DE SIXTE IV
Portrait de Sixte IV. — Le cardinal Rodrigue assure son élection. -^ Le nouveau pape donne ses soins & la guerre sainte. — Il prend le parti de négocier la croisade par des légats. — Rodrigue est envoyé en Espagne. — La situation politique de ce royaume rend sa mission difficile. —- II était Thomme Je plus apte h la remplir. — Réception à Valence. — Discours k la cathédrale. — Ce discours peint Thomme et le montre sous un jour bien favorable. — Ses sensations en se retrouvant dans sa patrie. — Il apaise un soulèvement dans la Catalogne. — Succès de sa mission dans cette province. — Le légat k la cour de Castille. — Pour quelles causes le roi favorise d*abord sa mission et Tentrave bientôt. — Fermeté et courage du légat apostolique. — A Rome, le Sacré- Collège repousse la nomination aii cardinalat de Louis d* Aragon. -* Le cardinal de Pavie a recours k Tinfluence de Borgia pour faire triompher la résistance des cardinaux. — Contresens ou mauvaise foi de Ouichardin. — Une effroyable tempête assaille le cardinal k son retour en Italie. — Pendant son absence Tenvie , a travaillé k lui nuire. — La conduite du légat jugée par le cardinal de Pavie. — Précieuses faveurs dont le comble Sixte IV. — Il reçoit le sacerdoce et la consécration épiscopale.
Paul II venait de mourir. Le cardinal de la Rovère fut appelé à lui succéder et prit le nom de Sixte IV, Tous les écrivains se sont plu à louer l'intégrité de ses mœurs, l'étendue de son savoir, Télévation de ses idées et son expérience des affaires. Ce cardinal était né avec les qualités qui font un grand souverain sur le trône et un saint dans la solitude : un esprit plein de
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justesse et de hauteur, une grande autorité de commandement et une royale libéralité. L'inexorable histoire condamne dans Sixte IV quelques défauts dont souffrit sous son règne le gouvernement de l'Eglise, mais ils sont cachés sous le nombre de ses grandes actions. Tel est l'homme que l'influence du vice-chancelier venait de créer pape.
On a accusé Rodrigue précisément à cette occasion. L'auréole de gloire que ce fait, qui servait de complément au choix de Pie II, faisait rayonner autour de sa tète ne devait pas rester intacte. On a suspecté la pureté de ses intentions, on a prétendu qu'il avait cherché à s'assurer la reconnaissance du cardinal dont il croyait servir l'ambition. Cette accusation de quelques contemporains parait suspecte de partialité à cause du blâme qu'elle fait rejaillii* sur la mémoire de Sixte IV. Si, peu après son élection, il donne à Rodrigue la riche abbaye de Subiaco, il faut d'autres garanties que la parole du pamphlétaire Infe'ssura pour voir en cela la récompense des intrigues du vice-chancelier. Avec un homme de la trempe de Sixte IV, on ne s'explique pas facilement la complicité qu'on lui prête ici. Aussi croyons-nous que s'il n'est pas possible de justifier Borgia de tout reproche, que du moins on s'est permis d'étranges exagérations (1).
La défense de l'Europe contre l'invasion musulmane fut la préoccupation constante de la Papauté. Seuls,
(1) • Vicecaucellarius, Pontificem nactus, artibus et corruptelis
suit creatiun » Epist. dxliv, Jac. card. Papiensis. — Ciac-
CONIU8, t. m, p. 1. — . Bzovxi ArmaUt, aDuo 1471, n* 2. — Inpxs- 8UKA, J>iar, urb, Rom., p. 1142.
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parmi les princes chrétiens, les Papes ne perdirent jamais de vue cette mission sacrée et se montrèrent toujours les vrais représentants du patriotisme et de la civilisation. Animé du même esprit que ses prédécesseurs. Sixte IV donna ses premievs soins à former une ligue contre les Turcs. Il convoque d'abord un Concile à Rome, mais les princes chrétiens refusent d'y envoyer leurs ambassadeurs. Le nouveau pape résolut alors de négocier la croisade par des légats.
Quelques cardinaux, esprits éclairés, désapprouvèrent ce moyen comme inopportun et insuffisant (1). Le Pontife jugea leurs craintes exagérées et sur son ordre le célèbre cardinal Bessarion partit pour la PYance, tandis que le cardinal d'Aquilée, Marco Barbo, prenait le chemin de l'Allemagne et que Rodrigue Borgia faisait voile pour l'Espagne. Ce choix semblait devoir calmer les appréhensions des cardinaux. L'insuccès de ses trois légations n'en vint pas moins justifier leurs tristes prévisions. Ils avaient bien jugé leur siècle !
Nous ne devons dans ce travail nous occuper que de celle d'Espagne.
