DE MAYENCE A FRANCFORT
possession du bœuf qu'ils avaient livré entier k la cuisine ; les encaveurs, de leur côté, appuyaient leurs prétentions sur ce que la cuisine était voisine du siège de leur corporation , et sur ce qu'ils avaient été vainqueurs les dernières fois. On voyait encore les cornes du bœuf qu'ils avaient gagné attachées comme trophées k la lucarne grillée du lieu de leur réunion. Les deux corporations étaient nombreuses et comptaient des membres robustes; mais je ne me rappelle pas laquelle remporta la victoire *. »
L'empereur dont il est question dans le récit de Gœthe est François I*', mort l'année suivante ; le jeune roi des Romains , qui riait en se voyant affublé de ces ornements d'un autre âge , fut depuis Joseph II , l'empereur philosophe.
La place du Rœmer a conservé son caractère ; les édifices qui l'entourent, ornés de sculptures ou de fresques, ainsi que ses fontaines, lui donnent un aspect original. Au fond de la place ( à gauche en regardant le Rœmer) , se trouve l'église Saint-Nicolas, charmant petit édifice en pierres rouges, qui doit son origine k Louis le Débonnaire. Cette église tombait en ruines lorsque Rodolphe de Hapsbourg la fit reconstruire au xiii" siècle. Depuis la fin du xiii" siècle, elle a deux fois été convertie en magasin ; on l'a récemment restaurée et rendue à sa pieuse destination.
Derrière le Rœmer se trouve l'église Saint-Paul (église évangélique) commencée à la fin du siècle dernier et terminée en 1833, et la Bourse, achevée en 1844. Une des façades de ce deniier bâtiment est ornée de deux statues , la Prudence et l'Espérance. Cette dernière personnification peut sembler bien sentimentale pour une Bourse; mais nous sommes en Allemagne, où le sentiment se mêle à toutes choses.
Revenons maintenant sur le Rœmerberg; puis, en passant devant l'église Saint-Nicolas^ nous arriverons au Saalhof,