‹ Les bords du Rhin de la frontière suisse a la frontière de HollandeChapitre 124 sur 155 · Montagnes volcaniques de l'Eifel · texte numérisé non relu

Montagnes volcaniques de l'Eifel

Plan de voyage, — I. Ek partait de la ligînE de la Moselle, l^'' jour : de Bullay au Marienbourg (p. 268), 20 min. ; à Alf (p. 268), I/2 ^■}, à Bertrich 2 b. ; visite des environs dans l'après-midi. — 2^ jour: à Èontheim^ 3/^ d'b. ; à Strotzbusch, 1 h. 1/2 ; à Strohn ., V2 b. i visite des environs de Strohn, 3/4 d'b. ; à Gillenfeld.^ ^/2 li- i à Alanderscheid par Eckfeld et le Belvédère., 2 h., et au Mosenberg., si Ton n'est pas trop fatigué. — Séjour: à Daun.^ •par Bleckhausen et Vedersdorf (2 b. ; route peu intéressante jusqu'à cet endroit), en tout 4 h. ; visite des environs de Daun dans l'après-midi. — 4^ jour: a, Pehn par V Erensberg ou le Scharteberg.^ 4h.^ à Gerolstein.^ par le Casselbourg., i b. 1/4- — 5® jour: à Kyllbourg^ et continuation de la route en chemin de fer.

II. De la ligne de l'Eifel. l^^jour: en chemin de fer a Eillesheim ou Gerolsiein, v. p. 290; à pied à Bewingen ou à Pelm et de là aux ruines du Casselbourg, 1 h. 1/2 (v- p. 290); à pied en 4 b. ou en voiture en 2 h. I/4 à Daun., et chemin faisant, selon qu'on a plus ou moins de temps, ascension de V Erensberg et du Scharteberg . — 2^ jour: à Gillenfeld par Gemiinden, les lacs de Daun, le Mœuseberg, 2 b. 1/4; au Pulvermaar , aller et retour, 3/4 d'b.; à Strohn et à Sprink , lb.1/4; à Manderscheid par le Belvédère, 2 h. 1/4. — 36 jour: à Bittenfeld par le Mosenberg., 1 h. V2; à, Eisenschmiit, 1 h. 1,2; puis à pied en 3 b. ou en voiture en 1 h. I/21 P^^^ Himmeroth et Gross-Litgen, à Wittlich (p. 267), à 3/4 d'b. de la stat. du même nom. — Si l'on ne connaît pas Kyllbourg, on ira d'Eisenschmitt.

BERTRICH. VI. E. 51. 293

L'Eifel est un plateau situé entre la Moselle, le Rhin et la Roer, de 70 à 80 kil. de longueur et 40 de largeur. On la divise en Haute -Eifel^ à l'E. , près d'Adenau et de Kelberg, où l'on remarque la Hotte -Actit (735 m.), le Nurbourg (665 mj, TAremberg (630 m.) et TErensberg (691 m. ; p. 291); en Schneifel («Schnee-Eifel» Eifel neigeuse), à l'O. , près de Priim, et en Eifel antérieure ou Eifel volcanique, près de Gerolstein, Daun, Mandersebeid et Eertricb (v. ci -dessous) et s'e'tendant jusqu'au Rhin (lac de Laach, p. 308). Le pays est généralement stérile et inculte, mais il est riche dans certaines parties en beautés naturelles, surtout dans l'Eifel antérieure, qui est de plus excessivement curieuse au point de vue géologique, à cause des traces évidentes d'anciens volcans qu'on y remarque : cratères, en partie remplis d'eau et qui s'appellent «Maare», une des particularités les plus caractéristiques de l'Eifel; énormes masses de scories, coulées de lave, etc. On peut recommander au géologues le Guide de Dechen, dit Fiihrer durch die Vorder eifel (Bonn, chez Cohen, 2 Ji). — Les auberges sont ordinairement simples, mais bonnes et pas chères. On paie en moyenne 3 céC. pour le souper, la chambre et le déjeuner.

