V. E. 40. RHEINFELS
les petites villes du Rhin celle qui offre l'aspect le plus imposant, relevé encore par les ruines de la forteresse de Rheinfels , sur une hauteur d'où descendent des murs garnis de tours, qui l'enceignent et se prolongent en partie jusqu'au bord du fleuve. Cette ville s'est formée autour de la chapelle dédiée à St Goar, qui prêcha ici l'évangile, du temps de Sigisbert, roi d'Austrasie (570), et que les bateliers invoquaient de préférence dans les moments de détresse. Jusqu'en 1794, St-Goar fut le chef-lieu du comté inférieur de Katzenelnbogen, qui faisait partie de la Hesse électorale ; le comté supérieur était au S. de Mayence.
Xj^é'glise evangetîque, achevée en 1469, renferme quelques monuments remarquables de princes hessois, entre autres celui du landgrave Philippe (m. 1583) et de sa femme, monument en marbre orné de leurs statues, mutilées par les Espagnols dans la guerre de Trente- Ans. La crypte à l'E., où reposaient jadis les ossements de St Goar, sert aujourd'hui à remiser les pompes à incendie. — Jj' église catholique, avec une vieille sculpture représentant l'ermite St Goar et portant l'inscription: «S. Goar monachus ohiit 61U, appartenait jadis à un collège de jésuites, ainsi que le presbytère. — On a construit un nouveau port en aval de la ville.
A g. , les ruines considérables de la forteresse de *Ilheiiifels (115 m. au-dessus du Rhin). Un chemin très commode, ombragé de noyers, y conduit du bas de la ville en V4 d'h., en passant sous le chemin de fer, non loin de l'hôtel Schneider et de la brasserie Zur Rose. Cette forteresse fut construite en 1245 par le comte Diether III deKatzenelnbogen, l'ami del'empereurFrédéricII, et la conséquence en fut l'établissement d'un nouveau péage sur le Rhin. Dix ans plus tard, vingt-six villes du Rhin se liguèrent (p. 189) pour forcer le comte à renoncer à ce péage; mais elles ne purent prendre le château malgré un siège de quinze mois. Dans la suite, Rheinfels passa à la maison de Hesse, et il fut considérablement renforcé en 1538, sous le landgrave Philippe le Jeune. La forteresse fut investie en 1692 par une armée française de 24000 (?) hommes, sous le général comte deTallard; mais elle fut courageusement défendue par le général hessois de Gœrz, et les assiégeants éprouvèrent de grandes pertes sans atteindre leur but. Mais en 1758, le régiment français de St-Germain, commandé par le marquis de Castries, se rendit maître du fort, alors très faiblement défendu, et il l'occupa jusqu'en 1763. Trente ans plus tard, en 1794, bien que les ouvrages en eussent encore été renforcés , Rheinfels fut livré aux Français par le commandant hessois von Resius, qui abandonna tous ses canons et toutes ses munitions et se retira sur la rive droite du Rhin à l'approche des éclaireurs de l'ennemi. Enfin la forteresse fut démantelée par les Français trois ans après et vendue en 1812 pour 2500 fr. Les ruines appartiennent depuis 1843 au roi de Prusse. La vue y est belle, quoique restreinte; la Katz (p. 234) et la Maus (p. 237) en forment les limites. Le gardien,