sur la montagne de Riidesheim , y fit planter des ceps de vigne qu'il avait fait venir d'Orléans.
A quelques pas en aval du château d'Ehrenfels se trouve le fameux Bingerloch ou troii de Bingen, courant très rapide en raison des rochers qui le resserrent étroitement, et à l'élargissement duquel on a travaillé depuis les Romains jusqu'à nos jours, en dernier lieu de 1830 à 1832, comme le rappelle un monument sur la rive g.
A dr., Assmannshausen (Ch.). — ITôtels: *Krone (pens., Qc/IC.-^ bon vin); *Anker (pens., 5 Ji. 50); Reutershaji; Germania; Lamm^ simple, tous au bord du Rhin; Burg Rheinstein, non loin de la gare; Niederwald^ dans le village, simple.
Chemin de fer du Niederwald^ v. p. 217.
Bakques: -ç oviv Rheinstein, 1 à 5 pers., i di-^ pers. en plus, 20 pf.; aller et retour, avec 1 h. d'arrêt, le double; pour Riidesheim ou Bingen- Bingerbriick, 1 à 6 pers., 3 c4(. 50 ; pers. en plus, 50 pf. ; aller et retour, la moitié en sus; pour Lorch, 1 à (3 pers., loM.ôO-, pers. en plus, 60 pf. ; aller et retour, la moitié en sus.
Assmannshausen (80 m.) est un village d'env. 1000 hab., célèbre par son vin rouge aromatique. Une source d'eau thermale lithinoalcaline (25^ 5 R.), que les Romains utilisaient déjà pour des bains, à 5 min. en aval du village, a été captée de nouveau en 1864. On y traite la goutte et le rhumatisme. Bonne *pension dans le joli
à St-Goar, RHEINSTEIN. V. B. 40. 229
Curhaus: 5 c/fl. par jour, ch. à partir de 2 o/^ 50, bains de 2 à 3 c/fl: Curtaxe: 1 pers., 10 c//i\ autre pers, de la famille, 5 cM.
La rive dr. n'offre rien de bien remarquable jusqu'à Lorch. Les montagnes tombent presque à pic; elles sont couvertes de vignes dans le bas et de forêts dans le haiit. C'est dans un ravin voisin que se récolte le bon vin de Bodenthal.
A g., sur un rocher à pic, à 80 m. au-dessus du Rhin, le château pittoresque de *Klieinstein, d'origine inconnue, mais dont il est fait mention dès 1279. Cuno deFalkenstein, électeur de Trêves, y résida souvent à partir de 1348; plus tard, son nom ne figure plus dans l'histoire. La belle construction actuelle a été élevée de 1825 à 1829, par le prince Frédéric de Prusse. Tout en suivant un autre plan, on a su tirer un heureux parti des ruines de l'ancien château. La chapelle, au S., renferme le tombeau du prince (m. 1863). Rheinstein est un des plus beaux spécimens de château fort du moyen âge. Il y a une collection d'armes et d'antiquités (entrée: une pers.,
I <y//.] plusieurs, 50 pf, ; une société de 20, 30 pf. chacune). La vue est peu étendue.
A g., un peu plus loin, la chapelle St-Clément, petite construction de la fin de l'époque romane, restaurée de nos jours. On n'en connaît pas l'origine; elle a probablement été construite par les chevaliers de Waldeck, pour le repos des âmes des chevaliers qui avaient péri dans la guerre de destruction contre les seigneurs pillards de cette contrée, sous l'empereur Rodolphe de Habsbourg.
II y a à l'intérieur des stalles du style gothique.
A g., sur une hauteur, les ruines du château de Reichenstein, ordinairement appelé Falkenbourg-, que les Français firent sauter en 1689. La confédération des villes rhénanes avait détruit ce nid de brigands en 1252, mais Philippe de Hohenfels l'avait rebâti dès 1261, et continuait à détrousser les voyageurs; l'empereur Rodolphe de Habsbourg l'assiégea et le prit, comme plusieurs autres châteaux du même genre dans le voisinage, et il en fit pendre sans miséricorde tous les brigands, chevaliers ou non. Les ruines appartiennent au général de Rehfuss , qui en a fait restaurer une partie.