D'Alf a Beetrich, 9 kil., omnibus plusieurs fois par jour, pour 1 c/fi\ voit, à 1 chev., ô c/i; k 2 chev., 8 o/<( et au- dessus, plus un pourboire. — Alf, v. p. 268. On remonte d'abord la vallée de VAlf. A 1/2 h. de distance, près d'anciens laminoirs, cette rivière se grossit de r Uesbach, dont la route suit la profonde vallée jusqu'à Bertrich. Au sommet de la montagne, les ruines dn château d'Arr as , qui, selon la tradition, fut construit après 938 par l'archevêque de Trêves, pour un charbonnier et ses deux fils, qui s'étaient distingués par leur bravoure, sous la conduite du comte palatin Hermann, dans une guerre d'extermination contre une bande de Hongrois.

Bertrich (160 m. ; hôt. : *Pitz, à côté du Curhaus [dîn., 2 c/fl. 50] ; *Adi€r [dîn., 2 Ji] ; '^Klerings [dîn., 2 Ji] ; ^Schneider, de 2^ ordre) est un bain fréquenté annuellement par un millier de personnes. Pour la vertu de ses eaux, surtout efficaces contre la goutte, les rhumatismes, les maladies des nerfs, du foie et des intestins, on peut l'appeler un «Carlsbad mitigé». Les sources, alcalines et à la température de 26*^ R., alimentent les bains du Curhaus , une trinkhalle et un établissement spécial pour les pauvres, Bertrich occupe un site charmant dans la vallée de l'Uesbach , qui s'élargit à cet endroit et qui est entourée de hauteurs boisées. Il y a de belles promenades, A l'E,, une petite colline, nommée le i?œmerfeesseZ; où l'on a trouvé des antiquités romaines, maintenant dans le jardin du Curhaus, Il y a sur cette colline une chapelle e'vangélique.

A env. 10 min. à l'O. de Bertrich, la route traverse PUesbach sur un pont qui conduit au moulin dit Elfenmiihle. En montant en deçà à g. et en suivant 20 min. plus loin, à dr., le sentier du bas, on arrive à une grotte de 9 m. de long, 1 à 2 m. de large et env. 2 m. de haut, le *Kjîskbller (cave aux Fromages). C'est une grotte à colonnes de basalte, composées de 8 à 9 sphéroïdes aplatis ressemblant à des fromages de Hollande. A côté se trouve une cascade de 5 m. de haut, au-dessus de laquelle est un pont. A plusieurs endroits de l'Uesbach , on voit à nu un courant de lave basaltique.

Promenade intéressante du Kseskeller au Naniersbourg (1 h.), au signal

294 VI. B. 51. STROHN. Mont, volcan.

de la *Rœdelheck (483 m.; 1 h. VlO •> à'oix on a un vaste panorama (rafraîch. dans la maison forestière un peu plus bas), et de là à * Reinhardslust (I/2 h.), sur le chemin menant du signal, par la croupe de la montagne, au confluent de l'Alf et de TUesbach (v. ci-dessus).

En suivant la nouvelle route de Lutzeratli sur la rive g. de l'Uesbach jusqu'à la borne kilométrique 9.1, dans un fond nommé Maischiciese et en prenant là à dr. l'ancienne route jusqu'à une source appelée Maischquelle, puis par un sentier à g., on arrive en 3/^ d'h. en tout à la Falkenlei (rocher du Faucon., 416 m.), colline hémisphérique formée de scories volcaniques. Coupée en profil du côté S.-E. , elle laisse voir sur une hauteur de oO m. la composition de ses couches: le bas est formé d'une masse de lave, le haut de cendres et de scories. La température des larges crevasses et des grottes de la montagne s'élève rarement au-dessus de 60 R. Les parois sont couvertes de lichens et de mousses d'un rouge jaunâtre, ce qui leur donne l'air d'être tapissées de soufre. Du sommet, la vue emjjrasse les nombreuses montagnes volcaniques de l'Eifel , parmi lesquelles on distingue surtout, au N., la Hohe-Acht (735 m.), la plus haute cime de l'Eifel; le Nurbourg (665 m.) et sa tour, et le Hohe-Kelberg (650 m.). A l'O., la vue s'arrête au long plateau isolé du Mosenberg (p. 297), un peu à g. duquel on aperçoit le Nerother- Kopf , avec ses ruines (v. cidessous).

