M. de Vemeilh, Annales archéologiques , ayril
teurs ; à eux celle d'avoir perfectionné Tapt et de l'avoir porlé à son plus haut point d'éclat et de splendeur. Mais ne nous vantons pas trop haut ici de ce partage ; car c'est dans la science une point litigieux dont tout le monde ne convient pas, surtout aux bords du Rhin.
Le Musée Wallraf est situé près de la cathédrale. Il contient : au rez-de-cliaussée des antiquités romaines, bustes ef sarcophages, des armures du moyen âge; au premier étage, de curieux tableaux de l'ancienne école du Rhin , sur fond d'or, quelques portraits d'Holbein , du Titien , de Paul Véronèse, de Van Dyck, et d'autres tableaux de différents maîtres. Le musée est public le dimanche, de dix heures à midi et demi ; les autres jours , on paye pour le visiter.
Cologne ne contient pas moins d'une vingtaine d'églises. Nous nous contenterons de signaler les plus remarquables.
L'église des Saints Apôtres^ située k l'ouest de la ville, dans un des quartiers les plus éloignés du Rhin , près du Marché Neuf {Neu Markt). Vue de celte place, l'église est d'un effet charmant : elle présente trois demi-rotondes surmontées d'un dôme octogone d'une construction élégante, et dominées par deux tours élancées dont le sommet est orné d'une boule dorée. Cette partie de l'église, construite dans le style byzantin, est du xi* siècle; le reste de l'édifice est du xiii«. Le clocher est plus moderne encore. L'intérieur, badigeonné récemment k l'huile, est d'un blanc brillant, qui fait ressortir les chapiteaux rouge et or des colonnes. Sur une des portes se lit cette simple inscription : Deo.
Derrière l'église, sur la place plantée d'arbres, où circulent les bonnes d'enfant et les soldats de la garnison , k une fenêtre du troisième étage d'une maison située au nord de la place et dominée par une tour octogone, on remarque deux têtes de chevaux blancs qui regardent en dehors. Ces deux têtes ont été placées Ik il y a quelques années pour consacrer le souvenir d'un événement fantastique dont cette maison
il ITINÉRAIRE PES BORDS DU RHIN.
a été, dit-on, le théâtre. En 1 357, la peste ravageait Cologne ; pour prévenir autant que possible les progrès de l'épidémie, on ensevelissait les morts à la hâte. Dans cette précipitation , la femme d'un chevalier, nommée Richmodis de Liskirchen, fut mise vivante dans la bière et transportée dans un caveau de l'église des Apôtres. Le fossoyeur voulut s'approprier l'anneau qu'elle portait au doigt : il pose à côté de lui sa lampe , ouvre la bière; Richmodis se lève sur son séant.. Éperdu, le fossoyeur s'enfuit, et Richmodis, se ranimant par degrés, se lève, prend la lampe çt sort de l'église. On l'aperçoit, on court prévenir le mari que sa femme vit encore ; celui-ci , incrédule et peut-être médiocrement charmé de cette bonne nouvelle, s'écrie : « Ma femme vivante! je le croirai quand mes chevaux monteront au grenier. » Aussitôt on entendit des pas lourds dans l'escalier; c'étaient les chevaux qui grimpaient, et bientôt leurs têtes s'allongèrent à la fenêtre . d'un des étages supérieurs de la maison. Il fallut se rendre; Richmodis, rentrée chez elle, vécut encore de longues années, et, en souvenir de cet événement, donna à l'église une draperie que l'on y a conservée.
Saint-Pantaléon ^ près de l'embarcadère du chemin de fer de Ronn , au sud de la ville , vis-à-vis d'une caserne , sert de temple protestant, et est destinée surtout à la garnison. Elle contient le tombeau de Théophanie , femme de l'empereur Othon II.
Saint'Séverin , située près d'une des portes de la partie sud de la ville,: est en partie du xi* siècle; son ornementation est remarquable.
Saint-Georges^ dans la même rue (rue Saint-Séverin), es( reconnaissable à son énorme tour, bâtie au xi« siècle , par l'archevêque Hanno, qui en voulait faire une forteresse. Mais les citoyens pénétrèrent son dessein et le forcèrent d'y re** noncer; la forteresse projetée devint une église.
