‹ Les Bords du Rhin, de Mayence à CologneChapitre 30 sur 114 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

lois sacrées sur ce faites, pour délibérer, traiter, convenir, avec les autres princes vos et nos coélecteurs, de l'élection d'un roi des Romains , qui , par la grâce de Dieu, sera après créé Empereur; et pour y demeurer jusqu'à la consommation de celte élection; et autrement faire et procéder comme il est exprimé dans les lois sacrées sur ce établies. A faute de quoi nous y procéderons finalement avec les autres princes vos et nos coélecteurs, suivant que l'ordonne l'autorité desdites lois, nonobstant votre absence ou celle des vôtres.

(Au chap. xvm de la Bulle d'or.)

A défaut de lettres d'intimation, les électeurs étaient tenus de se rendre d'eux-mêmes à Francfort dans les trois mois qui suivaient la vacance.

Leur entrée, leur habitation, leur marche, étaient réglées par des lois précises, quoique souvent violées. Chacun d'eux ne pouvait avoir dans sa suite plus de deux cents chevaux et seulement cinquante cavaliers armés. La sûreté de leur personne était commise aux bourgeois de la ville, qu'un serment sur l'Evangile engageait à ce devoir sous peine d'être déchus de toutes grâces et privilèges. Les étrangers étaient tenus de quitter la ville avant l'entrée

des électeurs ; formalité tout à fait dérisoire , car les ambassadeurs des princes intéressés à l'élection en étaient quittes pour se loger dans la banlieue, et Francfort n'a jamais passé pour une de ces places fortes où ne pourrait entrer ce petit âne chargé d'or dont parlait le Macédonien.

Le lendemain de leur arrivée, le cortège deélecteurs se transportait au Dôme, où se célébrait, au chant du Veni creator, la messe du Saint-Esprit. Puis ils prêtaient serment sur un exemplaire des Évangiles, ouvert à ces paroles de saint Jean : In principio erat Verbum. L'archevêque de Mayence, à qui revenait le premier rôle dans toute l'élection, prononçait à haute voix cette formule de serment :

Moi, archevêque de Mayence, archichancelier du saintempire en Allemagne, et prince électeur, jure sur les saints Evangiles ici mis devant moi, par la foi avec laquelle je suis obligé à Dieu et au saint-empire romain, que, selon tout mon discernement et jugement, avec l'aide de Dieu, je veux élire un chef temporel au peuple chrétien, c'est-à-dire un roi des Romains futur Empereur, qui soit digne de l'être autant que par mon discernement et mon jugement je le pourrai connaître; et, sur

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