Au pied de la hauteur débouelie la *vallée du Morgenbaeh, qui, bien que longue à peine d'une denai-lieue, est un des vallons les plus pittoresques des bords du Rhin.
A g., en aval du village de Trechtlingshausen (Ch. ; aub. Zum Stern), la vallée s'élargit un peu. Au-dessus d'une gorge se dresse la tour élancée du château de *Sooneck, bâti en 1015, détruit aussi par Rodolphe de Habsbourg, puis reconstruit au xiv® s. et restauré depuis 1834; il appartient à l'empereur Guillaume.
La vue s'étend d'ici jusqu'à Bacharach.
A g. se montre bientôt le long village de Mederheimhach (Ch. et B. ; aub.: Schiffchen; Pfselzer Hof), dominé par la tour massive du château de Hoheneck, ordinairement appelé Heimbourg, du xiii^ et du xiY^ s., restauré depuis peu.
230 V. R. 40. LORCH. Le Rhin, de Bingen
A dr., lorch (B. et Ch.). — Hôtels-. *Schwan, à l'extrémité supérieure, avec jardin sur le bord du Rhin (eh. et déj., 2 JC. k2 oK 50; dîn., 2<^/i;;50; bon vin et bonne cuisine; pens., 5J(.; très fréquenté en été); — Krone, bon.
Lorch, t)Ourg de 2152 hal>. , s'étendant sur le bord du fleuve, est peut-être le Laufeacum des Romains , mentionné dans des documents de l'an 832. C'était au moyen âge la résidence d'une noblesse nombreuse, qui y «vivait comme au paradis». Sa haute e'glise gotli. du xii® s., qui a la plus belle sonnerie du Rheingau (p. 211), a été soigneusement restaurée depuis 1876. Elle possède un maître autel remarquable par ses sculptures du style flamboyant, de jolis fonts de 1464 et plusieurs monuments de familles nobles du Rbeingau (Waldeck, Breitenbacb, Ascbbacb), entre autres celui du feld-maréchal Jean Hilchen de Lorch, qui se battit vaillamment contre les Turcs et contre les Français, en 1542 et 1544. La maison à cinq étages qu'il habitait, jolie construction dans le style de la renaissance et ornée de sculptures, est située à peu près au milieu du bourg; elle appartient au baron de Hausen.
A dr., plus bas que Lorcb, sur la rive droite de la Wisper, qui se jette ici dans le Rhin, à 177 m. au-dessus du fleuve, se dressent les ruines du château de Nollingen, qui existait déjà en 1110. Sur le coteau du S.-O. se voit une crête rocheuse appelée Teufelsleiter, l'échelle du Diable. La légende raconte qu'un chevalier de Lorch y monta à cheval et parvint ainsi à conquérir la main de sa dame.
Dans la vallée de la Wisper, il v a une route menant à Sehwalbaeh: 33 kil. ; voit, à 1 chev., 20 cS., à 2 ehev., 30 <^. ; 25 et 35 aller et retour. Elle passe par la Kammerberger-Miihle {2'h..) ^ Lauken-Afuhle (45 min.) et Geroldstein (.45 min.), à 17 kil. de Lorch. Elle quitte V2 li- pl^s loin la vallée de la Wisper pour passer dans les vallées de Fischbach et de Dornbach. La vallée de la Wisper est connue pour le vent froid qui y règne, dans la direction du Rhin.
Dans la vallée de la Sauer ^ qui deT)ouche à 1/4 d'h. à l'E. de Lorch dans celle de la Wisper, se trouvent, à 1 h. 1/2 ^^ Lorch ou de Caub, les ruines considérables de la solide forteresse de Sauerbourg, mentionnée d'abord en 1339, qui devint plus tard la propriété des Sickingen, et que les Français firent sauter en 1689. Le dernier descendant direct du célèbre chevalier de Sickingen (p. 222) est mort près de là en 1836, à la ferme de Sauerberg, dans le plus profond dénûment. Dans le cimetière de Sauerthal, à été érigée une croix avec les armes des Sickingen et une inscription, «par un ami de l'histoire nationale.»