Au centre de la ville se trouvent deux églises contiguës ,
Saint 'Pierre et Sainte ^ Cécile ^ toutes deux attenant au grand hôpital ; ces deux églises ont une entrée commune. Dans la première se voit sur le maître autel un beau tableau donné par Rubens à cette église, où il avait été baptisé: c'est le crucifiement de saint Pierre ; seulement il est bon de prévenir le voyageur que le tableau qu'il aura sous les yiBux en entrant dans l'église n'est pas celui de Rubens. C'est ici surtout qu'il faut admirer la prodigieuse habileté avec laquelle on sait , dans ces curieuses églises, débarrasser le visiteur de son argent. Prévenu que cette église contient un tableau de Rubens , vous regardez innocemment le maître autel et le tableau qui le surmonte : ledit tableau vous semble mauvais, mais vous n'osez peut-être ni le dire ni le penser. Le bedeau s'approche de vous et vous offre de vous montrer le tableau de Rubens ! « Mais est-ce que ce n'est pas celui-là? — Non, ce n'est qu'une copie. » Vous payez vos dix gros, et alors seulement le bedeau, faisant pivoter sur lui-même le tableau que vous considériez, le retourne et vous montre le véritable Rubens appliqué sur le dos de sa médiocre copie. En comparant ces étranges façons, si communes en Belgique et aux bords du Rhin , avec nos usages , à nous Français , vous trouvez que nous gagnons infiniment à la comparaison. Nos églises montrent ce qu'elles ont de plus beau; ici , si l'on a quelque bon tableau , soyez sâr que, sous un prétexte ou sous un autre, ou même sans prétexte, on aura soin de le dissimuler soigneusement aux yeux des fidèles ; pour le voir, vous payerez. A Anvers , pour considérer les deux admirables Rubens que possède la cathédrale , vous payez un franc , et vous entrez alors dans une chapelle où ils sont enfermés , et où il est censé qu'on les répare; or, notez que cette réparation est terminée depuis longtemps. A Cologne , comme vous voyez , on y met encore moins de pudeur. Voici une copie pour vous donner une idée dé l'original, pour vous allécher et piquer votre curiosité :
payez, et vous verrez le vrai Rubens. En vérité, si Tapplication de Fart à la religion n*a d'autre but que de donner au cuite plus de splendeur et plus d'édification aux fidèles , il est difficile de justifier cet étrange commerce, qu'heureusement notre- clergé ignore.
Autre avertissement essentiel à donner au voyageur : ici on a soin de fermer les églises k midi; passé cette heurQ, vous payerez pour y entrer.
L'église de Sainte-Marie au Capitale^ bâtie sur un lieu élevé, est ainsi nommée parce qu'elle a été construite sur l'emplacement qu'occupait le Capitole de la cité romaine. Elle doit sa fondation à Plectrude, femme de Pépin d'Héristal et mère de Charles Martel, qui y est ensevelie. Cependant l'église actuelle, de style roman, paraît être du xr siècle. On y montre quelques tableaux remarquables et de belle? verrières.
Près de là , et près du marché aux foins ( Heu Markt) , se trouve la maison des Templiers (Rheingassey n** 9), remarquable édifice en style byzantin. Elle sert aujourd'hui de bourse et de chambre de commerce.
L'entrepôt, nommé Gurzenich, se trouve dans le voisinage, à l'extrémité d'une rue qui descend vers le marché aux foins. Ou le reconnaîtra à deux figures de chevaliers placées sur la façade : ces chevaliers , en costume du moyen âge, sont censés représenter Agrippa et Marsilius, qui ont fondé et défendu la ville , au temps des Romains. La vaste salle que contient ce remarquable édifice servait jadis aux fêtes que Cologne donnait aux empereurs; aujourd'hui elle sert aux concerts, aux expositions de peinture. On remarquera les sculptures des deux cheminées.
Avant de terminer notre visite aux principales églises, arrêtons-nous k l'hôtel de ville {Rathhaus)^ dont le Gurzenich est peu éloigné. La façade de l'hôtel de ville , un des chefsd'œuvre les plus exquis de la Renaissance, est sur une petite
place solitaire, entourée de maisons sombres. Cette façade est ornée de trois bas-reliefs où figurent des lions : celui du milieu est un sujet emprunté k l'histoire de la ville, et représente une aventure arrivée au bourgmestre de Cologne Gryn. L'archevêque Engelbert, voulant se défaire de Gryn, l'invita à un festin. Le bourgmestre s'y rend sans défiance :
Hôtel de ville de Cologne.
