‹ Les Bords du Rhin, de Mayence à CologneChapitre 78 sur 114 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

de leur affection, et s'efforçant môme de sou-

rire..

« Ce dernier effort l'avait épuisé ; il congédia ses lieutenants, et vers le soir il s'endormit. Après quelques heures de repos, il s'éveilla en suffoquant. Il ne parlait plus : il eut une crise terrible et expira doucement entre les bras de sa femme et du général Debelle, son beau -frère.

« Hoche avait à peine vingt-neuf ans, et sa renommée, comme celle de son jeune et brillant rival, le vainqueur d'Arcole et de Rivoli, remplissait l'Europe. Qui pourra dire la désolation de ses compagnons d'armes, le désespoir de ses soldats ! L'armée entière fit à son chef de magnifiques et touchantes funérailles. On décida qu'il serait enseveli à Pétersberg, dans le camp retranché de Coblentz.

« Le convoi funèbre quitta Wetzlar le 21 septembre et se dirigea vers Coblentz. Les aides de camp de Hoche, les généraux et tout l'étatmajor escortèrent le char, devant lequel étaient portés les étendards et les drapeaux en deuil. Le cortège s'avança ainsi au son lugubre des tambours voilés et au glas funèbre des cloches mises en branle par les habitants des bourgs et des villes qu'il traversait. Les paysans des environs accoururent en foule et firent cortège

aussi au général, dont ils avaient reçu des témoignages de commisération, et qui avait allégé pour eux les charges de la guerre.

« Le corps fut reçu avec honneur à Braunfels par le prince souverain, qui l'attendait sur la place publique à la tête de toute sa maison.

Lorsqu'il passa au pied des remparts fameux de la citadelle d'Ehrenbreitstein, gardée par les Autrichiens, il fut salué par toutes les batteries de la place, et par le feu de la garnison rangée en bataille sur le glacis. Le gouverneur s'avança au delà des portes pour le recevoir et conduisit le corps jusqu'aux bords du Rhin, entre une double haie formée par les soldats de France et d'Autriche. Le convoi traversa ensuite Coblentz, puis se dirigea sur les hauteurs de Pétersberg, où une partie de l'armée était sous les armes pour le recevoir. Là un simple monument renfermait les restes de Marceau. Cette tombe modeste, pour laquelle Hoche avait souscrit quelques jours avant sa mort, réunit les deux héros. Le corps de Hoche y fut descendu après avoir reçu les adieux de ses compagnons : Lefebvre , Championnet, Grenier rendirent hommage à leur général dans un langage militaire, simple et vrai; après eux un grenadier s'avança, présenta l'arme devant le cercueil, y déposa une

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