II. VOSGES MERIDIONALES
Quatre jours suffisent pour voir superficiellement les Vosges Méridionales. L'excursion pourra se répartir ainsi lorsqu'on se sera transporté l'après-midi en chemin de fer de Strasbourg à Val-de-Villé (v. cidessous) et le soir même au Ilohkœnigsbourg (2 h. 1/4). — Lel^i'jour: en 3 h. à Ribeauvillé, 2 h. à Katjsersberg, 2 h. 1/4 à Orbeij ; en tout 7 h. 1/4- — Le 2e jour: en 2 h. au Lac Blanc ^ 3/4 d'h. à Reisberg ^ 1 h. au lac de Daren^
1 h. 1/4 à la Schlucht; en tout 5 à 6 h. — Le Séjour: en 3 h. à Munster;
2 h. 1/2 pour les environs (Schlosswald) , et à pied ou par l'omnibus à Metzeral (1 h. 1/4)- — Le 4e jour: en 4 h. 3/4^ par \e Herrenberg^ à Wildenstein, et 2 h. à Wesserling ; en tout 6 h. 3/4.
A. Ligne de Schlestadt à Ste- Marie -aux -Mines. — Hohkœnigsbourg. Sibeauvillé.
21 kil., trajet en 1 h. I/4, pour 1 Ji. 80, 1 cU. 20 et 75 pf.
Schlestadt , v. p. 157. — On remonte la vallée de la Lièpvre (Leberthal), contrée industrielle bordée de montagnes boisées.
5 kil. Châtenois, en ail. Kestenholz^ bourg de 3433 bab. , qui a beaucoup souffert d'un incendie en 1879. Il est situé au pied du Hahnenherg, d'où sortent deux sources d'eau minérale. L'établissement, construit en 1875, offre tout le confort désirable. Il a
172 IV. B. 29. STE-MARIE-AUX-MINES. Vosges
120 chambres. Pension , sans la chambre ni le souper, 20 c//l. par seQiaine. Au N. de Châtenois, les châteaux de Scherwiller (p. 166).
— Chemin du Ilohkœnigsbourg, v. p. 173.
De Châtenois, une route de voitures conduit au S., en 20min., à Kintzheim, village d'origine ancienne, dominé par le château du même nom, en ruine depuis la guerre de Trente-Ans. On peut monter en 2 h. de ce village au Hohkœnigsbourg.
6 kil. Val-de-Ville, en ail. Weilerthal. A dr. aboutit la vallée du même nom ou Val de Ville (v. ci-dessus). Du même côté, sur un escarpement, là où se réunissent les deux vallées, les ruines du Frankenbourg, avec une très grosse tour ronde, du xu^ s., incendié en 1582. De Val-de-Villé au Hohkœnigsbourg, v. p. 173.
Le chemin de fer reste dans la vallée de la Lièpvre. — 9 kil. Wanzell, d'où un bon sentier mène au Hohkœnigsbourg en 2 h. Va-
— 14 kil. Lièpvre^ en ail. Leberau (18 kil.; aub. du Grand-Cerf; restaur. la Fleur), au débouché de la vallée de Rombach, vallée très pittoresque et cependant peu fréquentée par les touristes: localité principale, V Allemand-Rombach (Deutsch-Rumbach), dont les habitants parlent français. — 18 kil. Ste- Croix- aux- Mines ouSt-Kreutz.
21 kil. Ste-Marie-aux-Mines , en ail. Markirch ou Mariàkirch (hôt. : Grand-Hôt., nouveau, de 1*^^ ordre; H. du Commerce ; Lutterbach, près de la gare ; brasseries de l'Action et Gruber , avec jardins), localité principale de la vallée, ville de 11 524 hab., avec d'importantes manufactures de cotonnades et de draps. Ses mines d'argent, autrefois assez productives, sont depuis longtemps abandonnées. La. Lièpvrette, qui la traverse, marquait autrefois et marque encore assez bien la limite des langues; on parle allemand sur sa rive dr. et français sur la g. La première rive embrassa jadis la Réforme et appartint aux comtes de Ribeaupierre, tandis que la seconde resta catholique et soumise aux ducs de Lorraine.
