LE CARDINAL BORGIA SOUS LE PONTIFICAT DE PIE II
Le cardinal Rodrigue réorganise la chancellerie apostolique. — Mort do son oncle et de son frôre. — Le vice-chancelier au conclave. — Élection de Piccolomini. — Son portrait. — Affection du Pape pour le neveu de Calixte. — Un manque de réserve lui attire des reproches de Pie II. — Lettre du Pape. — Réflexions qu'inspire sa lecture. — Munificence du cardinal Borgia en rhonneur de la religion. — Pie II rêve de mourir en face des ennemis. — Rodrigue vend ses domaines pour aider à la guerre sainte et accompagne le Pape. — Mort du Pontife.
Rodrigue était donc à Rome. Son oncle l'avait investi, dès son arrivée, de la dignité de vice -chancelier.
La chancellerie était vacante depuis la mort de Nicolas V. Rodrigue mit courageusement la main à l'œuvre délicate de sa réorganisation, sans s'arrêter aux ^ mécontentements qu'il pourrait susciter.
Dans la pensée du pontife, ce ministère allait devenir le centre où aboutiraient toutes les affaires de la chrétienté. L'honneur était grand, le plus grand dans l'Eglise après le souverain pontificat, mais nombreuses étaient aussi les difficultés. Les rares qualités qu'il déploya dans l'exercice de cette fonction lui conquirent au début l'affection générale (1).
Piccolomini se félicitant de son choix écrivait : c No- € tre chancelier, Rodrigue Borgia, neveu du Pape, est f jeune, il est vrai, mais sa conduite et son bon sens
(1) JoAN. St£LLa, in vitA Alexandri VI. — V. aux Pikcks justiriCATiVBs, n» 2.