‹ Les Bords du Rhin, de Mayence à CologneChapitre 77 sur 114 · IS · texte numérisé non relu

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Le corps de Hoche repose à Coblentz, sous une lame de marbre noir, dans le réduit d'un fort , à côté de la dépouille de Marceau. La France a semé partout des débris de sa gloire, et le Français qui voyage a le bonheur de les voir respectés et honorés de l'étranger.

Hoche et Marceau sont, dans l'ordre militaire, les deux gloires les plus pures de la France. Nous n'avons pas revu leurs tombes, si voisines l'une de l'autre , depuis les funestes événements de 1870. Il nous semble que le Français qui vient les visiter aujourd'hui sentira s'éveiller en son âme, du fond môme de sa tristesse, je ne sais quelle patriotique espérance.

Hoche n'eut pas le bonheur de mourir, comme Marceau , sur le champ de bataille.

Arrêté dans sa marche victorieuse par les préliminaires de paix signés par Bonaparte à Leoben, le commandant de l'armée de Sambreet-Meuse avait bien quelque droit de regretter le cours imprévu subitement imprimé aux

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événements. Sa grande âme s'en abstint. On cite de lui ces lignes, touchantes de simplicité et de bonhomie, écrites dans ce temps môme à sa femme : « La paix est faite, ma bonne amie. Ton mari vainqueur se porte bien et t'embrasse : prends bien soin de notre petit enfant. »

Sa pensée ardente et toujours en mouvement se porta dès lors sur la grande ennemie de la France et de la révolution, sur l'Angleterre : avant Bonaparte, il médita de conduire contre elle une expédition; l'Irlande était le point de débarquement et le champ de bataille choisi.

Mais la mort arrêta le héros dans ses projets. ' Atteint depuis quelque temps déjà d'un mal secret et mystérieux, il mourut le 19 septembre 1797, non loin des lieux que nous venons de décrire et que ses victoires ont illustrés. Un biographe raconte ainsi ses derniers moments, ses funérailles, les honneurs qui lui furent rendus :

« Il lut son arrêt dans les yeux de Poussielgue, son médecin, se vit mourir et accepta doucement son sort. 11 voulut revoir une dernière fois ses amis, ses compagnons d'armes, et les reçut d'un air serein, tandis qu'au pied de son lit sa jeune femme étouffait ses sanglots. Il s'entretint une heure avec eux, les remerciant

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