Jolie PROMENADE sur la route de St-Dié (les pie'tons peuvent e'viter la grande courbe), jusqu'à la frontière (1 h. ^ aub. ayant de bon vin). Ensuite à dr., pendant 10 à 15 min. le long de la frontière, jusqu'à un pavillon que traverse la ligne de de'marcation et d'où l'on a une belle vue sur la vallée de la Meurthe, St-Dié et ses environs. —Les carrières de St-Philippe (gneiss), à 1/2 ^- de Ste-Marie, sont intéressantes à voir.
De Ste-Marie-aux-Miues 1 Ribeauvillé (ail. Rappoltsweiler), 18 kil., par une bonne route qui tra,verse les montagnes et demande 3 h. 1/2 a pied. L'ancien chemin abrège beaucoup 5 il se détache de la route à g., passe devant une rangée de cerisiers, est ensuite généralement encaissé et rejoint l'autre au bout de V2 li- Beau coup d'œil en arrière sur Ste-Marie. On peut encore abréger ensuite plusieurs fois en suivant la direction du télégraphe. Au point le plus élevé (735 m.), on est à peu près à mi-ehemin. La route redescend dans la vallée du Strengbach et reste sous bois jusque près de Ribeauvillé. A env. 1/2 h. de la cime et 1/4 d'h. avant cette ville, à dr. (S.), une nouvelle route montant à Aubure, en ail. Altweiler (1 h.) , où conduit aussi un chemin direct de Ste-Marie-aux-Mines. Puis apparaissent, à dr., sur une hauteur, la tour des ruines pittoresques de Bilstein (on y va d'Aubure en 1 h.) ; à g., les trois châteaux de Ribeauvillé, où il est facile de monter, en 3/^ d'h. à i h., par le sentier que le Club Vosgien a fait pratiquer dans la vallée du Dusenbach, 20 min. avant la ville (p. 174).
L'ascension du Bressoiu est également fort intéressante ; elle se
Méridionales. HOHKŒNIGSBOUBG. IF. B. 29. 173
fait de Ste-Marie-aux -Mines en 3 h. environ; un guide est utile. Remontant la vallée de la Lièpvre par le chemin des voitures, on arrive d'abord, en i/^h.^ à Echery ou Ekerich (429 m.), où le ruisseau venant du Bressoir débouche de la vallée du Faunoux ou Rauenihal. Un sentier monte sur le flanc de la montagne qui sépare cette vallée de celle de la Lièpvre; il est d'abord escarpé, puis il passe sous bois. On arrive, en 1 h. 1/2 à la ferme de Heycot, où l'on peut avoir des rafraîchissements, et il y a encore à peu près 3/4 d'h. de là au sommet. [On peut aussi, à partir d'Echery , suivre plus loin le chemin de la vallée de la Lièpvre et tourner du côté de la ferme de Heycot, à l'E., seulement dans le haut, près de la petite auberge des Bagnettes, Enfin Ton peut encore remonter la vallée du Faunoux à partir d'Echery. 1
Le *Bressoir, Brézouard ou Briischbuckel (1231 m.), offre une des vues les plus étendues de la contrée; par un temps clair, on y aperçoit les Alpes. — On monte également au Bressoir de Fréland (p. 176), de Fouday (p. 177) et dMMôwre (p. 172), en 2 h. 1/2 011 2 h., avec un guide.
De Val-de-Villb (p. 172) au château de Hohkœnigsbourg, il y a une bonne route de voitures, longue de 13 kil., montant par de grands circuits dans la forêt. A V2 ^- du sommet se trouve le nouvel hôtel du Hohkœnigsbourg (dîn., 3 cS. av. le v.), d'où l'on a une vue dégagée sur la vallée du Rhin et sur les versants des Vosges. Un peu plus haut, la maison forestière (pas de restaur.).
Les PIÉTONS suivent d'abord la grande route à g. du chemin de fer et au pied de la montagne. A dr., sur un escarpement entre les vallées de la Lièpvre et de Ville, les ruines du Frankenbourg (p. 172). Ensuite ils prennent à g., au bout de I/4 d'h. , la troisième route de voitures, indiquée par une borne portant l'inscription: «Hohkœnigsbourg, 'Wick» (le dernier nom est celui d'une maison forestière). Ce chemin entre dans une belle forêt, au pied même du cône ou s'élève le Hohkœnigsbourg. 15 min. plus loin, une seconde borne. A env. 35 min. de là, à g., un sentier qui rejoint en 40min. le chemin des voitures, lequel mène 20 min. plus loin au chemin de l'hôtel.
