‹ Les Borgia histoire du pape Alexandre VI., de césar et de Lucrèce BorgiaChapitre 14 sur 108 · RODRIGUE BORGIA, CARDINAL · texte numérisé non relu

RODRIGUE BORGIA, CARDINAL

« mais encore sur toute la famille deBoi^a (1). »• Cependant Rodrigue continuait à s'occuper du gouvernement de sa légation et ne se pressait pas de se rendre aux désirs de son oncle. Ses amis, qui le savent homme de bien et de talent, le pressent. C'est Piccolomini lui-môme, cet homme de forte trempe et excellent juge des hommes, qui est convaincu que Rodrigue « doit prendre sa part du gouvernement de l'Eglise. » En même temps, c il ne cesse pas de parler au Souverain-Pontife de son neveu bien-aimé > ; il demande pour lui le poste de la chancellerie, vacant depuis la mort de Nicolas Y, et « renouvelle ses instances toutes les fois que l'occasion s'en présente (2). » En sorte que c'est lui qui révèle en quelque sorte à Rodrigue sa vocation, lui ouvre les portes de sa carrière, l'introduit dans le gouvernement de l'Eglise et le conduit comme par la main jusque sur les degrés du trône pontiâcaL

(1) JËH, Stly., Epist, ad i«*» ApriL 1457. V. PxicBs justipica-

TIYBS, n* 5.

(2) ^N. Stlvii, Epist, ccxxYii, libri I. jEnecu card. Senensis Roderico Borgia cardinali S. Nicolai, « Trînœ jam mihi reddiUs sunt litterse taas suo more suaYissimsa, et ab amantissimo pectore prodeuntes, prioribus respondi non ut debui, sed ut potui. Quis enim tam eyisceratse charitatis satisfaoere possit f Scîo quid debeo, facio quod ▼aleo. Ad ultima scripta progero, non repeto quod beneTolentia ultra citroque posset, meus animus tuus est : dabunt aliquando testimonia non yerba, sed opéra. Summo pontifici non desino de chariisimo sibi nepote, cum se offert occasio, loqui ; ne prœterea intactam cancellariam. Nihil adhuc solidi est, manet, arbitror» alta mente repositum concilium. Non omnia prodit senez quse factarus est. Cum negat, tune maxime cupit. Non cessabo, cum licebit, iterum atque iterum perloqui... Cardinalis Papiensis infrik biduum adventurus fertur. .. Nilxil plus nori est. Commendamus nos tibi, cai serrire presto sumus. Ez urbe, die xxii februarii» anno mcccclvii.

• Votre retour serait fort utile, ajoutait-il aux ligues que uous avons citées ; vous consoleriez la vieillesse du pontife, votre oncle, auquel les préoccupations et les soins incessants de son ministère n'accordent aucun repos. Votre présence aurait pour premier efiet de le combler de joie : car ce n'est pas sans un grand bonheur qu'il voit près de lui un rejeton de sa race. Puis vous prendriez une part de ses travaux, et il ne serait plus seul à porter le fardeau. Le Sacré- Collège tout entier acclamera votre arrivée, et se réjouira d'avoir dans ses rangs un homme auquel on puisse recourir dans une nécessité pressante. H en est beaucoup en effet qui, ne pouvant avoir accès auprès du pontife, se voient frustrer, bien que Sa Sainteté consacre sans relâche aux audiences le jour et la nuit (1). > Dans ce seul témoignage du célèbre cardinal, reluit la véritable opinion des contemporains sur le jeune Rodrigue. Cette lettre est un puissant contrepoids à la caricature des pamphlets satiriques. Les rares monuments de l'histoire contemporaine contredisent si ordinairement l'erreur accréditée, que le lecteur, prévenu par tout ce qu'il a entendu, en est constamment étonné.

Qu'estr-ce qui retenait Rodrigue et l'empêchait de se rendre de suite aux désirs de son illustre ami ? Les hésitations qu'il avait montrées en Espagne s'emparent de nouveau de son esprit. Sans doute, elles tiennent aux fibres les plus vivantes et les plus sensibles de

(1) ^H. Sylvh, Epiêt. ad i»«"» April. 1457. V. Pi&cbs justifica- TITES, n* 5.

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