‹ Les Bords du Rhin, de Mayence à CologneChapitre 20 sur 114 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

J'ai dans les mains, présent d'hospitalité, un Commersbuch , ou livre de réunion, comme on dit en Allemagne. Il contient plus de mille pièces, odes, cantates, chansons à boire, dont un grand nombre signées des noms les plus illustres. Bon nombre sont en latin. Le latin n'est pas une langue tout à fait morte en Allemagne : latin jovial comme celui d'Horace, el qui en a l'ardeur épicurienne, s'il n'en a pas l'élégance. Tel est ce couplet qui sonne comme les grelots d'un carnaval :

Edite,

Bibite,

Collégiales!

Post multa

Saecula

Pocula

Nulla!

Tel , le fameux chant du Gaudeamus :

Gaudeamus igitur juvenes dum sumus.

PosL jucundam juventutem, Post molestam senectutem, Nos habebit humus.

La complainte du Lièvre date de 1575.

Flevit lepus parvulus Clamans altis vocibus :

Quid feci hominibus Quod me sequuntur canibus?

Neque in horto fui , Neque olus comedi.

Longas aures habeo, Brevem caudam teneo.

Domus mea silva est, Lëctus meus durus est.

Dum in aulam venio, Gaudet rex , et non ego , etc.

Il faut l'avouer ; il manque un grain de sel à ces gaietés-là. Les Gaulois nos pères tournaient autrement les mêmes pensées. Le rire de l'Allemand est lourd et gauche.'

L'étudiant mauvais sujet et tapageur a fourni la matière d'un poème héroï-comique qui s'appelle, du nom de son héros, la Jobsiade*.

i Le Magasin pittoresque (année 1845) donne un fragment considérable de la Jobsiade. Les passages suivants en sont extraits.

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