Une route à l'O. du Kgeskeller mène en V4 d'h. à Hontheim (aut). Zum Bad Bertricli) , d'où l'on atteint en 1 h. V4 env., par des sentiers , le groupe de maisons de Schiitzalf, dans la vallée de l'Alf. De là on remonte en 40 min. env. cette belle vallée creusée dans des masses de lave, la Suisse de Strohn: on passe à Sprink, et l'on arrive à Strohn, où l'on peut aller aussi de Hontheim par Strotzbusch et Trautzberg (2 h.). Le côté 0. de la vallée entre Sprink et Strohn est formé par le Wartesberg (487 m.), une des plus grandes montagnes de lave scorifiée de l'Eifel, sans doute un cratère, quoique la forme en soit difficile à reconnaître. De Strohn, on va en V2 ^- ^ Gillenfeld (p. 296), en remontant la vallée de l'Alf.

De Gebolstein a Daun, 22 kil. , grande route à travers une contrée extrêmement curieuse au point de vue géologique. — Gerolstein, v. p. 290. On remonte d'abord la magnifique vallée delà Kyll jusqu'à Pelm (p. 290; Casselhourg, p. 290).

La vieille route quitte ensuite la vallée ; la nouvelle y reste encore un peu de temps, puis elle monte insensiblement non loin de Eockeskyll, par Esnngen , par Hohenfels, qui est situé dans un ancien cratère, et par Betteldorf. Elle rejoint à Dockweiler, à 13 kil. de Gerolstein, la route venant deHillesheim (10 kil. ; p. 291).

La vieille route, moins bonne, mais plus recommandable pour les touristes, tourne et monte déjà à dr. près de Pelm. Elle atteint son point culminant près de Kirchweiler ^ d'où l'on peut gravir auN. VErensherg (p. 291), qui se trouve à peu de distance, et au S. le Scharteherg (658 m.), deux anciens cratères, dont le dernier est surtout reconnaissable. Le sommet de cette montagne se compose de masses de scories boursouflées, qui sont disposées en cercle autour de l'ancienne ouverture du cratère. Env. 30 m. plus bas commencent les coulées de lave, qui se dirigent vers le N. , le S. et l'E. Bien qu'elle soit couverte en grande partie de petites

de l'Eifel. DAUN. VI. R. 51. 295

scories de lave arrondies ('dapilli» ou «rapilli») et de sable volcanique, on reconnaît la direction et l'étendue de celle de l'E. aux rochers qui en ont percé l'enveloppe. De plus, des carrières qui y sont pratiquées dans la direction d^ Steinborn, et qui ont mis à nu en les coupant deux coulées superposées, reconnaissables de la route à un tas de terre , permettent d'en étudier de près la constitution: dans le bas, une couche de lave basaltique poreuse et peu fendue, puis des scories de 1 m. à 1 m. 50 d'épaisseur; au-dessus, une couche de 6 m. de rapilli et de sable volcanique, et enfin, près de la surface, une nouvelle couche de lave basaltique. Un peu plus loin , au S., le Nerother-Kopf (628 m.) , cône de scories avec les ruines d'un château, 1 h. Va ^ l'O- de Daun. La route monte et descend encore après Kirchweiler ; elle passe à Steinhorn , où se trouve une source d'eau gazeuse, laisse à g. le Felsberg, à dr. le Rimmerich, deux cratères avec des coulées de lave, traverse encore NeunMrchen et arrive à

Daun. — Hôtels: ^Grethen; *Hommes (déj., 60 pf. ; dîn., 1 t^/^. 50 à 2 c^(.) \ J. Schramm. — Voiture pour Gerolstein, Manderscheid ou Lutzerath, 10 à 12 dô. — Poste 2 fois par jour pour Gerolstein (22 kil.),l fois pour Manderscheid (17 kil.), etc.

Daun (375 m.), localité de 900 hab., est pittoresquement situé dans la vallée qu'arrose la Lieser et sur le versant d'une montagne qui porte, sur un plateau de basalte, les restes du château des comtes de Daun , qui se sont illustrés au xviii*^ s. pendant plusieurs générations, dans les armées de l'Autriche. Le bâtiment plus moderne qui couronn emaintenant le sommet de la montagne est l'anc. sommellerie des électeurs de Trêves; il est aujourd'hui habité parle premier garde-forestier (Oberfœrster). A côté, iQte^nple protestant , construit en 1863, 'L'église catholique , dans la ville, possède un portrait et deux écnssons peints des comtes. Daun a plusieurs sources d'eaux minérales.