A dr., à l'embouchure du Retzhach, le petit village de Jjorchhausen, avec une église gothique neuve.
A g., sur un escarpement au-dessous de Rheindiehach , les ruines du château de Fiirstenberg , que le comte palatin reçut en fief de l'archevêque de Cologne en 1243. L'empereur Adolphe, se rendant à Aix-la-Chapelle pour y être couronné, en 1292, fut retenu ici de force parce qu'il refusait le péage. L'empereur Louis V s'empara du château en 1321 , parce qu'il le trouva au pouvoir de son rival Frédéric le Bel d'Autriche. 11 fut encore pris par les Suédois en 1632 et détruit par les Français en 1689.
àSt-Goar. BACHARACH. V. IL 40. 231
A g., au-dessus deBacharacli et jusque dans la vallée, les vastes ruines de l'ancien château bien fortifié de Stahleck, bâti vers 1156 et résidence des comtes palatins jusqu'en 1253 (p. 34). Pendant la guerre de Trente-Ans. de 1620 à 1640, le château fut assiège et pris huit fois par les Français ; ce sont eux aussi qui l'ont détruit, lors de la dévastation du Palatinat, en 1689. Les ruines sont entourées de plantations d'agrément. La vue est belle, mais restreinte.
A g., Bacharach. — hôtels: *Wasum, à la gare, avec un grand jardin (eli. et déj., 3 oU. ; pens.); Bastian (ch., 1 c4i.20-^ dîn., 1 Jl.20 à 1 J{: 50); Lippert, recommandé (cli., s. et b., 1 J(. 30; déj., 50 pf.; pens., 3 c^f. 50); Zum £liic?ierthal, dans la ville.
Bacharach (B. et Ch.) est une petite ville de 1840 hab., à l'entrée de l'étroite vallée deSteeg, dominée par le château de Stahleck, au pied duquel on aperçoit l'église St-Verner. Des murs du moyen âge, avec des tours ouvertes par derrière, espacées de 100 à 150 pas, descendent du château et entourent encore presque toute la ville ; ce sont de bons spécimens des fortifications de ce temps-là, généralement bien conservés.
Bacharach, nommé Bachercho en 1019 et Bagaracha en 1140, était jusqu'au xvi^ s. le principal entrepôt des vins du Rheingau, et c'est plutôt à cela qu.'à son propre cru qu'elle a dû sa célébrité. Cependant ses vins des vallées de Steeg, d'Oberdiebacfi et de Manuhach sont estimés. Le pape Pie II ( iEneas Sylvius) faisait venir tous les ans à Rome un foudre de vin de Bacharach, et l'empereur Yenceslas délia la ville de Nuremberg de ses redevances envers lui moyennant quatre foudres du même vin.
Au milieu de la ville, là où commence le chemin de la vallée de Steeg (v. ci-dessous), s'élève l'église St-Plerre, restaurée depuis 1872. C'est un édifice aux belles proportions, dans le style de la fin de l'époque romane, avec un chœur circulaire, deux tours rondes à l'E. et une carrée à l'O., et sous cette dernière, un beau narthex du style ogival primitif. Il y a aussi un riche portail au N.
Sur une petite éminence où l'on monte du côté S. de St-Pierre, s'élèvent les ruines isolées de l'église "^'St -Verner, aux belles arcades en grès rouge. C'est un édifice du style gothique le plus gracieux, en forme de feuille de trèfle, bâti en 1293 et restauré au XV® s. Il n'existe plus que les deux tiers de la construction primitive. L'intérieur est occupé par un cimetière. St Verner, à qui l'église est dédiée, était, selon la tradition, un enfant qui fut tué par des Juifs après 1286 , et dont le corps flotta sur le fleuve, en remontant le cours de l'eau, d'Oberwesel (p. 233) à Bacharach. C'est au-dessus de cette église, à 10 min. de là, qu'est situé le château de Stahleck (v. ci-dessus).
