‹ Les Bords du Rhin, de Mayence à CologneChapitre 25 sur 114 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

comme des pyramides; ces fenêtres étroites; ces vitres ternes, avares de lumière; ces poutres en saillie, où les vers et les frimas ont fait office de sculpteurs; ces guenilles qui achèvent de pourrir sur des cordes, et, dans des vases estropiés, ces pauvres fleurs qui ont peine à vivre et souffrent en ces lieux des mêmes maux que l'homme. Je revois, au milieu de la rue, ce ruisseau infect et fangeux près duquel joue-, accroupie, une population grouillante d'enfants malsains et malpropres. Les boutiques, fermées partout ailleurs (car c'est dimanche), ici sont ouvertes. J'y vois un entassement d'objets sans nom, sans valeur et sans forme, desquels l'industrie des enfants de Jacob excelle à tirer de l'or. Tous les noms du calendrier juif s'étalent sur les murs. Autour de moi, j'entends Abraham saluer Aaron, et Sarah interpeller Rachel, tandis que le petit David se prend aux cheveux avec son cadet Samuel. Un gamin qui depuis une heure marche dans mon ombre, en quête d'un pourboire, et dont le nez busqué indique l'origine, me signale un logis plus décrépit que nos plus viles chaumières. C'est dans ce lieu, paraît-il, que sont nés les Rothschild. Ces mo-

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