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LE RHIN DE COBLENTZ A COLOGNE

Cublentz. — Rhin et Moselle. — Ehrenbreitslein. — Moralité tirée d'une fontaine. — Le tombeau de Marceau. — Hoche.

— Le pont de César. — Neuwied. — Rolandseck. — Drachenfels. — Le vieux musicien. — Bonn. — Une fête nationale.

— Beethoven; son histoire. — Souvenirs du cardinal Mazarin à Bruhl.

A moins d'un mille du Stolzenfels, sur le même côté , la Moselle , large et profonde comme un grand fleuve, se jette à angle droit dans le Rhin. Coblentz s'étale entre les deux rives. Elle a son quai du Rhin et son quai de la Moselle. Le premier est spacieux, entretenu, splendide. Le second est étroit, malsain, sordide : c'est le vieux quartier. Une population pauvre et laborieuse s'y entasse dans des rues tortueuses et sales. Un pont de pierre, très beau

dans sa vieillesse, franchit la Moselle, et réunit la ville aux faubourgs. Pour le mouvement, pour l'activité, on se croirait sur le Pont-Neuf. C'est la grande artère de Coblentz. Il en est tout autrement du quartier neuf : quittez le quai du Rhin et ses magnifiques hôtels, vous ne trouvez plus que solitude. Deux inconnus qui se rencontrent se sourient et se saluent, heureux de voir un passant. Je fais exception pour les pelotons d'infanterie, qui s'y croisent à toute heure, car c'est le quartier militaire.

Coblentz remplit deux rôles : assise sur deux fleuves, anneau central de la vaste chaîne dont Cologne etMayence tiennent les deux bouts, elle sert d'entrepôt au commerce de la contrée. Son pont de bateaux sur le Rhin s'ouvre sans cesse pour livrer passage aux remorqueurs, traînant après eux de longs convois de marchandises.

Ils s'arrêtent tous à Coblentz, et y laissent ou y prennent de leur cargaison. Les chiffres suivants, recueillis sur les documents officiels, donneront une idée de l'importance de cette navigation.

Dans l'année 1860 la marine marchande avait effectué quatre-vingt-onze mille cent trentecinq voyages, et transporté un poids de cent deux millions quatre-vingt-onze mille quatre

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