D'autres chemins où il y a aussi des écriteaux, y conduisent de Lièpvre (p. 172), en 2 h.; de St-Pilt (p. 157), en lh.V2; de Châtenois (p. 171), en 1 h. I/2 ; par Kintzheim, en 2 h.
Il y a encore 20 min. de la maison forestière au sommet. Le sentier à dr. de la grosse tour du S.-O. mène à l'entrée principale.
Le château de*Hohkœnigsbourg'ouHo7ie7ifcos7ii^s&owr5r (512 m.) est, avec celui de Guirbaden (p. 167), un des plus vastes du moyen âge en Alsace. Ses fortes murailles en grès rouge apparaissent pittoresquement à travers le vert foncé des châtaigniers de la forêt. On y voit encore des tours, des murs, des cheminées, des portes et des arceaux de fenêtres, etc. Les parties à l'O. servaient à la défense; à l'E. se trouvaient les bâtiments d'habitation. En entrant par la porte principale mentionnée ci-dessus, on est d'abord dans Vavantcour^ et de là on passe à g. dans la cour intérieure, par la porte des Lions, ainsi nommée d'un écusson supporté par deux lions, qui rappelle les Hohenstaufen (p. 176). Le bâtiment principal dans cette cour est une construction grandiose à quatre étages, dont le rez-de-chaussée servait de cuisine et le reste d'habitation seigneuriale; il est du xv^ s. La plate-forme de la tour à l'E. offre une *vue magnifique et étendue, sur les Vosges et la vallée du Rhin, avec Schlestadt et Colmar.
174 ir. B. 29. RIBEAUVILLÉ. Vosges
L'origine de ee château fort , ouvrage de plusieurs siècles , est inconnue. II appartint d'abord aux comtes de Hohenstein. Il fut détruit dès 1462 par l'évêque de Strasbourg et l'arcliiduc d'Autriche Sigismond. Reconstruit ensuite, il fut incendié par les Suédois en 1633 et resta dès lors abandonné. La ville de Schlestadt, dont ces ruines sont la propriété depuis 1864, pourvoit à leur entretien.
Du CHATEAU i)E HoHKŒNiGSBOuRG , 611 prenant au S.-O. par un chemin que l'on ne saurait guère manquer, et en passant à dr. à une maison forestière (20 min.) qu'on aperçoit déjà d'en haut , on arrive en 1 h. environ à Tannenlcîrch (hôt. Tsennchel, recommandé) , village qui s'étend au loin au pied du Tœnnchel (910 m. ; mur Païen comme au mont Ste-Odile et belle vue), et d'où l'on peut se rendre à Ribeauvillé en 1 h. ^/4 environ , soit par le chemin de Bergheim, qui descend la vallée, soit par un sentier qui monte d'abord assez rapidement et passe aux trois châteaux.
Le dernier chemin prend à TE. près de l'église. Dans le haut (3/4 d'h.), on aperçoit le château de Rappoltstein. On continue sa route par le chemin "principal, celui de Ribeauvillé, sur le bord duquel sont de nombreuses bornes , à partir du nO 20. A la borne 29 se détache à dr. de ee chemin celui qui mène aux trois châteaux.
Ribeauvillé, en ail. Rappoltsweiler ou, dans le dialecte du pays, Rapperschwihr (hôt.: de l'Agneau, de Nancy, bons et pas chers), petite ville ancienne de 6000 hab. et centre considérable pour l'industrie du coton, est relié par un tramway (4 kil.) à la stat. du même nom mentionnée p. 157. Cette ville est bâtie dans un site pittoresque, à l'entrée de la courte vallée arrosée par le Strenghach et qu'entourent des coteaux plantés de vignes (p. 156; Zahnacker le meilleur vin). Au-dessus, les ruines des trois châteaux des anciens comtes de Ribeaupierre ou Rappoltstein , dont le nom figure souvent dans l'histoire de l'Alsace au moyen âge.
Le comte de Ribeaupierre était le roi de tous les musiciens et chanteurs ambulants du Haut-Rhin , qui le reconnaissaient comme le chef de leur confrérie, étaient protégés par lui et lui payaient en échange une redevance annuelle. Une fois par an, le 8 septembre, jour où il y a encore maintenant une foire, ils se réunissaient à Ribeauvillé dans un joyeux concours (Pfeifertag) et y réglaient leurs différends. Après la mort du dernier comte de Ribeaupierre, en 1673, la seigneurie passa, avec la royauté, aux comtes palatins de BirJcenfeld, plus tard ducs de Deux-Ponts- Birken/eld, et elle fut supprimée à la révolution française. Le dernier duc fut Maximilien- Joseph, colonel français en 1777 et plus tard roi de Bavière (m. 1825), qui habita Ribeauvillé jusqu'en 1782.