On peut faire une belle promenade en remontant la vallée de Steeg ou de Blucher, dans laquelle Bluelier, après le passage du Rhin (p. 232), se dirigea vers le Hunsriick, à la poursuite d'un détacliement de l'armée française. Au bout de 20 min., on est à Steeg ^ village connu par son excellent vin. A l'extrémité supérieure de ce village à 40 min. de Bacharach, on remarque à dr. sur la hauteur les ruines du vieux château de
232 V. E. 40. CAUB. Le Bhin, de Bingen
Stahlberg, qui appartint jadis aus comtes palatins, comme ceux de Stahleek et de Fiirstenberg (p. 230).
Bientôt le fleuve change de direction. On y voit apparaître tout à coup, au milieu des eaux, la Pfalz (Palais) ou le Pfalzgrafenstein , petit château rebâti au xiv^ s. C'est une construction hexagone, sur un des récifs qui s'élèvent dans le Rhin, avec une tour principale pentagone du xiii^ s., couverte d'une toiture hideuse. Il était destiné à la perception du péage sur le Rhin. L'intérieur n'offre rien de remarquable: la clef est chez le batelier de Caub, qui y conduit (50 à 75 pf.).
C'est ici que, dans la nuit du 31 déc. 1813 au 1^^ janv. 1814, l'armée de Silésie, composée du premier corps d'armée prussien sous York et d'un corps d'armée russe sous Langeron, effectua le passage du Rhin sous les yeux de Blucher.
A dr,, Caub (215 m.; Ch. etB.: hôt. : Zum Griinen Wald, recommandé; Adler : Zu7n Thurm) , ville ancienne, de2179hab., ayant encore une partie de son enceinte du moyen âge. Elle fait un commerce de vin assez considérable, et c'est le centre de l'exploitation des ardoisières des bords du Rhin. Cette exploitation se pratique comme celle des mines , surtout depuis que l'ancien gouvernement du duché de Nassau, pour favoriser une branche d'industrie si importante, a fait creuser de profondes galeries dans la montagne. On peut facilement visiter l'ardoisière dite Wilhelm- Erbstollen: permission â Caub chez le contre-maître Kern: petit pourboire. Les ardoises sont fendues sur place dans un grand bâtiment spécial. Un éboulement de montagne a détruit plusieurs maisons et enseveli 25 personnes le 10 mars 1876. D'autres survenus en 1878 n'ont pas entraîné d'accident, et l'on a paré à de nouveaux dangers en empêchant les amas d'eau dans la montagne.
A dr. , sur la hauteur, le beau château de Gutenfels, vendu en 1277 avec la ville de Caub, par les seigneurs de Falkenstein, au comte palatin; il n'a été détruit qu'en 1807. C'est à Gutenfels, dit-on, que le comte Richard de Cornouailles, nommé empereur d'Allemagne en 1257, fit la connaissance de la comtesse Béatrice de Falkenstein, qu'il épousa en 1269, après la mort de sa première femme. Le Landgrave Guillaume de Hesse assiégea vainement ce château pendant six semaines en 1504, mais il fut pris en 1647 par le général Mortaigne, de Hesse-Cassei. Pour le visiter, il faut en demander la clef dans la ville : s'informer de l'adresse dans un hôtel.
A g., dans le lointain, les ruines considérables et pittoresques du château de *Scliœnbourg, construit vers le xii® s. , avec quatre grosses tours dites beffrois (Bergfriede). C'est le berceau d'une famille autrefois très illustre, qui s'est éteinte en 1713, et à laquelle ont appartenu plusieurs des plus célèbres guerriers duxvi^et duxvii^s., en particulier le comte Frédéric Hermann de «Schomberg», maréchal de France, duc et grand de Portugal, duc et pair d'Angleterre (m, 1690). Ce château fut pris par les ^Suédois durant la guerre de
à St-Goar. OBERWESEL. V. E. 40. 233
Trente- Ans et ravagé par les troupes de Louis XIV en 1689, comme celui de Stahleck. Pour le visiter d'Oberwesel, suivre le chemin au S. de l'église Notre-Dame, et prendre à env. 10 min. de la gare, à dr., un sentier, qui conduit aussi en 10 min. sur la hauteur.