Ce royaume donnait en ce temps le spectacle de profondes divisions intérieures.
D'une part, Ferdinand, qui devait être surnommé le Catholique et Alphonse de Portugal se disputaient à main armée la succession au trône de Castille.
Henri IV, dit l'Impuissant, fils de Jean II, régnait en Castille : il était altier, injuste et dissolu. Après une union de douze ans, il avait répudié sa femme Blanche
(1) Epist, ccccxvii, Jac. card. Papibnsis.
d'Aragon pour épouser une princesse de la maison de Portugal qui donna le jour à une fille (146'2). Cette enfant n'est connue dans Thistoiro que sous le nom de Jeanne Beltraneja. parce qu'on accusa Henri d'avoir favorisé l'adultère de la reine avec le comte Beltran de la Cueva. Les mœurs épouvantublement corrompues du roi autorisaient le bruit populaire. C'est cette fille que Henri de Castille voulut cependant faire reconnaître comme héritière de sa couronne. Cet événement produisit une révolution dans le royaume. Une partie du peuple et de la noblesse se souleva, déposa Henri et élut à sa place Alphonse son frère, Agé seulement de onze ans ( 1465). La lutte entre les partisans des deux frères fut vive; la mort subite du jeune prince Alphonse amena un apaisement inattendu. La paix signée à ïoro (1468) laissait la paisible possession du trône à Henri et en assurait la succession à sa sœur Isabelle. Henri bientôt infidèle à sa parole tenta une nouvelle fois de placer la couronne sur la tète de Jeanne. Isabelle et son mari Ferdinand d'Aragon revendiquèrent par la force des armes leurs droits.
Alphonse de Portugal fiancé à la lîeltraneja se mit au rang des prétendants. Cela était absurde, il n'avait tï la couronne de Castille que le prétendu droit de sa fiancée. Il soutint quand même sa prétention chimérique par les armes.
A peu près dans le môme temps, la Catalogne, « le plus beau fleuron de la couronne aragonaise ». venait de méconnaître l'autorité de Jean II. père de Ferdinand le Catholique.
Il fallait travailler h pacifier les partis avant de
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songer à réunir les volontés dans un effort commun contre les Ottomans. Sixte IV le comprit et il confia à Borgia cette délicate mission. Elle présentait de si nombreuses difficultés que le cardinal de Pavie en fut effrayé pour son ami. Aussi de Foligno, où il se trouvait alors, lui écrivait-il le 26 décembre 1471- pour le dissuader de partir ouïe presser de hâter son retour (1). On ne manque jamais de citer l'espèce de blâme que, depuis, trompé par de faux rapports, le même cardinal semble avoir jeté sur cette légation dans une lettre à un personnage de Tolède auquel sans doute déplaisait la mission de Rodrigue (2); mais ou ne parle pas des éloges qu'il a prodigués à la conduite du légat : notre devoir, à nous, sera d'en rappeler le souvenir.
On a fait au cardinal Rodrigue un reproche d'avoir sollicité cette légation. C'est là une accusation protestante (3). Mais, à tout prendre, c'était, ce semble, un bien légitime désir de revoir sa terre natale après seize années d*éloignement. Que d'ambassades sollicitées n*ont pas, dans notre siècle d'austérité, un motif aussi désintéressé ! Ce reproche tendrait-il à faire retomber sur Rodrigue l'insuccès de sa mission ? Les autres deux n'obtinrent pas un meilleur résultat.
Mais pour justifier la préférence dont Borgia fut l'objet de la part de Sixte IV, il suffit de constater, après ce que nous venons de raconter, que de tous les membres éminents du Sacré-Collège, aucun n'offrait à un tel point que Rodrigue, par sa nationalité et par sa
(1) Epiât. ccccL, Jac. card. Papiexsis.
(2) Epiât, DXLiv, Jac. card. Papiensi».
(3) Gordon, Hûft. d'Alex. VI, etc.
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parenté avec la maison d'Aragon, les qualités exceptionnelles pour cette mission difficile; aucun ne possédait une parole plus persuasive, une plus grande habitude de la cour, une habileté égale des affaires ; aucun n'était mieux initié aux mystères de la politique; aucun n'avait obtenu plus que lui de succès dans les nombreuses missions qui lui avaient été confiées ; aucun n'eût été accueilli plus chaleureusement par le peuple, la noblesse et le clergé; aucun n'offrait plus de garanties et n'autorisait plus d'espérances.