Ribeauvillé a conservé une partie de ses anciens murs, élevés du xiv*" au xvi^ s. Une longue rue, où il y a plusieurs maisons remarquables du xv*^ et du xvi^s,, traverse la ville de l'E. àl'O. La tour de, la Boucherie (Metzgerthurm), sur la place du Marché , est un reste des fortifications qui séparaient autrefois les quatre communes contiguës dont se composait Ribeauvillé: on y voit les armes des comtes. Là aussi une jolie fontaine de 1536, et plus haut une fontaine moderne, avec une Alsace par Friederich. LVgrZise, du style goth., a été achevée en 1473.
Pour aller aux trois châteaux, traverser la ville jusqu'à la
Méridionales. RIQUEWIHR. IV. R. 29. 175
porte du haut, où aboutit la route de Ste-Marie-aux-Mines dont il est question p. 172; tourner à dr. et monter le long des fortifications. Au bout de 5 min., là où le chemin descend , prendre un sentier à g., et tourner encore à g. quelques pas plus loin.
On atteint en ^/^ d'h. le *cliâteau de St-Ulricli, le moins ancien des trois, construit vers le milieu du xv® s. et abandonné depuis la guerre de Trente-Ans. On en remarquera la richesse architecturale (style de transition) et surtout la grande salle des Chevaliers, avec de belles fenêtres géminées dans des arcades. On y a une belle vue. En face se dressent hardiment, sur un rocher escarpé, les ruines du château de Girsberg", du xiii^ s. Un écriteau, à l'entrée du premier, indique un sentier menant au château de Rappoltstein ou Hohen- Eappoltsein, à Va ^- de là , rebâti au xiv^ s,, avec une haute tour. La vue y est remarquable. De ce château à Tannenkirch, environ 1 h. V4; ^- V- 1^^' — Pour retourner à Ribeauvillé, le mieux sera de prendre par la.valle'e du Dusenhach (poteau), où l'on passe aux ruines d'une chapelle du même nom, du xv^ s., un ancien pèlerinage : jusqu'à la route de Ste-Marie-aux-Mines (p. 172), 40 min.; par cette route à Ribeauvillé, 20 min.
Le CHEMIN DE Ribeauvillé à Kaysersbekg (2 h.) passe par des vignes sur le versant des montagnes. A 1/2 li. de distance, Hunaicihr , dont l'église, duxv^s., est entourée d'une enceinte fortifiée avec des bastions. On aperçoit à TE. Zellenherg , localité fort ancienne, dans un site riant, avec un ^château. Elle a conservé sa vieille enceinte de murailles avec une seule porte, qu'il ne faut pas demander si l'on ne veut passer pour un maavais plaisant. De Hunawihr, on arrive en 1/2 h. à
Eiquewihr, en ail. Reichemceier- (hôt. de V Etoile; bon vin), vieille ville de 1600 hab., possédant des vignobles renonimés, et intéressante à cause de ses nombreuses constructions du moyen âge et des époques suivantes. Ses murs et ses portes comptent parmi les ouvrages de ce genre les mieux conservés en Alsace, surtout \s>. Porte -Haute, à l'O., qui est à deux baies. Près de là se voit une belle fontaine du xvii^ s. Il reste encore des débris du château des comtes de "Wurtemberg-Montbéliard, à qui appartenait la ville; ils sont du xvi^ et du xyii^ s., de même que beaucoup de jolies maisons qu'on remarque dans cette ville.
De Riquewihr à Kaysersberg, 1 h. de chemin (v. ei-dessous).
De Ribeauvillé à Kaysersberg^ imr Bilstein, v. p. 176.
B. Vallée de la Weiss. Lacs Blanc et Noir. Reisberg.
De Calmar à la Poutroye par Kaysersberg: 20kil., tramway, en Ih. 1/2, pour 1 oiL 30 et 90 pf. Pour voir les lacs , quitter le chemin de fer à Hachimette ; de là à pied à Orhey, 1/9 li. ; puis au lac Blanc ^ 2 h., et à la Schlucht, 3 h. 1/2.
Colmar, v. p. 157. Départ de la gare principale. — 5 kil. luyersJieim, station avant laquelle on traverse la Fechf.
