ÉPILOGUE
Un auteur que nous avons souvent cité et plus d'une fois contredit, a écrit ces paroles qui sont le jugement de son livre, en ce qui concerne Alexandre VI et sou fils César: « Au point de vue de causalité, l'histoire est la juridiction universelle, dit M. Grégorovius ; mais telle qu'elle est écrite, l'histoire n'est souvent que le plus mal informé des tribunaux. Plusieurs personnages historiques pourraient traiter de caricature le portrait qu'on a tracé d'eux dans les livres, et se moquer des jugements dont ils ont été l'objet (1). » Cela est vrai, surtout depuis bientôt quatre siècles, où l'histoire est devenue, entre les mains d'une postérité séduite, une arme contre l'Eglise, « une conjuration flagrante contre la vérité », suivant l'expression du comte J. de Maistre. Cela est particulièrement frappant de vérité pour les Borgia; on a fait de la caricature et on a cru à l'histoire. « Il semble, dit un écrivain peu suspect, que l'histoire ait pris la famille Borgia comme une toile sur laquelle elle a voulu réunir en un tableau tous les crimes du xve et du xvie siècle (2). »
(1) Lucrèce Borgia, t. II, p. 230.
(2) Rawdon Browx, Ragguagli sitlla vitta di Marina Sanuto, p. 207, note. « Mi sembra clie la storia si sia servita délia famigha Borgia corne <li tela sopra laquale abbia voluto dipingere le sfrenatezze dei secoli xv e xvi. *