‹ Les Bords du Rhin, de Mayence à CologneChapitre 31 sur 114 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

la même foi, je donnerai ma voix et mon suffrage dans ladite élection sans aucun pacte ni espérance d'intérêt , de récompense ou de promesse, ou d'aucune chose semblable, de quelque manière qu'elle puisse être appelée : ainsi Dieu m'aide et tous les saints.

Quand certains électeurs eurent embrassé la réforme , on substitua aux derniers mots ceuxci : Dieu me soit en aide et ses saints Évangiles.

Tous ensemble prononçaient le serment, et un notaire impérial l'enregistrait.

Le travail de l'élection commençait alors, autour de la table de cuir, dans la salle du Rœmer. Aux termes des constitutions, l'élection devait être achevée dans les trois jours, sous peine, pour les électeurs, d'être mis au pain et à l'eau. Mais ce dernier article ne fut guère observé, et l'on vit une élection, celle de Léopold, durer, à peu de jours près, une année entière.

L'empereur était nommé à la majorité absolue de quatre voix, tant que le nombre des électeurs fut de sept. L'archevêque de Mayence y tenait la place de président avec voix pré-

pondérante. Témoin ces vers d'une chronique rimée :

Ad proceres electio pertinet, in qua Preecipuam vocem prœsul de more vetusto Maguntinus habet 1 .

C'est lui qui recueillait les votes dans l'ordre suivant : 1° Trêves ; 2° Cologne ; 3° Bohème ; 4° Saxe; 5° Brandebourg; 6° Palatinat du Rhin; 7° Mayence.

L'élection terminée, une des fenêtres du Rœmer s'ouvrait, et l'archevêque de Mayence jetait à la foule le nom du nouvel Empereur.

Puis on se rendait au Dôme, on faisait asseoir l'élu sur l'autel, on lui donnait lecture de l'acte électif, et, pour premier devoir, on lui faisait confirmer par serment les privilèges des électeurs. Pour ces derniers, c'était, sans aucun doute, l'affaire importante de l'élection, et le nouveau césar répétait le même serment à chaque prince en particulier '.

i « L'élection appartient aux princes. Un vieil usage donne le principal suffrage à l'électeur de Mayence. »

Gunter Liguninus.

2 Voyez plus loin, chapitre iv, le Kœnigsstuhl.

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