8 kil. Ammerschwihr (hôt. des Deux Clefs), vieille ville de 1766 hab., qui a des constructions anciennes remarquables: murs et tours du xvi® s., surtout le Schelmenthurm, de 1535; église du style goth. tertiaire; fontaine du xvi*^ s. ; entrepôt du style goth., de 1538; hôtel de ville de la renaissance, de 1552, et jolies maisons de la même époque.
D'Ammerscbvvihr aux Trois-Epis (p. 178), 2 h.
176 IV. E. 29. KAYSERSBERG. Vosges
On traverse ensuite la Weiss, petit affluent de la Fecht. — 9kil. Sigolsheim. Ce village, à 10 min. à l'E., a une église intéressante de la fin de la période romane, avec de belles sculptures au portail et une tour du style ogival tertiaire sur la croisée. C'est près de Sigolsheim qu'est situé le Chajvjy-dn- Mensonge , où les fils dégénérés de Louis le Débonnaire firent leur père prisonnier en 833, après avoir amené son armée à la défection,
10 kil. Kientzheim, petite ville fort ancienne.
12kil. Kaysersberg {*H. de la Couronne [ch., 1 kl cet. \ dîn., 2c/^40 av. le v.]; H. de la Gibecière)^ ville de 2590 bab., avec des filatures de coton, dans un site pittoresque, à l'endroit où la vallée de la "Weiss se rétrécit , et dominée par les ruines de l'ancien château impérial (Kaiserburg; vue de la plate - forme) , détruit pendant la guerre de Ïrente-Ans. Cette ville fut fondée dans la première moitié du xiii^ s. par l'empereur Frédéric II, de la maison des Hobenstaufen, qui étaient ducs de Souabe et d'Alsace et très bien disposés en faveur de ce dernier pays. Les vieux remparts, de nombreuses maisons originales des xv^ et xvi^ s,, de vieilles fontaines, donnent à cette ville un aspect ancien fort pittoresque. Son joli hôtel de ville, du style de la renaissance, est de 1604. Ue'glise, édifice remarquable à trois nefs, du xii^ s. et remaniée pins tard, a un beau portail roman, un Christ en pierre avec la Vierge et St Jean, du xv^ s., et, sur le maître autel, un bon *tableau à volets du commencement du xvi^ s. Coup d'oeil magnifique dans la plaine du Sommerhaus, à V4 d'h. de distance, sur une hauteur de l'autre rive de la Weiss. Un peu plus haut, le Wetterkreuz, nn autre point de vue.
De Kaysersberg à Ribeauvillé, il y a, outre celui dont il est question p. 175, un nouveau sentier ouvert par le Club Vosgien; il dentiande env. 3 11. 1/2- Il se détache de celui du château à quelques pas à TO. des ruines, monte à dr. dans les vignes et mène en 1 h. 1/4 env. sur la Hohe Schwerz , où il y a un pavillon. Vue superbe. Puis on descend pour remonter par la foi'êt de Riquewihr et l'on continue presque de plain-pied vers la Brudersmatt, où un poteau indique la direction des ruines de BiUtein (1 b. 1/4; v. p. 172). Dans le voisinage est une maison forestière (rafraîch.). Il y a encore Ih. 1/4 de marche jusqu'à Eibeauville'.
La route traverse la Weiss à Kaysersberg, sur un vieux pont, et en remonte la rive dr. — 14 kil. Alspach , ancien couvent de clarisses, aujourd'hui propriété particulière; les restes de son église romane servent de grange. A 4 kil. de Kaysersberg (halte), la route se bifurque; le chemin de dr. , qui traverse la Weiss, conduit à Freland ou Vvhach (aub. Simon, bonne), qu'on voit sur une hauteur. Ascension du Bressoir, v. p. 173; nouveau chemin du Club Vosgien.
18 kil. Hachimette, où l'on parle français, comme du reste dans toute cette partie du versant E. des Vosges, dans le haut du bassin de la Weiss et dans les bassins des affluents. 5 min. plus loin, lorsqu'on a traversé la rivière, à g., à un poteau, le chemin d'Orbey (v, ci-dessous).
