‹ Les bords du Rhin de la frontière suisse à la frontière hollandeChapitre 192 sur 207 · AIX - LA- CHAPELLE. VL R · texte numérisé non relu

AIX - LA- CHAPELLE. VL R

sur fond d'or, représentant le Christ entouré des 24 vieillards de l'Apocalypse; elle a été exécutée dans les ateliers de Salviati, à Venise. Le lustre, une grande couronne de cuivre doré mesurant plus de 4 m. de diamètre , est un présent fait par l'empereur Frédéric Barberousse en 1165. L'inscription «Carolo Magno», audessous, dans le pavé^ est du commencement du xix® s. En réalité, le tombeau du grand empereur se trouvait probablement dans une construction ajoutée à l'église. — La chapelle hongroise, au S. de l'octogone (à dr. en entrant du côté 0.), a été depuis peu restaurée dans le style baroque et renferme maintenant le trésor (v. ci-dessous). — La chapelle St- Nicolas ou de la Croix, au N.-O., montre les formes goth. de la fin du xv^s. — La porte du fond donne sur un cloître du style ogival tertiaire restauré , où sont des restes d'une chapelle du style de transition.

Le CHŒUR se distingue par des proportions excessivement élancées et légères. Des vitraux garnissent les fenêtres, qui ont près de 27 m. de hauteur et 5 m. de largeur. Les sujets sont tirés de la vie de la Vierge (l'Assomption et le Couronnement d'après Cornélius) ; ils ont été exécutés à Berlin , à Cologne et à Aix - la- Chapelle. Les piliers entre les fenêtres sont décorés de 14 statues polychromes : Charlemagne, la Vierge et les Apôtres, de 1430. Au milieu du chœur est suspendu, au-dessus de l'ancien tombeau d'Othon III (m. 1002), un ouvrage en bois sculpté dQibôi. Devant le tombeau, un lutrin en forme d'aigle et en fonte de cuivre, du XV® s. A dr. et à g., deux autels avec des tableaux à volets de l'école de Cologne du xv® s. La chaire, garnie de plaques en cuivre doré travaillées au repoussé et ornée d'agates, de camées et de sculptures en ivoire, a été donnée à l'église par l'empereur Henri II (m. 1024). Le maître autel est moderne, d'après Schneider, sauf les colonnes, qui sont anciennes. Le trône épiscopal est également remarquable. Le suisse, qui montre le sarcophage et le trône de l'empereur (v. ci-dessous), ouvre aussi les panneaux en bois qui cachent ordinairement la chaire (50 pf. à 1 o^).

Dans la galerie de l'octogone, nommée le HochmxJnster ; se trouve le trône de Charlemagne , composé de plaques de marbre, où lui et ses successeurs s'asseyaient durant les offices et qui servit plus tard aux couronnements des empereurs. Là aussi est un sarcophage, qui passe pour celui du grand empereur. Il est en marbre de Paros, avec des bas-reliefs représentant l'enlèvement de Proserpine. La grille entre les colonnes a été fondue en 804.

La Karlskapelle , au N. du Hochmunster, est de la fin du xv® s. La belle chapelle Ste-Anne, au S., a été consacrée en 1449. La chapelle St-Mathias, également au S. , est de la seconde moitié du XIV® s. : le rez-de-chaussée sert de sacristie.

Le *tréBor de la cathédrale, qui est excessivement riche, se trouve à présent dans la chapelle hongroise mentionnée ci-dessus. Il est visible tous les jours, excepté les dimanches et fêtes, de 10 h. à G h., avec une

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carte d'entrée qui coûte 3 pour 1 à 3 pers. ou 1 eS. par pers. si l'on est en plus grand nombre. Le sacristain demeure Domhof, 2. — Parmi les objets les plus importants, nous nommerons d'abord la magnifique châsse des quatre grandes reliques (n** 16), du style roman, faite de 1220 à 1236. Ces reliques sont: la robe de la Vierge, les langes de J.-C, le linceul ensanglanté dans lequel fut enveloppé le corps de St Jean-Baptiste et le linge qui fut mis autour des reins de J.-C. sur la croix: on les expose tous les sept ans à la vénération des fidèles (dernière fois en 1895). Puis viennent la châsse des reliques de Gharlemagne (n°47), comme il est dit cidessus, également une œuvre splendide du style de transition*, un buste de Charlemagne (n° 18), en or et en émail, du xiv® s. ; la croix de Lothaire {n^ 1), présent de l'empereur Lothaire III (m. 1187) ; plusieurs reliquaires gothiques^ d'un travail excellent i un devant d'autel (n°24) dans le genre de la fameuse pala d'oro de Venise, comprenant 16 bas-reliefs, en or repoussé, dont les sujets sont tirés de la Passion, etc., du style roman -, le cor de chasse de Charlemagne ija9 21) ouvrage oriental en ivoire , et beaucoup de vases en argent et en or du moyen âge; des ostensoirs, des candélabres, etc. Ces objets sont exposés dans de grandes vitrines, dont les portes sont garnies à l'intérieur de peintures des vieilles écoles flamande et de Cologne.

A rO.de la cathédrale, au Marché au poisson, les Arc/iires(pL21, B C 3), construites de 1886 à 1889, sur l'emplacement de Tancien hôtel deville, del267, dont on a conservé la façade, en refaisant les statues des sept électeurs. — A l'E., derrière le chœur de la cathédrale, V église St'Foilan (pl. 9, C 3), de la fin de la période ogivale, restaurée au xvii^ s. et de 1883 à 1888. — St- Michel (pl. 12, BC4), aussi dans le voisinage, est de 1618-1628. Il y a une Descente de croix par Honthorst, de 1632. — St-Paul (pl. 13, B3) a des vitraux modernes et des peintures en détrempe du xv® s.