Au N.-E., à 1/4 d'h. de Daun, se voit le bord escarpé et scorifié d'un cratère, le Fœrmerich (492m.). Les dimensions de ce cratère se reconnaissent encore aisément aux masses de lave qui l'entourent, bien qu'il soit rempli par la cendre volcanique. Il s'en est écoulé un large courant de lave à l'O., les Dauner-Leyen (rochers de Daun). D'après Dechen (p. 293), la lave en colonnes sur laquelle est bâti le château fait aussi partie de cette coulée; elle aurait été percée plus tard par la Lieser, qui aurait aussi mis à nu les beaux rochers des Leyen. — A 2 h. 1/2 également au ]S^.-E. de Daun, le lac d'Uelmen (Uelmener-Maar), de 5 hectares 30 de superficie; le village et les ruines du château d'IIelmen (aub. chez Franzen, bonne).

Le but principal de notre excursion, ce sont les trois *lacs DE Daun (Dauner-Maare) qui occupent autant de cratères, 4 à 6 kil. au S. de la ville, dans un vaste dépôt de produits volcaniques, composé de sable, de scories et, à certains endroits, de couches de tuf volcanique. On suit la route qui descend dans la vallée de la Lieser jusqu'à GemUnden (V2 h.), puis on la laisse à g. (un guide est utile) et on monte au lac de Gemunden, situé 39 m. plus haut, à 414 m. d'altitude. Il a 7 hectares 60 de super-

296 VI. B. 51. GILLENFELD. Mont, volcan.

ficie et 60 m. de profondeur. C'est celui des trois lacs de Daun qui est le plus à l'O. et le plus petit; il occupe une cavité profonde et étroite, entourée de hauteurs aux versants en partie boisés. Sur le bord de ce lac, à l'E., s'élève le ^Mseuseberg (562 m. ; ascension en V2 ^- de Gemûnden), montagne chauve et assez escarpée dont le sommet, croupe étroite qui s'étend de l'E. à l'O., offre un panorama très intéressant d'une grande partie de l'Eifel. Le versant oriental est également escarpé et descend vers le lac de M^einfelden (Weinfelder-Maar; 478 m.; 16 hect.; 98 m. de profondeur), dans un endroit désert. Sur le bord septentrional se trouve la petite église de Weinfelden (515 m.) , le seul reste du village du même nom, aujourd'hui la chapelle du cimetière de Schalkenmehren (v. ci- dessous), où l'on descend en quelques min. du Maeuseberg. — En suivant le chemin de la rive orientale et passant la digue naturelle qui le sépare du lac de Weinfelden, on arrive au lac de Schalkenmehren (422 m.; 22 hect. ; 31 m. de profondeur), le troisième de ceux dont il s'agit. L'A^/ (p. 293) forme la décharge de ce dernier au S. Il y a du côté E. une tourbière qui, d'après les géologues, est le plus ancien cratère d'éruption, comblé en partie par l'éruption de celui qui est aujourd'hui rempli d'eau. Le lac de Schalkenmehren reçoit, lorsqu'il pleut, de l'eau des champs environnants, et par là même de quoi nourrir de nombreux poissons et des écrevisses, tandis qu'il y en a peu dans les deux autres. La flore des environs est également supérieure à celle de tous les autres lacs du pays. Sur la rive méridionale s'étend le village de Schalkenmehren , à 1 h. Vé d© Daun et aussi loin de Gillenfeld. A Va ^- ^ peine au N.-E., Mehren , avec la bonne auberge de Jos. Knodt.

Un chemin dépourvu d'ombre, suivant le cours de l'Alf, mais toutefois à une certaine distance, monte et descend par plusieurs vallées encaissées et enfin par Saxler , à Gillenfeld (407 m.; hôt.: ^Johann Cl as en ; dîn, , 2 c^i). Sur la hauteur, 20 min. à l'E. de cet endroit, se trouve le *Pulver-Maar (411 m.), lac presque circulaire, d'env. 2 kil. de circuit et 95 m. de profondeur, dans un bassin dont trois côtés sont couverts de bois. C'est le plus grand de ces lacs dans des cratères. Ses bords sont formés de sable volcanique, de tuf et de scories. A l'extrémité S. s'élève \eRamersherg (477 m.), au S. duquel est le petit lac de Strohn, à 8 min. du Pulver-Maar. Strohn est situé à V^ h. au S. de Gillenfeld, dans la vallée de l'Alf (v. p. 294).