A g., Oberwesel (B. et Ch.). — hôtels: Rheinischer Hof, en face du débarcadère des bateaux et à côté du chemin de fer, mais à 4 min. de la gare; Goldener Pfropfenzieher^ à l'extrémité inférieure de la ville, un peu à l'écart (ch., 1 Ji. 50; dîn., 2 JL ; pens., 3 JC. 50); Deutsches Haus^ sur la route.
Oberwesel est une ville ancienne de 2545 hab., la Vosavia des Romains, selon la carte de Peutinger. Elle fut d'abord ville impériale, puis elle appartint, dès le xiv^ s., à l'électorat de Trêves. Avec ses églises , son mur d'enceinte avec des tours à créneaux comme à Bacharach (p. 231), et les ruines du château de Schœnbourg qui la dominent, Oberwesel est un des endroits les plus pittoresques des bords du Rhin.
A l'extrémité S. de la ville, où l'on aperçoit de loin ses murs de grès rouge, se dresse la belle église goth. de * Notre- Dame (Frauenkirche ou Stiftskirche), construite de 1307 à 1331. Elle est sans ornement à l'extérieur; mais le chœur et la grande nef se distinguent par leurs proportions élancées.
Intérieur. Le jubé du xiv^ s. qui sépare le chœur et la nef, est particulièrement digne d'attention. On remarque aussi les belles sculptures en bois du maître autel et deux tableaux peints, dit- on, en 1504, par Pierre Lutern, chanoine de l'église. L'un d'eux, qui se trouve à l'autel de la chapelle du N. , représente l'arrivée des 11000 vierges; l'autre .au mur de la nef du N., a pour sujets une série de petites scènes tirées de l'Apocalypse, représentant la fin du monde et le jugement dernier. On voit également dans la chapelle du N. les pierres tumulaii-es de plusieurs chevaliers comtes de Schœnberg, du style de la renaissance. A rO. se trouve le monument du chanoine Lutern (m. 1505), du style ogival tertiaire. Aux piliers, des peintures murales de l'époque gothique, récemment découvertes sous le badigeon.
La chapelle goth. sur le mur d'enceinte du côté du Rhin est dédiée à St Verner (p. 231). L'hôtel de ville, construit en 1849, est un bâtiment goth. à créneaux en grès rouge, dominé pa rune tour. A l'extrémité inférieure de la ville, la grosse tour ronde dite Ochsenthurm (tour des Bœufs), couronnée de hauts créneaux; elle faisait autrefois partie des fortifications.
Sur une hauteur, l'église St-Martin, du style ogival tertiaire, avec une tour flanquée de tourelleS; semblable à un donjon. Elle possè deune chaire en bois de la renaissance (1618), une statue dorée de Ste Anne avec la Vierge, de l'époque goth. ; des reliquaires avec de petits bas-reliefs représentant des scènes de la Passion, un retable avec des peintures dans le genre de Wohlgemuth, etc.
Les vallées rocheuses qui s'étendent d'Oberwesel dans l'intérieur des terres, surtout celle ([''En g eh œil, près du château de Schœnbourg, produisent un vin qui a beaucoup de bouquet.
Après avoir contourné le Rossstein, rocher de la rive dr. qui s'avance à angle droit et que traverse un tunnel du chemin de
234 V. R. 40. LA LURLEI. Le Rhin, de Bingen
fer, le fleuve court vers un groupe de récifs visibles quand l'eau est basse, les Sieben Jungfrauen (sept vierges). Les bateliers racontent que ce sont des filles du château de Scliœnbourg que le dieu du fleuve, pour les punir de leurs dédains., métamorphosa en rochers. Le lit du Rhin se rétrécit ; c'est l'endroit où il est le plus resserré et le plus profond ; il y a jusqu'à 23 m. d'eau en amont delaLurlei. Des deux côtés, des montagnes rocheuses taillées à pic.
