‹ Les BorgiaChapitre 40 sur 95 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

commencé cette réhabilitation. Il l'a subie et nullement inspirée ; des religieux l'ont même combattue. Elle a été commencée par un protestant et continuée surtout par des laïques, par des indifférents, quelquefois même par des adversaires déclarés. Peut-être est-ce par quelque intention secrète et bienfaisante de la Suprême Vérité, que des profanes, des hommes étrangers à la foi, ont été les premiers et les plus ardents à venger le plus calomnié des Papes.

Depuis près d'un siècle l'histoire a reçu une impulsion nouvelle. Ce mouvement des études historiques, provoqué par d'illustres adversaires du catholicisme, a servi admirablement la cause de l'Eglise. Des hommes d'un remarquable talent, s'enfonçant dans les catacombes de l'histoire, y ont creusé, déblayé des voies inconnues ou perdues, et en ont rapporté des matériaux inappréciables pour la solution d'une foule de problèmes historiques. Bien des jugements dictés par la passion ont été révisés ou cassés. Quelques-uns croyaient peut-être sceller une dernière fois la tombe de leurs victimes sous les pierres qui servent chaque jour à reconstruire le sanctuaire de la vérité historique, et déjà pour plusieurs figures condamnées à l'oubli ou au mépris éternel ces pierres sont devenues le piédestal d'une glorieuse réhabilitation. Si notre insuffisance ne nous donne pas l'espérance d'avoir aussi bien réussi pour les Borgia, nous aurons du moins la satisfaction d'avoir entrepris de venger la vérité odieusement outragée; le temps, cet historien sans peur, tiendra la plume après nous et nous lui laissons sans crainte ni jalousie le soin d'achever.

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