De Gillenfeld à Mandekscheib (2 h.), on passe à deux autres lacs très petits (5 hect. 1/2)) 1® Durren-3Iaar, qui a une flore magnifique, Qt le Holzmaar, -puis -pàv Eckfeld Qt Bit chholz. Un poteau à dr. avant l'église de ce dernier village indique un chemin sous bois conduisant à l'un des plus beaux points de vue des environs de Manderscheid, le ^Belvédère, qui offre un coup d'oeil original et grandiose. Le regard plonge sur Manderscheid et ses châteaux,

de l'Eifel. MOSENBERG. VI. R. 51. 297

et plus loin sur le Mosenberg et les montagnes qui bornent l'horizon. Un nouveau sentier commode et qui offre de belles vues, à quelques pas en deçà du Belvédère, descend dans la direction de Manderscbeid, en décrivant une courbe autour de la gorge de la montagne. Il rejoint la route près du pont de la Lieser, où aboutit aussi un sentier plus court, mais escarpé. Belle vue de cet endroit. — Un autre sentier très raide conduit directement par la gorge à la Lieser, qu'on traverse sur des pierres. De là on monte aussi directement à Obermanderscbeid, en passant par le moins ancien des deux châteaux, d'où l'on a une vue pittoresque. En deçà de Manderscheid, le Tempelchen, un point de vue magnifique.

De Daun à Maîîderscheid directement. On descend la vallée de la Lieser par la grande route, en passant à Gemiinden (I/2 h. -, p. 295) et à Weyer&hach (I/2 h.). Au-dessous de ce dernier village, on aperçoit à dr. de la vallée de hautes et puissantes masses de lave qui fornaent presque une enceinte ciculaire autour du village (^CVedersdorf (I/2 h.)-, situé à 87 m. au-dessus de la Lieser. Elles proviennent en partie, dit-on, d'un volcan au S., dont la Weherlei (456 m.), montagne de scories près de la vallée de la Petite-Kyll^ serait le cratère le plus élevé, et en partie de la montagne volcanique du N.-O., haute de 540 m. Le reste de la route, lorsqu'elle a quitté la vallée de la Lieser, est peu intéressant. On atteint au bout de 1 h. Bleckhausen ^ et 1 h. après Manderscheid.

Manderscheid (370 m.; aub.: Fischer, Zens, bonnes) est une bourgade assez considérable, située sur un plateau entre la Lieser et la Petife-Kyll. Au S. s'élèvent de la profonde vallée de la Lieser , où elles présentent un coup d'oeil des plus surprenants, des rochers de schiste tout crevassés et dentelés , qiie baigne la rivière, et sur ces rochers les ruines de deux "^'châteaux encore bien conservées. Le paysage est d'une beauté grandiose et pittoresque. Jolie promenade de 3/4 d'h. aller et retour au Constantinswœldchen, où l'on a une belle vue.

Pour visiter de Manderscheid le Belvédère mentionné p. 29G (une bonne I/2 ^J-, on prend le nouveau sentier à g. du pont de la Lieser, puis on monte à g. en contournant les ruines et la gorge de la montagne.

De Manderscheid à Kyllbourg, par Schwarzenborn (v. ci-dessous), 25 kil., poste une fois par jour, trajet en 3 h. 3/4.

La plus belle et la plus remarquable des montagnes volcaniques de l'Eifel est le Mosenberg^ à 1 h. à l'O. On suit d'abord la route de Bettenfeld (v. ci-dessous) pour prendre plus tard à dr.