A dr., un énorme massif de rochers se dresse à une hauteur de 132 m. au-dessus du Rhin; c'est la fameuse *Lurlei ou Lorelei. On connaît la légende de l'enchanteresse qui habitait ce rocher et attirait les passants par la douceur de son chant, jusqu'au jour où elle-même, vaincue par l'amour , se précipita dans le fleuve. Un des chants les plus populaires de l'Allemagne est précisément celui qui a été inspiré par cette légende à Henri Heine (1823) : «Ich weiss nicht, was soU es bedeuten, dass ich so traurig bin, etc.» — Il y a au N., au tunnel du chemin de fer, un sentier escarpé, avec des gradins et des bancs, qui conduit en 25 min. au sommet; la vue y est peu étendue.
C'est au pied de la Lurlei qu'on pêche les célèbres saumons de St- Goar. Il semble que le saumon aime cet endroit profond, frais et peu accessible aux rayons du soleil, et qu'il le recherche aussi à cause de son fond sablonneux. En hiver, on l'expédie au loin. Les petits renfoncements du rocher sont, à raison de la tranquillité de l'eau, particulièrement favorables à la pêche. Les pêcheurs guettent le saumon dans de petites barques couvertes et pourvues d'une seule ouverture, et l'enlèvent vivement aussitôt qu'il s'est aventuré au-dessus des filets. Autrefois , le produit de cette pêche était de 8000 livres par an; il est maintenant considérablement réduit, le bruit des bateaux à vapeur, des chemins de fer, etc., ayant chassé le poisson. Suivant la saison, le prix de la livre de saumon varie sur place de 2 à 3 c/fi.
A g., en face de la Lurlei, trois tunnels du chemin de fer la rive g.
Plus loin se montrent, à dr. St-Goarshausen, à g. St-Groar.
A dr., St-Goarshausen (Ch,). — Hôtels: *Adlei\ deux maisons avec jardin (ch., s. et b., 2 Ji. 50; déj., 1 c4i ; dîn., 2 Jl. 50; voit, pour Eeiehenberg, 8 JC.); — Lamm (dîn., 2 c4i ; pens., 4 JC. 50); Nassauer Hof, recommandé (ch., 1 cK 50; dîn., 2 céi.) ; Rheinischer Hof (bon vin). — Bac À vapeur pour St-Goar, 10 pf.
St-Goarshaitsen (218 m.) est une petite ville de 1456 hab., composée presque uniquement d'une rangée de maisons neuves. Elle est en partie si près du Rhin, qu'on l'a de bonne heure garantie par une forte muraille, d'où s'élèvent deux vieilles tours. Avant la construction du quai, ces murailles et les galeries qui y sont adossées formaient, pendant les crues du Rhin, la seule communication entre les maisons de ce quartier. Il y a une église protestante moderne du style roman. St-Goarshausen convient bien pour un séjour. — Voir la carte p. 236.
A dr. , à mi-côte, au-dessus de St-Goarshausen, se voit le château de Neu-Katzenelnhogen , ordinairement appelé la Katz (le Chat), bâti en 1393 et propriété des comtes de Katzenelnbogen jusqu'à la mort du dernier, en 1470, époque où il passa à la famille
àSt-Goar. ST-GOAR. V. B. dO. 235
de Hesse. Il était encore occupé en 1804 par une garnison de la Hesse électorale, lorsque les Français s'en emparèrent et le firent sauter. Aujourd'hui, les ruines sont en partie restaurées à l'intérieur. Le gardien y est ordinairement; sinon demander la clef au Rheinische Hof , à St-Goarshausen (50 à 75 pf.).