à peine est-il entré dans une salle sombre , qu'on ferme sur lui la porte. Use trouve seul, face à face avec le lion de l'archevêque, prêt à s'élancer sur lui. Gryn entoure son bras gauche de son manteau , lire son épée, fond sur le lion, et le tue. A ses cris , le peuple accourt, enfonce les portes; furieux de la trahison dont son bourgmestre a failli être victime, il se saisit des chanoines, qui cherchent vainement à
fuir, et les pend sans autre forme de procès. Le bas-relié de droite représente Daniel ; celui de gauche, David. M. Victor Hugo, en voyant dans l'un de ces bas-reliefs, celui di milieu , l'aventure de Pëpin le Bref, et dans celui de gauchi celle de Milon de Crotone,' les bras pris dans un arbre e dévoré par un lion -, a commis une double erreur que je si^ gnale volontiers , parce que c'est pour moi une occasion d» déclarer qu'après bien des tournées sur les bords du Rhin celte méprise est la seule que j'aie trouvée dans son beau livre, partout ailleurs si exact. Pour le bas-relief du milieu , sujel tput indigène, l'erreur était facile; mais pour le bas-reliel de gauche , il est aisé de voir que l'homme qui lutte contre le lion, loin d'avoir les bras pris dans l'arbre, tient de ses deux mains les deux mâchoires du lion , dont il va déchire! l'effroyable gueule. Sur ce porche sont gravées plusieurs inscriptions en l'honneur de divers bienfaiteurs de la ville, jusqu'à l'empereur Maximilien. Le reste de l'hôtel de ville est im composé de constructions appartenant a plusieurs époques. Le derrière de l'édifice donne sur la place du Vieux Marché,
Sur cette place se trouve une porte sombre qui conduit à une des églises les plus anciennes de Cologne, le grand Sainte Martin^ qu'on désigne ainsi pour le distinguer du petit Saint-Martin, C'est un édifice moitié roman , moitié gothique, qui fut inauguré au xir siècle : la tour est du xvi*. Le* fonts baptismaux sont curieux : ils sont ornés de têtes de lior et de feuillages ; ce sont , k ce qu'on croit , des sculptures romaines. Un grand dragon renversé soutient la chaire, contn laquelle il paraît fort irrité. On ne peut juger que de l'intérieur de l'édifice : l'église est enfouie de tous côtés dans ur pâté de maisons" qui ne permettent point d'en saisir l'en semble à l'extérieur.
Près du Rhin, au nord de la ville, dans le voisinage di chemin de fer d'Aix-la-Chapelle se trouve l'église de Saint*
Cuniberiy dont quelques parties sont romanes, d* autres au contraire très-récentes. L'hiver si rigoureux de 1829 à 1830 en fit écrouler la tour et toute la partie occidentale. Comme ce malheur arriva à onze heures du soir, et dans un quartier très-peu peuplé, il n'en résulta pas d'autre accident ; mais le choc et le fracas furent tels que dans les environs on crut d'abord à un tremblement de terre. Cette partie de l'église a été reconstruite. Ce qu'il y a de plus digne d'attention dans cette église y ce sont les vitraux de l'abside : ils sont du xiii* siècle. La partie ancienne de l'église ofifre des détails d'architecture remarquables ; ce qui est k noter, c'est que la partie de l'édifice qui s'est écroulée en 4830 ne présentait , dit-on , rien qui puisse la faire beaucoup regretter.
L'église des Jésuites y bâtie au xvii* siècle, ne présente rien de bien curieux, quoique surchargée d'ornements, selon l'usage des jésuites, qui ont porté le goût du genre fleuri dans l'architecture comme dans les lettres. Le métal dont les cloches sont faites a été pris sur les canons que l'on trouva à Magdebourg : c'est un don de Tilly, le bourreau de celte malheureuse ville.
L'église de Sainte-Ursule contient les reliques de cette sainte et des onze mille vierges. La légende raconte qu'Ursule, fille d'un roi de la Grande-Bretagne, partit pour faire un pèlerinage à Rome avec onze mille de ses jeunes compagnes. Après avoir reçu la bénédiction du saint-père , elles retournaient dans leur pays , et s'étaient arrêtées à Cologne, lorsque la ville fut prise par les Huns. Toutes furent massacrées. On recueillit leurs ossements, que l'on peut voir derrière des treillages dorés. Le tombeau de la sainte est à part, à la gauche du choeur. Elle y est représentée en marbre blanc , couchée , les mains jointes, avec une colomBe à ses pieds. Voici ce- que rappelle cette colombe : on ignorait le lieu qui renfermait les reliques de la sainte; un jour que saint Cunibert célébrait la messe, une colombe entra dans
lléglise, voltigea autour de sa tête, puis le mena à un endroit où elle se mit à gratter la terre avec son bec. On creusa à l'endroit qu'elle désignait, et on y trouva le corps de sainte Ursule.
L'église de Saint-Géréon , située près de l'une des portes de la ville , contient les restes des martyrs de la légion thébaine et de leurs chefs Géréon et Grégoire , mis à mort sous Dioclétien. L'église est du xiii'* siècle : le roman s'y mêle au gothique. Une crypte ou église souterraine , d'une construction antérieure , s'étend sous le sol de l'église. Le chœur est tapissé de deux rangées de stalles en bois fort anciennes ( du ïiii* ou du XIV* siècle).
Nous avons énuméré les monuments les plus curieux de Cologne; nous ne mentionnerons (fue pour mémoire la maison où naquit Rubens et où mourut Marie de Médicis, exilée de France. Cette maison , située dans une des rues du centre , Sternengasse , est assez insignifiante. Le portrait de Rubens est sculpté en bois sur la porte, dont les ornements en maçonnerie sont de 1729. De chaque côté de la porte, deux inscriptions rappellent les noms de Rubens et de Marie de Médicis.
