‹ Les Bords du Rhin, de Mayence à CologneChapitre 47 sur 114 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

de bronze sont encore lisibles les caractères de la charte octroyée par l'évêque Adalbert I er aux bourgeois de Mayence, et gravée par son ordre à cette place.

Deux dômes, de proportions et de styles différents, couronnent l'édifice. On dirait, pour la forme et les ornements , deux tiares papales : l'une plus ancienne, par conséquent plus sévère et plus nue dans sa structure, plus imposante aussi; l'autre plus riche, plus pompeuse, plaisant davantage au regard.

L'intérieur présente trois nefs romanes, dont la principale est remarquable par la hardiesse des arcs suspendus à une grande hauteur. Mais les fenêtres sont rares, étroites, placées trop haut. Le jour manque et tombe mal. C'est le vice capital de l'architecture romane. L'abondance et la diffusion de la lumière est, au contraire, le triomphe du gothique. Partout où il le peut, l'architecte gothique perce les murailles, et au lieu de moellons étale au soleil ses admirables verrières. Enfin le dôme de Mayence présente cette disposition, qui n'est pas très rare, d'un double chœur se faisant face à chaque extrémité du grand vaisseau,

et de deux absides qui semblent soudées Tune à l'autre.

C'était ici l'église cathédrale et le lieu de sépulture des archevêques-électeurs de Mayence, princes du saint -empire romain, etc. De là lui vient sa principale richesse, chaque électeur s'y étant fait ensevelir avec magnificence. Les chanoines et les prêtres ayant suivi leur exemple, le temple est devenu un vaste cimetière, une nécropole aux rangs pressés. Un peuple de statues, une collection d'urnes funèbres, de colonnes de marbre, de monuments fastueux, ont envahi les piliers des nefs, les chapelles, les murs, les caveaux. Ils sont de tous les temps et de tous les styles. Un connaisseur ferait là tout un cours d'histoire des arts à leurs différentes époques. L'art naïf du moyen âge a modelé de maigres figures sur des corps ascétiques enveloppés dans de raides draperies. La Renaissance s'est donné carrière en de fantasques imaginations, tordant, fouillant, contournant sous mille formes les images de la mythologie et celles du christianisme, mariées ensemble par un gracieux mensonge.

Le xvn e et le xvm e siècle inaugurent le genre

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