Le *Mosenberg (524 m.), montagne de scories s'étendant du S. au N. , a quatre cratères , dont les bords s'élèvent à 16 m. de hauteur sous les formes les plus bizarres. Les masses de basalte et de scories se sont frayé un passage à travers la grauwacke et se sont élevées jusqu'à 75 m. au-dessus de celle-ci. Le cratère N. contenait autrefois de l'eau; on l'a fait écouler en 1846 pour y exploiter une tourbière. Le cratère S. a une ouverture d'où s'est échappée la lave. On peut suivre la coulée jusqu'au Horngrahen (sentier), à 1/4 d'h. de distance, où elle atteint le lit de la Petite- Kyllj la lave forme à cet endroit des rochers perpendiculaires hauts de plus de 30m. La montagne, sur laquelle on ne voit que

298 VI. E. 51. GROSS-LITGEN. Mont, volcan.

de cliétifs herbages, est entourée de scories. La vue y est étendue. On a découvert au bord du sentier les restes d'une villa romaine, mais les fouilles ont été comblées.

Du MosEKBEEG À Kyllbourg. A 20 min. à PO. du Mosenberg, sur le plateau, est situé le village de Bettenfeld (aub. P. Gierder) ^ d'o^ù. il y a un chemin conduisant en 1 li. 1/4 à Eisensehmitt (v. ci -dessous), ainsi qu'un sentier et un grand chemin descendant directement au S.-O., à travers bois et en croisant deux autres chemins, en 3/^ d'h. dans la vallée de la Salm. La forge dite Corneshiitte (1 h. I/2) reste sur la droite. On passe ensuite sur un petit pont et à une croix de pierre, puis on remonte dans le bois, d'abord par un chemin escarpe' et plus loin presque de plainpied, en traversant un autre chemin (poteau), et l'on arrive au bout de 3/4 d'h. à Obei^-Kail (aub. C. Diedenhofen, bonne) , où se voient quelques restes d'un château bâti par Marie-Thérèse. Enfin une bonne route conduit de là en 1 h. 1/2 à Kyllbourg (p. 289).

A 1/2 b. environ auls. du Mosenberg est un des bassins volcaniques les plus considérables de l'Eifel, le lac de Meerfeld^ qui a 4 à 5 kil. de circonférence. Il n'y a plus d'eau que d'un côté; le reste est converti en prairies, et à l'O. s'étend le village de Meerfeld. Le voyageur pressé et qui n'est pas naturaliste ne perd rien à ne pas le visiter.

Du Mosenberg, un chemin descend au S. dans la vallée à la Neumiihl (1 h.) , où la Petite- Kyll se jette dans la Lieser (pont à 296 m. d'altit.) , et il aboutit à la route qui descend de Manderscheid {^U d'h.) par de nombreux détours. Le paysage, dans la vallée, est à la fois gracieux et grandiose. La route remonte en serpentant sur la rive g. de la rivière et se bifurque au bout d'une petite ^/g h.

Le chemin de droite mène d'abord, à travers bois, en 1 h. V4 à Eisenschmitt (aub. chez Jung). De là on va par le même chemin, ou en 20 min. par un sentier qui abrège, mais qui est un peu escarpé, à Schwarzenborn (aub. chez Nie. Zens). Il passe là 2 fois par jour une voiture de la poste allant à la station de Kyllbourg (10 kil. ; p. 289) ; mais on ne peut être sûr d'y trouver de la place.

Le chemin de gauche, à la bifurcation de la route dont il vient d'être question , sort bientôt du bois et descend dans la vallée, où il passe à Eichelhûtte , puis à l'ancienne abbaye de bénédictins de Himmerod, fondée en 1139 par St Bernard de Clairvaux, mais dont l'église a été presque entièrement démolie au commencement de ce siècle. Ensuite on monte et on descend dans un pays assez désert jusqu'à Gross-Litgen (1 h. ^/g; hôt. Heck) ^ où l'on rejoint la route de Manderscheid à Wittlich. Prenant alors cette route, on monte en 3/^ d'h. à Minder-Litgen (351 m.), qui est, comme Gross- Litgen, entouré de bonnes prairies. En arrière se montre la large croupe du Mosenberg. La route descend dans la vallée en serpentant. Un sentier, à 10 min. de Minder-Litgen, abrège presque de moitié le trajet, long de 1 h. La vue sur la plaine luxuriante que bornent les montagnes de la Moselle, dont les formes sont mises en relief par le grès rouge , qui a remplacé ici la grauwacke , termine fort bien cette excursion.

Wittlich, v. p. 267.

VII. LE RHIN, DE COBLENTZ A COLOGNE. LAC DE LAACH. VALLÉE DE L'AHR. LES SEPT - MONTAGNES.

Page 1