CHAPITRE III
théâtral , et coiffent de la perruque de Louis XIV des guerriers vêtus de la tunique, de la cuirasse et du glaive romains.
Un tombeau nous présente l'évêque-électeur agenouillé, de grandeur naturelle, au pied d'un calvaire. L'archiprêtre Bernard de Gablentz a voulu qu'on le plaçât, en grand costume, au milieu de toute sa famille; en tout, douze personnages, hommes et femmes, avec les fraises empesées et le reste du costume du temps de la Ligue. Un troisième est censé voir, dans une pieuse extase, le ciel s'ouvrir à lui; et le sculpteur, pour rendre ce rêve sensible, a figuré Dieu le Père en costume de pape, qui lui envoie, du haut d'un nuage, une grande bénédiction.
La plupart des tombeaux sont chargés de blasons. Un seul en supporte dix-sept, qui attestent l'illustre origine et la brillante parenté du mort. Et puis, ce sont de fastueuses, verbeuses et creuses inscriptions attestant, jusque dans le néant, cette incurable vanité de l'homme. En veut-on un échantillon? Je copie et je traduis :
Albert, par la miséricorde divine et L'auto-
rite de la sainte Eglise romaine, prêtre de Saint -Pierre -es -Liens, cardinal légat, archichancelier du saint-empire romain dans -lu province de Germanie, prince électeur, duc d'Alberstadt, marquis de Brandebourg, duc de Stettin, de Poméranie , de Slavie, burgrave de Nuremberg, etc. etc. Prince accompli et doué de toutes les vertus, etc..
Le reste est à l'avenant.
Une lame de marbre blanc, enchâssée dans le mur, est tout ce qui reste du tombeau élevé par Charlemagne à Fastrada, sa femme. L'inscription, en caractères byzantins, donne aux lombes voisines une leçon de simplicité et de modestie :
FASTRADANA PIA CAROLI