Si Cologne est la patrie de Rubens , elle est aussi celle des inventeurs non moins célèbres de la non moins célèbre eau de Cologne. Les Farina pullulent à Cologne ; on voit partout leurs noms et leurs brillantes boutiques dans les quartiers commerçants.: je n'en ai pas compté moins de vingt-trois, qui tous prétendent posséder la seule et unique et véritable eau de Cologne. Dans leurs prospectus, ils ont soin de vous inviter k vous méfier de leurs confrères. L'un d'eux, dont l'eau de Cologne est du reste excellente, distribue l'annonce suivante, que j'ai gardée pour la curiosité du style : « Je prends la liberté d'avertir messieurs les voyageurs de ne pas se fier à des guides sans aveu , ni à des galopins aussi empressés qu'importuns..., etc. » L'auteur a été si
COLOGNE. m
charmé de sa phrase qu'il Ta reproduite sur un des volets de sa boutique, où on peut la lire , rue Frédéric-Guillaume ; seulement il y a apporté quelques légères modifications : galopins, par exemple, est écrit sur la boutique avec deux p : galoppins ! Méfions-nous donc dès galoppins.
Parmi ces galopphis, qui s'offriront k conduire le voyageur, il en est qui lui feront faire plus d'une course inutile : je préviens ceux de nos lecteurs qu'on voudrait mener voir le palais de justice , que ce palais n'a rien de remarquable que son extrême laideur. Il est bâti en fer à cheval, en briques rouges, et a l'air d'un abattoir, ce qui ne prévient pas en sa faveur. Il est vrai que l'herbe pousse dans les cours , ce qui semble témoigner en faveur de la moralité du pays.
Le pont de bateaux qui unit les deux rives du Rhin conduit au faubourg de Deutz , lequel n'a rien de curieux. On fera bien cependant d'aller à Deutz s'installer pour quelque temps sur la terrasse d'un des hôtels ou cafés qui bordent le Rhin. On voit de là tout Cologne , son port si animé, ses clochers et ses tours.
C'est à Deutz que l'on prend le chemin de fer de Dûsseldorf.
Le DrachenfeU.
Se Cologne il Bonn*
Le chemin de fer conduit en une heure de Cologne à Bonn ; les bateaux à vapeur mettent trois heures à franchir la même distance. Le trajet , soit par terre , soit par eau , présente très-peu d'intérêt. Le terrain est peu accidenté ; mais , en approchant de Bonn , les sommets des sept montagnes que Ton aperçoit sur la rive droite du Rhin nous promettent déjà quelques-unes de ces beautés pittoresques qui font annuellement parcourir le Rhin, de Cologne à Mayence , par tant de milliers d'étrangers.
Bonn^ qui existait au temps des Césars romains, fut au
moyen âge une ville assez importante. Aujourd'hui elle n*a guère d'autre valeur que celle que lui donne son université, fondée en 1 783, suppriméepar le gouvernement français, et rétablie en 1818. Schlegel et Niebuhry ont professé, et c'est encore aujourd'hui un des principaux centres scientifiques de l'Allemagne. La ville elle-même n'offre rien de remarquable; ses rues sont d'une propreté assez insignifiante, solitaires, tranquilles. Bonn n'a conservé de ses anciens monuments que sa cathédrale, qui date du xm* siècle. Une partie de l'édifice est plus ancienne. On voit à l'intérieur deux bas-reliefs représentant la naissance et le baptême du Sauveur, et une statue de bronze de sainte Hélène, fille de Constantin , auquel l'Église fait remonter sa première fondation. Comparée aux autres cathédrales des bords du Rhin, cette église, comme la ville elle-même, mérite peu d'attention.
Le château ,hkti au xviii' siècle, conlienl une bibliothèque considérable (150000 volumes), des collections précieuses, bustes, médailles, bas-reliefs, antiquités de toute espèce; on y remarque un bel autel romain , orné de figures d'hommes et d'animaux ; on y lit l'inscription suivante : Deœ Vieioriœ sacrum.
En dehors de la ville se trouve l'ancien château, où l'on voit de riches collections d'histoire naturelle et un jardin botanique. Tout k Bonn semble consacré à la science. Nous n'avons pas en France de ces villes lettrées où l'université est tout , comme à Bonn et à Tubingue , où l'étudiant passe fièrement devant le bourgeois , le philistin , partageant son temps entre les cours de l'université et les brasseries, où il va boire la bière en se livrant à de longues discussions, qu'interrompent de temps en temps quelques beaux chants entonnés en chœur avec un merveilleux ensemble. La vie de ces universités, si différente des nôtres, serait curieuse à observer; mais c'est une étude que le touriste, toujours pressé , néglige d'ordinaire : les beautés de la nature et les
monuments des arts appellent d'abord son attention, et des mœurs locales il n'observe guère que ce qui peut se voir à table , sur les bateaux à vapeur ou dans les wagons.