Le *Schweizerthal (vallée suisse), qui débouche dans le haut de St- Goarshausen. (passer sous le chemin de fer à g.) et s'étend à 3/4 d'h. de distance, est une jolie vallée avec des rochers, des cascades, de beaux bois et quelques plantations d'agrément. A g., dans le haut, sur le bord du coteau planté de vignes , le village de Patersberg (344 m.), où l'on monte en 30 à 40 min. de St-Goarshausen, par un chemin assez escarpé. Il faut le même temps pour aller de Patersberg à Reichenberg (v. ei-dessous). — Si Ton veut aller du Schweizerthal à la Lurlei, suivre la route de voitures dans la vallée, pendant env. 25 min., jusqu'à la Zœllners-Milhle. A ce moulin, un poteau indique à dr. la direction du Mœnnchen (vue sur le Schweizerthal); on continue de suivre le chemin principal, et Ton rencontre enfin un autre poteau qui montre à g. le chemin de la Lurlei et à dr. celle de la Katz. 15 à 18 min. plus loin est le pavillon du -Htlhnerberg, d'où l'on a une vue magnifique du bassin de St-Goar. Il y a encore 35 min. du poteau à la Lurlei, difficilement reconnaissable de cet endroit, et dont on atteint le sommet après un autre 1/4 d'h. On redescend de là au Ehin par le sentier mentionné p. 234, et l'on est en 25 min. à St-Goarshausen. Toute l'excursion, de St-Goarshausen à la Lurlei par le Hiihnerberg, retour et temps d'arrêt compris, demande 2 h.
On pourra faire une très belle "■■excursion au château de Reichenberg , à 1 h. ou 1 h. 1/4 de St-Goarshausen, dans l'intérieur des terres. Le chemin des voitures (route de Nastœtten ; voit., p. 234) passe par la vallée du Haselbach, qui débouche au-dessous de St-Goarshausen: on y rencontre une brasserie. A pied par le Schweizerthal jusqu'à Patersberg (v. ci-dessus) et de là à Reichenberg, on met également environ 1 h. i/4. Le mieux est d'aller par la vallée du Haselbach, en prenant à dr. de l'entrée par la promenade garnie de bancs, qui suit les détours de la route située plus bas et la rejoint un peu avant Reichenberg. Au retour on ira par 1' Offenthaler-Hof^ ferme située à 30 min. au S. de Reichenberg, sur une hauteur, puis par l'extrémité supérieure du Schweizerthal, dans la direction de la Lurlei. Il n'y a pas dans le haut de chemin descendant par In vallée.
Le château de ■■Reichenberg, construit en 1284 par le comte Guillaume l^i" de Katzenelnbogen, résidence de l'administrateur du comté sous le gouvernement hessois, vendu en 1818 pour être démoli et cependant mieux conservé que la plupart des autres châteaux du Pi,hin, est une construction grandiose, avec une haute tour. L'entrée de la vaste cour de ce château produit un effet surprenant. On y voit à g., encadrée de deux colonnes de granit, la porte principale par où l'on arrive dans l'intérieur. Les pièces voûtées du rez-de-chaussée sont particulièrement bien conservées. Le château, nouvellement restauré , est la propriété du baron d'Œttingen, de Courlande (guide, 50 à 75 pf.). Quelques pièces sont ornées de vieilles armes, d'armures, d'ustensiles divers, etc. La chapelle était à trois étages; l'entablement entre chacun d'eux est détruit, mais les colonnes romanes sont encore debout, les unes sur les autres, et celles du haut supportent une voûte en ogive. La tour, où l'on a établi un escalier en bois, offre une belle vue. Une seconde tour, à l'E., est à moitié détruite; elle était reliée à la première par un haut mur de défense. — Reichenberg, au pied du château, est un misérable village.
A g., St-Goar (B. et Ch.). — Hôtels: *Schneider, à l'extrémité inférieure de la ville; Rheinfels, au quai des bateaux à vapeur, avec restaur. ; Lœwe. — Bac à vapeur pour St-Goarshausen, 10 pf.
St-Goar, chef-lieu de cercle, comptant 1453 hab., est de toutes