Au N. de la cathédrale est la place du Marche {Marktplatz ; pl. C 3), où s'élèvent l'hôtel de ville et une fontaine, avec une statue en bronze de Charlemagne, érigée vers 1620.

L'*hôtel de ville {Rathaus; pl. C3), bel édifice d'un style goth. simple, a été bâti sur l'emplacement et en utilisant les restes du palais des empereurs carlovingiens. Il a été commencé vers 1333 et achevé avant 1367. Il se compose de trois étages, qui ont chacun quinze fenêtres carrées. Après avoir été complètement restauré, il a été endommagé par un Incendie en 1883, surtout les deux tours qui en flanquent la façade, et on le restaure de nouveau. Ces deux tours, le Qranusturnfi à l'E., et le MarUtturm, à l'O., sont encore en partie du palais Impérial.

Un perron^ construit en 1878, conduit du Marché au premier étage, dans le vestibule^ où est la sonnette du gardien (carte d'entrée, 50 pf.). Un bel escalier orné de peintures, de 1848, mène du vestibule à la salle de l'Empereur.

La salle de l'Empereur, de 44 m. 78 de long et 19 m. 03 de large, occupe toute rétendue de l'étage supérieur, et sa voûte est supportée par quatre puissants piliers. Les murs sont ornés de huit *fresques, dont les quatre premières ont été exécutées par Alfred Rethel, artiste originaire d'Aix-la- Chapelle (1816-1859); les autres, d'un coloris plus brillant, sont seulement d'après ses dessins, par Kehren. Ces fresques comptent parmi les productions les plus remarquables de la peinture historique moderne. Elles représentent: P l'empereur Othon 111 ouvrant le tombeau de Charlemagne; 2** le renversement de TlrminsuU 3° la défaite des Sarrasins à Cordoue; 4<* la prise de Pavie en 774 ; 5<» le baptême de Witikind et d'Alboin; 6° le couronnement de Charlemagne à Rome; 1^ la construction de la cathédrale

Elisenhrunnen. AIX-LA-CHAPELLE. VI. R, 62. 301

d'Aix-la-Chapelle; 8** les adieux de Charlemagne et le couronnement de son fils Louis. Les piliers et la voûte sont décorés de peintures polychromes. — On montre encore la salle du conseil municipal, au 1^^ , où il y a des portraits des empereurs du xviiS s. , des rois de Prusse et des ambassadeurs signataires du traité de 1748; un portrait de Charlemagne du xvi® s., etc.

V église St- Nicolas (pl. C3), à g. dans la Grosscœlnstrasse, qui part de la place du Marché au N.-E., a un tableau d'autel par Diepenbeek, élève de Rubens. ~ Au Templerbend, près de la gare de ce nom, se trouve l'Ecole Technique {Technische Hochschule ; pl. B 2-3), qui compte env. 400 élèves. L'édifice, du style de la renaissance, a été construit de 1865 à 1870 sur les plans de Cremer. On en remarque surtout l'escalier et la salle principale (aula). — A l'angle S.-O. de la yHIq.V e'glise St- Jacques (pl. 10, A4), du style roman, bâtie de 1877 à 1889, par Wiethase, et qui a un beau clocher. — Dans le voisinage, un jardin zoologique^ où il y a un bon restaurant et où se donnent des concerts : entrée, 60 pf.

Les célèbres sources thermales sulfureuses d'Aix-la-Chapelle étaient déjà connues des Romains. Elles sortent du calcaire, mais il y en a aussi de ferrugineuses, qui sortent du schiste psammitique. La plus importante, la source de V Empereur (Kaiserquelle, 44^R.l, qui alimente les bains dits Kaiserbad, Neubad, la Reine de Hongrie (Kœnigin von Ungarn) et l'Elisenbrunnen, jaillit à l'endroit nommé «Am-Biichel», le versant de l'éminence sur laquelle se trouve le Marché (pl. 0 3). La Quirinusquelle , au Quirinusbad, dans le voisinage, rue «Am-Hof», est d'une température moins élevée (39^7 R.). Cette source et celle de l'Empereur sont appelées les «sources supérieures» (obère Quellen). Les «sources inférieures» (untere), la Rosenquelle et la Corneliusquelle (37%, 36^3 R.), jaillissent au N.-E., dans la Comphausbadstrasse. Le nombre des baigneurs s'élève à env. 8000 par an.

L'Elisenbrunnen (C 3-4), la source dont l'eau se boit, est sur la place Frédéric- Guillaume (Friedrich - Wilhelms -Platz). Le bâtiment, une colonnade d'ordre dorique, longue de 83 m., avec une rotonde au centre, de 14 m. de hauteur, a été construit sur les plans de Schinkel , de 1822 à 1824. Deux escaliers y descendent à la trinkhalle. Il y a un cafe- restaurant sous les arcades et dans les pavillons. Le jardin, VElisengarten , derrière le bâtiment, où il y a une seconde trinkhalle, sert de promenade aux heures où se prennent les eaux; il y a concert le matin, de 7 h. 1/2 à 8 h. V2 de midi à 1 h. : entrée libre pour les abonnés des bains, 50 pf. pour les autres personnes. — Le jardin donne par derrière sur l'Ursulinerstr. , que prolonge au N. VEdelstrasse et le Bûchel, où sont plusieurs des grands établissements de bains mentionnés ci-dessus. On a découvert dans la cave du n^ 1, Kœnigin von Ungarn (pl. 37, C 3), des restes de bains romains, qui s'étendaient jusqu'aux rues voisines et [communiquaient avec une conduite d'eau venant de Borcette (p. 303). Desmarques de brigues

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