Rodrigue débarqua à Valence dan^ les derniers jours du mois de juin 1472. Il entra dans la ville au son des cloches et de la musique, bannières flottantes, et accompagné du clergé et des ordres religieux, de magistrats et d'écoliers, et d'hommes et de femmes qui éclataient en transports de joie. Le cardinal montait un cheval caparaçonné d'or; le cortège prit le chemin déjà cathédrale, traversant les rues remplies d'une foule impatiente de voir le légat. Tout Valence saluait en ce jour son noble enfant qui, parti simple hidalgo, revenait dans ses murs comblé d'honneurs. Le temple était paré, les cierges allumés, les armes des Borgia surmontaient le portail du temple sacré. Le cardinal jouissait avec un attendrissement mêlé de joie de toutes ces marques d'amour. A la porte de l'église il mit pied à terre et alla s'agenouiller au pied de l'autel. L'Eglise de Valence avait alors pour archidiacre un prêtre docte et pieux, théologien et exégète, commentateur distingué des Psaumes ; c'était Jacques Ferez. C/est lui qui dut recevoir le légat au nom du chapitre canonial. Aussitôt Rodrigue, montant en chaire, adressa au
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peuple le discours que rhîstoîre nous a conservé.
En prenant la parole, l'image de la famille et de la patrie est ce qui le frappe d'abord. Il est pressé de saluer cette église son épouse, ce peuple, des témoignages d'amour qu'il en a reçus; il abandonne son âme à toutes les émotions du retour dans sa clière Valence, près des murs de Borgia, où tant de souvenirs ont souvent rappelé sa pensée.
f Voici donc enfin, vénérables frères en Jésus-Christ, ce jour que nous avons tant désiré, sans que les circonstances aient jusqu'à ce moment servi notre désir. Nous voici venu vers cette épouse, cette église de Valence, l'une des gloires du sacerdoce catholique, illustre dans le monde entier. Nous revoyons le peuple confié à notre garde, ce peuple qui ne le cède à aucun autre par sa foi et ses œuvres. Nous avons enfin devant les yeux ce clergé vénérable et digne de Dieu : et cette vue surtout nous remplit de joie, de courage et de légitime fierté. C'est pourquoi nous rendons à Dieu de sincères actions de grâces pour le bienfait qu'il nous accorde. Nous bénissons son nom, et nous disons avec le saint vieillard Siméon : Ntmc dimitHs, Domine, servum ttmm in pace, gtiia vidertmt oculi mei salutare tuum (S. Luc, ii, 30) ; c'est-à-dire que notre âme a goûté la paix et la consolation qu'elle désirait! Nous rendons aussi grâces au Souverain- Pontife qui nous a choisi pour son légat en Espagne, et nous a rendu, après une si longue absence, à notre famille et à notre patrie.
t Lorsque, autrefois, nous fûmes élevé à ce vénérable siège, notre jeunesse ne nous fit point oublier quel
était notre devoir et ce que ce peuple désirait de nous. Nous savions' ce qu« la présence du pasteur donne de facilités pour le bien, et que c*est à lui de conduire son troupeau. Nous n'ignorions pas que le nom d'évêque signifie surveillant, et qu'il oblige à veiller par soimême et non par autrui. Nous avions entendu la parole de TEk^riture : Examine avec soin ton troupeau et considère tes brebis (Prov., xxvii, 23). Mais nous en attestons. Dieu à qui tous les cœurs sont connus, nous n'avons pu nous dégager des liens où nous retenait la nécessité. Il nous a fallu obéir aux ordres du Pontife suprême et nous conformer aux coutumes établies. Notre dignité de cardinal nous attache, d'un lien plus étroit que tout autre, au trône pontifical. Conseiller du chef de l'Eglise, nous ne pouvons nous éloigner de lui sans une mission spéciale. Nous ajoutons à cette charge celle de la chancellerie, vaste et pesante administration, destinée à rendre moins lourd le fardeau du gouvernement de l'Eglise pour son chef, et qui ne pourrait se passer de la présence de son titulaire sans de graves inconvénients. Nous avons donc subi la volonté de celui à qui nous devons une obéis- ' sance d'autant plus empressée que Dieu lui a 'donné plus d'autorité*
c C'est ainsi que les circonstances, bien plus que notre volonté, nous ont fait remplir notre office par les mains d'un autre. C'est ainsi , du reste , que d'autres prélats, des rois, des princes, retenus par de graves difficultés, se sont donné des vicaires : ainsi le Pontife romain, bien que préposé plus spécialement à une église, garde son action dans toutes les autres,
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par ses représentants. Ainsi Jésus-Christ lui-même,
en remontant au ciel, se choisit des vicaires pour la garde de son troupeau.
