‹ Les Bords du Rhin, de Mayence à CologneChapitre 112 sur 114 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

ornement, sans sculpture, d'un grand caractère. Telle était, j'imagine, la forme de ces chaises curules sur lesquelles les Gaulois, nos pères, égorgèrent les vieux Romains. Les lames d'or qui l'enrichissaient ont été remplacées par des lames de fer. Quatre degrés de marbre y conduisent. C'est là que l'Empereur, à peine sacré, venait s'asseoir, la couronne en tête et le globe à la main. Vers 1806, Napoléon, accompagné de Joséphine, visitait le dôme. Il se fit conduire vers le trône de Charlemagne, et, tandis qu'il le contemplait en silence, l'impératrice s'y plaça. Les patriotes allemands s'en émurent plus tard comme d'une profanation, et le poète Ruckert s'indigna contre « la femme du Corse et sa témérité ' ». Aujourd'hui, pour quelque monnaie donnée au gardien, il n'est si petite bourgeoise qui ne se prélasse dans l'auguste fauteuil.

L'extérieur du dôme est dans un état assez misérable. On voit les pierres de l'édifice minées par le temps. Alentour, un réseau de ruelles infectes et de chétives masures composent un. tableau peu digne de la majesté du lieu ; pourtant les portes de bronze de l'entrée

i Ruckert, la Chaise de Charlemagne.

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