A l'extrémité de la ville, sur les bords du Rhin , se trouve la maison du poète Arndt, un des plus intrépides gallophohes de i 81 3, un de ces poètes guerriers dont les chants ont soulevé alors toute la jeunesse allemande pour la guerre de l'indépendance. Tout le monde connaît ses énergiques et belliqueuses poésies, surtout celle qui commence ainsi :
Dfeu, qui créa le fer, n*a pas voulu d*esclaves....
Une renommée plus éclatante et qui ne nous rappelle d'ailleurs que d'heureux souvenirs, c'est Beethoven, qui est né dans cette ville, rue de Bonn, 545. Sur la place de la cathédrale on a élevé un monument à l'immortel compositeur ; c'est l'œuvre de M. Hœnel.
Au-dessus de Bonn, ou plutôt du village de Poppelsdorf , s'élève le Kreuzberg, surmonté d'une église ; derrière l'autel se trouve un escalier en marbre , de vingt-huit marches, appelé le saint escalier; on n'y monte qu'à genoux. Un caveau , placé sous r église, a la propriété de conserveries morts, comme la tour Saint-Michel à Bordeaux : on y voit les cadavres de vingt à trente moines, dont le plus ancien a, dit-on, quatre siècles.
Se Bomi à Coblente.
Quand on sort de Bonn , on voit les montagnes se rapprocher du Rhin; sur la rive droite, le Drackenfeh^ et les croupes élevées des sept montagnes ; sur la rive gauche , le château de Godesberg^ seul, sur un mamelon isolé au milieu d'une plaine fertile.
Le Godesberg commence pour nous la série de ces ruines grandioses qui se pressent sur les coteaux du Rhin , mêlant la poésie des souvenirs à celle de la nature. Élevé au xiii* siècle par les archevêques de Cologne , il fut détruit trois siècles après. Une tour seule est restée debout.
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Un peu plus loin , sur la rive droite , se trouve la petite ville de Kœnigstvinter. C'est là que débarquent les voyageurs qui vont entreprendre l'ascension du Drachenfels. On peut y monter par plusieurs chemins : l'un, très-aisë, part de Kœnigswinter. On trouve, au bas de la montagne, des ânes et des chevaux. Pendant le trajet, on est assailli par des enfants qui vous offrent des couronnes artistement faites avec des feuilles de chêne. Ceux qui préfèrent les sen* tiers plus diilBciles et moins fréquentés peuvent, en partant de Kœnigswinter et en suivant le long du Rhin , dépasser le pied de la montagne. Ils trouveront sur leur gauche un sentier rocailleux qui monte à travers des vignes. Là , si l'ascension est plus rude , au moins , quand on se retourne de temps en temps , on peut admirer à loisir la vue magnifique qui s'étend sous les regards , et sans être troublé à chaque instant par les mendiants : ceux-ci sont occupés sur l'autre chemin.
On trouve , avant d'arriver au point le plus élevé , une plate-forme , un café et des tables ; en s' appuyant sur la balustrade qui entoure cet endroit et domine les précipices, on a devant soi un spectacle ravissant : à droite, la vue s'étend sur tout le cours du Rhin jusqu'à Cologne ; à gauche, la vue est moins étendue, à cause des montagnes, mais aussi plus pittoresque. On aperçoit devant soi , sur l'autre rive , le Rolandseck , et au milieu du fleuve l'ile de Nonnenwerth.
Il faut monter encore pour atteindre au sommet des ruines. La principale est une tour carrée , dont un des pans s'est écroulé. Ses vieilles mur ailles sont couvertes de noms modernes., que les visiteurs y ont peints en noir ou en rouge avec la date de l'inscription. La vue est à peu près la même qu'à la plate-forme située au-dessous ; seulement du même point on peut, sans changer de place et en pivotant sur soimême , contempler autour de soi les aspects variés qui se déploient au pied du Drachenfels. Derrière la montagne on
voit de vastes carrièires , de gigantesques escarpements , et les sommets sombres qui forment le groupe appelé les sept montagnes y et dont le Drachenfels est le pic le plus élevé. Ce lieu avait frappé Byron, qui, au IIP chant de Childe-Ho' roldy décrit ces beaux lieux, où pourtant le poursuivent en* core les regrets de l'amour :
« Le roc crénelé du Drachenfels domine majestueusement les larges détours du Rhin , dont les ondes se déroulent entre ces coteaux décorés de pampres; les arbres en fleur, les campagnes riches des promesses de la moisson et des vendanges , les villes éparses çk et là , dont les blanches murailles brillent le long du fleuve , tout se réunit pour former un tableau que je contemplerais avec un double ravisse* ment si tu étais avec moi.