20 kil. La Foutroye, en dXl. Schnierlach {ai.\kb. de la Poste, assez
Méridionales. REISBERG. lY. R. 29. 177
bonne) , dernière station et localité principale dans le haut de la vallée de la Weiss, qui en porte aussi le nom, et sur la Béchine, affluent de la Weiss. L'industrie du coton y est assez développée. La route monte constamment. A 1 h. de la Poutroye, Calmar le Bonhomme, en dl\. Diedolshausen \h.bi.: des Lacs, nouveau; du Cheval-Blanc), d'où il y a également un chemin commode allant au lac Blanc (v. ci-dessous). Puis encore 4kil., par de grandes courbes, jusqu'au col du Bonhomme (940 m.), point culminant de la route, sur la frontière, et 26 kil. de là à St-Die' (v. le Nord de la France, par Bsedeker.
De Hachimette (v. ci-dessus) , on remonte au S.-O. la rive g. de la Weiss et on atteint en ^/^ d'h. Orbey ou Urbeis {*hôt. de la Croix-d'Or, au-dessus de l'église), village industriel dont les maisons sont dispersées dans la montagne, et dont on aperçoit l'église neuve de partout aux environs.
D'Orbey aux Trois-Epis (p. 178) : 2 h. I/2 à 3 h., sentier jusqu'à la Chapelle (7 kil.) et de là route (6 kil. 1/2) ou sentier par la Baroche , eu ail. Zell (aub. de la Croix, près de l'église).
La plupart des touristes vont d'Orbey aux deux lacs Blanc et Noir, situés à 2 h. de distance, presque sur la crête de la montagne qui sépare l'Alsace de la Lorraine. Le chemin du Lac Noir, d'abord carrossable (1 h. Va 5 guide utile), passe à l'ancienne abbaye de Pairls ou Péris , dont il ne reste rien de remarquable et qui est transformée en hôpital. De Pairis au Lac Noir, il y a un nouveau sentier du Club Vosgien. Un bon sentier mène de là au Lac Blanc en 1 h.
Le chemin du Lac Blanc est plus recommandable (guide jusqu'à la Schlucht, 4 aM ; on peut s'en passer par un temps clair). On traverse une partie d'Orbey et tourne à dr. dans le village même. 0 min. iBu delà du «Nouveau martinet», forge qui se trouve à la sortie, une bifurcation , où l'on monte à g. , en passant à différentes fermes. On s'épargne la dernière grande courbe en tournant à g., à 1 h. Va environ d'Orbey. Près du lac se trouve un hôtel des Lacs, tenu par Petitdemange (bon; ch., 1 c/^ 50).
Le Lac Blanc (1054 m.), redevable de son nom au quartz dont se compose son lit, a environ 1 lieue de circuit. Il est presque entièrement entouré de rochers escarpés et de masses de blocs granitiques amoncelés les uns sur les autres. Le Lac Noir (960 m.), moins grand de moitié, se trouve en ligne droite à V4 d'h. au S.; mais il est séparé du précédent par une haute paroi de granit, de sorte qu'on met une bonne heure pour aller de l'un à l'autre. L'eau qui sort de ces deux lacs forme la Weiss.
A rO. s'élève le Reisberg (1250 m.) , sommet le plus septentrional et le plus élevé de la crête dont il a déjà été question, s'étendant jusqu'à la Schlucht (environ 10 kil. ; p. 180) et appelée les Hautes- Chaumes: chaumes est le nom qu'on donne aux pâturages sur les Vosges. De l'hôtel des Lacs, on monte au S. par un nouveau
Bœdeker, le Rhin, 13^ édit. 12
178 IV. B. 29. TURKHEIM. Vosges
sentier menant cà la croupe qui forme la frontière. La vue s'étend au loin du côté de la Lorraine; sur les Vosges , sur la Forêt-Noire et sur toute la plaine du Rhin. Le sentier appuie du côté de l'Alsace. 1 11. environ après avoir quitté l'hôtel , on aperçoit à g., audessous de soi, le Lac Noir. 10 min. plus loin s'offre une vue assez dégagée sur la vallée de Munster et sur les Alpes à l'arrière-plan. Pour aller directement dans la vallée de Munster, descendre d'ici en appuyant à g., par les Hautes-Huttes (2 h. jusqu'à Soultzeren). Après avoir marché ^/^ d'h., on atteint un petit hois de sapins et de hêtreS; où l'on a, à 50 pas à g., un beau coup d'œil d'en haut sur le lac de Daren ou Lac Vert, plus petit que les précédents, mais d'un effet plus pittoresque , au milieu des sapins qui l'entourent. Il y a encore 1 h. V^ de marche, par les crêtes, jusqu'à la Schlucht (p. 180). '