« De jeunes paysannes aux yeux bleus , et dont la main nous ofi're des fleurs nouvelles , embellissent encore cet Éden par leur sourire. Sur les montagnes , de nombreuses tours élèvent leurs murailles féodales au milieu de la verdure du lierre ; des rochers à la pente rapide , les ruines d'une arcade antique, apparaissent au-dessus des berceaux de pampre qui ornent les vallées. Il ne manquait à mon bonheur, sur les bords du Rhin, que de pouvoir serrer ta main dans la mienne. »
Le Drachenfels (rocher du Dragon) doit son nom k la légende suivante r
Dans le temps où le christianisme commençait à être connu dans le pays et à être persécuté par les prêtres de la religion sanglante dont il menaçait l'autorité, un dragon énorme habitait une caverne de cette montagne. Les Druides lui offraient , pour l'apaiser, des victimes humaines. Un jour, deux chefs du pays , Rinbold et Horsrick , avaient pris à la guerre une jeune fille d'une éclatante beauté , pt s'en disputaient la possession ; déjà les épées étaient tirées , lorsque le grand prêtre, intervenant, réclama pour ses dieux le sang de
la jeune fille; l'un des deux chefs, Rinbold, touché àe compassion, voulut d'abord résister à l'autorité du prêtre, mais il fallut céder. On lui arracha la jeune fille et on la mena prèô de l'antre du dragon. Elle était chrétienne : attachée à un arbre près de la caverne , elle tira de son sein un crucifix qu'elle y avait caché. Le monstre fond sur sa proie , prêt k
L'Ile de Nonnenwerth et le Rolandseck.
la dévorer; mais, à la vue de la croix sainte, il recule, pousse un hurlement horrible , et , du haut de son rocher, se précipite dans le Rhin , où il disparut pour jamais.
Le peuple, frappé de ce miracle, court délivrer la jeune fille; celle-ci convertit Rinbold, qu'elle épousa, et toutes les populations du voisinage embrassèrent la foi chrétienne. La légende ajoute que ce fut ce Rinbold qui fonda le château dont les ruines couronnent encore le sommet du Drachenfels.
Le Rolandseck , qui s'élève un peu plus loin sur la rive gauche du Rhin, au-dessus de deux îles verdoyantes, rap-
pelle les malheurs d'un des preux de Charlemagne : c'est là que Roland est mort, si l'on en croit la légende allemande, let non k Roncevaux, comme l'affirme l'histoire.
Roland, s'ennuyant un jour du repos et des fêtes , quitta la cour de l'empereur son oncle, et, suivi de son fidèle compagnon Olivier, se mil à voyager sur les bords du Rhin, comme un simple touriste; seulement il s'amusait, chemin faisant, à châtier quelques chevaliers pervers, à faire rendre justice aux'opprimés; ce que les modernes touristes n'ont plus besoin de faire, depuis que les gendarmes se sont chargés de cette besogne et remplacent avec avantage les chevaliers errants. Près du Drachenfels, Roland rencontra le chevalier Héribert, le maître du château qui s'élevait sur ce rocher et qui l'invita ë s'y reposer. Héribert avait une fille plus belle que le jour ^ cela va sans dire; il va sans dire aussi que Roland en devint amoureux et réussit à s'en faire aimer. Déjà il allait s'unir à elle, quand un message de l'empereur l'appelle en Espagne; Roland part, franchit les Pyrénées, combat les Maures; la nouvelle de ses exploits parvient jusqu'au Drachenfels, bientôt aussi celle de sa mort; on raconte que le vaillant paladin vient de mourir à Roncevaux. Désespé* rée, sa fiancée entre au monastère de Nonnenwerth, qui existait dès lors dans une des deux îles situées au pied du Drachenfels, et bientôt elle y prononce ses vœux. Mais Roland n'était pas mort. Recueilli après la bataille par son écuyer Olivier, il avait été porté près de Roncevaux dans une cabane de pâtres, et, après avoir langni plusieurs mois, la jeunesse aidant, ainsi que l'amour, il avait recouvré la santé. Il traverse la France, arrive au Drachenfels, apprend la fatale nouvelle. Accablé de douleur, il passe le Rhin, monte sur la colline qui domine l'île et le monastère de Nonnenwerth, et s'y bâtit une cabane. C'est là qu'il finit ses jours avec son fidèle écuyer, passant ses journées à contempler le monastère , y cherchant des yeux celle qu'il aimait, et qui , tous les matins,
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venait de loin lui rendre son salut. Un jour elle ne parut point. Roland apprit bientôt qu'elle était morte. Depuis ce temps , il ne prononça plus une parole. Un soir son écuyer le trouva devant son ermitage, immobile , accoudé sur un rocber. Son œil, demi-voilé, se dirigeait encore vers le cimetière du couvent. Il était mort. On bâtit un château sur ce rocher, qui conserva le nom de Rolandseck. Il y a quelques années , pendant une nuit d'hiver, une arcade élevée , dernier débris de ce château, s'écroula; on l'a reconstruite : j'en dois prévenir les âmes sensibles qui seraient tentées de s'y laisser prendre, la ruine la plus importante du Rolandseck est neuve , au moins en partie.
Le château avait été détruit au xir siècle par l'empereur d'Allemagne. Ces lieux, auxquels s'attachent de douces légendes d'amour, étaient devenus le sanglant repaire de ces chevaliers bandits qu'a fait revivre un grand poète. L'empereur, le grand justicier, était souvent obligé de venir y mettre ordre, et de détruire le nid avec les vautours. Quand le soir surprend le voyageur assis sur ces débris , quand la nuit, étendant ses ombres surla réaKté visible, rend la vie aux choses de l'histoire et la donne aux fantômes de l'imagination, les souvenirs lugubres viennent vous assaillir sur ces pierres arrosées de tant de sang, et qui ' furent témoins de ces luttes formidables ; alors , pour peu que votre mémoire reste fidèle aux beaux vers , vous vous réciterez â vous-même ceux que le poète met dans la bouche de ces hommes, redemandant à l'empereur d'Allemagne leurs compagnons morts , leurs châteaux détruits :
César, César, César I rends-nous nos citadelles, Nos burgs, qui ne sont plus que des nids d'hirondelles; Rends-nous nos amis morts, qui hantent nos donjons. Quand Tâpre vent des nuits pleure à travers les joncs.
Le couvent de Nonnenwerth, situé dans l'île, a été récem-
ment rendu à son ancienne destination; il avait été supprimé en i802, sous le gouvernement consulaire. Quelquesunes des anciennes religieuses obtinrent d'y rester jusqu'à leur mort. Vendu en 1822, il était devenu un vaste hôtel; une corporation religieuse l'a racheté dans ces derniers temps. C'est aujourd'hui une maison d'éducation dirigée par des Ursulines.
Après avoir dépassé le Rolandseck et les deux îles couchées à ses pieds, nous trouvons sur la rive gauche Oherwinter^ vis-à-vis de la petite île de Werih , et sur la rive opposée, VnkeL Vis-à-vis d'Unkely le lit du Rhin est encombré de rochers de basalte que l'on aperçoit quand les eaux sont . basses. En 1846, une montagne, située en face, s'écroula en partie vers le Rhin : une déchirure jaunâtre la signale aux regards du voyageur.
Un peu plus loin qu'Unkel , sur la même rive, nous apercevons Erpel; au-dessus de ce village s'élève un rocher de basalte de 700 pieds, d'un aspect magnifique, et dont les lames noirâtres reluisent comme du cuivre aux rayons du soleil couchant.
Sur la rive gauche se montre l'église récemment reconstruite i' Àpollinarisberg y reconnaissable à ses quatre clochers dentelés. Ce bel édifice, que l'on doit à l'architecte chargé de l'achèvement de la cathédrale de Cologne, M. Zwirner, est orné à l'intérieur de fresques représentant divers sujets de la vie de Jésus-Christ, de la Vierge, de saint Apollinaire, dont les cartons sont de MM. Deger, André et Charles MuUer, Ittenbach, peintres de l'école de Dusseldorf. Le mont Saint- Apollinaire était jadis une importante prévAté et un lieu de pèlerinage très-fréquenté, surtout par les épileptiques, qui croyaient y trouver leur guérison.
Rémagen , tout près de là , est une ancienne ville romaine • (Ricomagus). On y a trouvé au siècle dernier d'importants 4ébris d'antiquités, qui furept transportés à Mannheim. La
DE COLOGNE A GOBLENTZ. 61
ville est entourée en partie de murs noircis par le temps, et son église byzantine mérite d'être visitée. La porte du presbytère catholiqvs est ornée de figures grotesques, dont quelques-unes représentent les signes du zodiaque : c'est un curieux fragment, auquel on attribuait jadis une grande* ancienneté. Mais il ne parait pas que ce soit, comme on Ta cru longtemps , un ouvrage romain , et quelques ornements semblent indiquer le xi* siècle comme date de la construction.
Sur la rive droite s'élèvent les ruines du château à^Okhenfelsy et un peu plus loin paraît LintZy ville antique, souvent ravagée par les guerres , et dont les tours noirâtres attestent la puissance déchue. Cette ville a soutenu de longues luttes contre celle d'Andernach, et l'animosité la plus vive a longtemps mis aux prises ces deux populations. Cependant, depuis quelques années, dit un Guide que nous avons sous les yeux, « la torche de Thyménée a entièrement supplanté celle de Bellone ; » en d'autres termes , les mariages entre les habitants de Lintz et leurs voisins d'Andernach , qui eussent jadis paru une chose inouïe, sont devenus fréquents et ont éteint peu à peu ces haines locales , qui ne sont plus de notre temps. \
Au-dessus de Lintz s'élève le Hummelsberg y sur lequel on a érigé, en 1838, une croix de 20 pieds de haut, en souvenir de la bataille de Leipsick. Pourquoi, au bout de vingtcinq années de paix , avoir rappelé ces luttes et ces haines nationales, qui nous sembleront un jour, il faut l'espérer, aussi ridicules que celles qui divisaient jadis Lintz et Andemach?
Depuis Erpel, les montagnes de la rive droite s'abaissent ou s'éloignent du fleuve. Leurs flancs , tapissés de vignes étagées et soutenues par des murs , n'ont plus rien de cette âpreté sauvage qui plaît aux yeux de l'artiste ; mais les vins rouges que produisent ces coteaux sont estimés , et le soin
avec lequel les vignerons utilisent la moindre motte de terre prouve rimporlance de cette culture,, qui fait la principale industrie du pays.
Sur la rive gauche, les montagnes boisées , éloignées du fleuve, encadrent une riche plaine, au milieu de laquelle s*élève Sinzig; elles se rapprochent du Rhin à partir de Breisig, et ne le quittent plus jusqu'à Andernach. Un peu plus loin que Breisig apparaît le château du Rheineck^ reconstruit en 1832 : le donjon carré du midi est le seul reste de Tancien château, plusieurs fois incendié, par l'empereur Conrad III en H50, par les Français sous Louis XIV, et enfm, en 1785, en temps de paix. On peut visiter ce château, qui contient des fresques remarquables d'Edouard Steinle. Ces fresques décorent le baptistère. Le château lui-même a été rebâti par M. de Lassauk.
De l'autre côté du fleuve s'élève le château à^ArgenfelSj et plus loin, sur la même rive, les ruines de XHammerstein^ burg puissant au moyen âge, bâti au x* siècle; ce fut l'asile du malheureux empereur Henri IV, poursuivi par son fils et excommunié par Grégoire VIL II a été détruit en partie par les Français en 1688.
Nous avons dépassé le village de Brohl^ situé sur la rive gauche, â l'embouchure du Brohtbach^ torrent qui parcourt une vallée pittoresque. Celte vallée conduit au lac de Laach. Nous en reparlerons tout â l'heure.
Andernach. — Cette ville n'est pas à beaucoup près aussi visitée que le mériteraient son aspect antique et pittoresque, et ses environs, qui sont charmants. Ville romaine, habitée depuis parles rois d'Auslrasié, qui y avaient un palais, elle rappelle et conserve tous ces souvenirs d'un passé qui eut son importance. La porte du Rhin est de construction romaine; on y remarque deux figures grossières, placées audessus de la seconde des deux voûtes qui forment cette entrée, et dont le costume atteste l'antiquité. Les rues
étroites par lesquelles oh pénètre dans la ville ont gardé leur antique aspect , et le costume des femmes y a conservé
Tour à Andernach.
un peu de cette couleur locale si chérie du touriste, et qu'on ne trouve plus guère que dans les villes peu fréquentées. Les filles y portent une coiffure élégante et singulière, un couteau en argent-, auquel sont attachés leurs cheveux enferniés dans une petite résille en étoffe d'argent. £n se
ITINÉRAIRE DES BORDS DU il HIN.
mariant, elles quittent cette coiffure , qui se retrouve ailleurs dans quelques endroits des bords du khin.
Ce qui atteste encore mieux , du reste, combien Andernach offre de couleur locale et de débris du moyen âge, c'est le fait suivant : en 1846, on fut obligé d'y envoyer des troupes ; les mariniers d'Andernach , depuis longtemps en possession de remorquer les bâtiments , et se trouvant dépossédés de
Porle d'Andernach.
leurs fonctions par les bateaux k vapeur, trouvèrent tout simple de prendre leurs fusils et de tirer sur les bateaux : on eut quelque peine à leur faire comprendre que nous n'étions plus au xvi* siècle, et-que ces façons d'agir étaient un peu arriérées.
Il ne faudrait pas croire , d'après ce qui précède, qu' Andernach soit une ville sauvage , étrangère à la civilisation moderne : on y trouvera , au contraire, d'excellents hôtels ;
ce qui, même pour un atitiquaire, n'est pas tout, à fait à dédaigner.
La ville, assez petite, est entourée de murs flanqués de tours , et dont les fossés vastes et profonds sont aujourd'hui convertis en potagers et en vergers.
L'église paroissiale, de style byzantin, date en partie du X' et en partie du xui* siècle ; elle présente quelques belles portions, des clochers d'une ornementation exquise, un portrait remarquable. Une autre église sert aîujourd'hui de caserne.
La porte située près du Rhin , sur la route de Coblentz , et près de la forteresse à demi ruinée qui en défendait les approches, est criblée de trous de balles et de biscaïens. En sortant par cette porte et en suivant la route, sur laquelle se trouvent les stations d'un calvaire, on atteint, au bout d'une bonne heure de marche , Weissenthurm , petit village où le général Hoche passa le Rhin en 1797. Au-dessus du village s'élève sur un monticule un obélisque tronqué; on y lit cette inscription :