€ Mais puisque maintenant, par la permission de Dieu, nous sommes avec vous, vénérables frères, notre affection nous oblige à vous dire tout de suite notre pensée. D'abord nous vous devons des remerciements pour les désirs dont vous avez hâté notre arrivée. Ces vœux nous sont une preuve certaine et très agréable de votre dévouement à notre personne. Nous vous remercions aussi de ce que, fidèles au souvenir de vos devoirs envers votre père absent, vous êtes restés obéissants à vos supérieurs, vous avez bien servi l'Eglise, et n'avez point laissé en souffrance le soin de la maison de Dieu. Nous vous remercions enfin de cette réception que vous nous avez faite, et dont l'éclat a fait briller non seulement notre titre d'évèque et de légat, mais encore et surtout votre affection pour nous et votre joie de nous revoir. Ce zèle à notre égard ajoute à notre dévouement pour vous, s'il est possible d'ajouter à un dévouement déjà sans bornes. Que le souverain rémunérateur nous donne les moyens de vous /écompenser par toute sorte de bons offices. >
Ce dut être une magnifique improvisation. Rodrigue, on se le rappelle, était doué d'une parole facile. Tous les historiens, ennemis comme amis, s'accordent à dire qu'il fut dans sa jeunesse et jusque dans ses derniers jours l'un des hommes les plus éloquents de son siècle. Sous le rapport de la forme, ce discours mérite l'estime et souvent même l'admiration de l'humaniste, et cependant ce n'est point là un discours fait à la
manière de Técole, composé dans le cabinet selon les règles de la rhétorique, ce n'estJà apparemment qu'un plan ou bien un pâle résumé du discours, que Rodrigue lui-même dut communiquer à son ami le cardinal de Pavie, dans les papiers duquel on Ta retrouvé. De cette seule circonstance, Fleury et quelques autres ont naïvement conclu, que ce discours avait été composé par le cardinal de Pavîe, pour son ami Rodrigue. Il serait puéril de s'arrêter à montrer ce qu'a de hasardé cette affirmation ; ces auteurs mêmes ont rendu en plusieurs endroits hommage à la rare éloquence du cardinal Borgia.
Il trace après un tableau saisissant des devoirs et des vertus sacerdotales.
« Nous vous exhortons/ nos bien-aimés, — encore que vos vertus n'aient pas besoin de nos exhortations, — à persister dans le bien commencé et à vous conserver dans la même piété, pour servir de mieux en mieux Dieu notre créateur et l'église de Valencenotre mère. C'est à quoi vous obligent l'honneur de votre sacerdoce et le souvenir de vos mérites passés, n est écrit de vous, que vous êtes la race choisie^ le sacerdoce royal, la nation sainte^ le peuple conquis^ (I Petr., II, 9.) Soyez donc attentifs à faire honorer Dieu, vous souvenant que la sainteté convient éternellement à sa demeure, et que, pour cela, nous vivons de l'autel et sommes constitués au-dessus de nos frères. Conduisons-nous toujours de manière à rendre notre ministère utile à l'Eglise, et conformément à la parole de l'Apôtre, ne donnons à personne Voccasion etune parole amère contre nous, (II Cor., vi. 3.)
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Soyons zélés, fervents comme il convient à de véritables serviteurs du Seigneur." Que votre vie soit donc par ses œuvres conforme à votre eriseignemexjt ; que rien dans vos actes ne puisse offenser le regard ou l'esprit de ceux qui vous observent. Destinés à servir d'exemple aux autres, si nous nous oublions, nous péchons bien plus encore par le scandale donné que par la faute elle-même. Restons donc toujours dans la voie du devoir, et assurons-nous une réputation sans tache, parce qu'elle est nécessaire au ministère officiel que nous avons à remplir.
c Je ne puis tout dire, mes frères bien-aimés ; mais je dois vous recommander de conserver l'union fraternelle entre vous et d'honorer par votre charité la maison du Seigneur. Je vous ai fait un commandement, dit-il, parlant surtout des prêtres, — c'est de vous aimer entre vous comme je vous ai aimés moi-même. (S. Jean, xv, 12.) On vous reconnaîtra pour mes disciples à cela que vous vous aimerez les uns les autres. (S. Jean, xiii, 35.)
« La gloire de l'Eglise et ses progrès sont intimement liés à cette unité, comme sa ruine et son déshonneur sont les résultats de la discorde dans Tordre sacerdotal, c Là où sont la jalousie et la discorde, dit • l'Apôtre saint Jacques , là aussi se rencontrent c l'inconstance des résolutions et la dépravation des f œuvres. • (m, 16.) Otez donc de votre route toute occasion de division, toute pierre de scandale. N'ayez qu'un avis, — afia d'avoir la paix, — et le Dieu de la paix et de la charité sera toujours avec vous. >
Certes, c'est là un noble langage! Il entreprend
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maintenant avec amour la défense de la liberté. Il s'agissait de fortifier son clergé contre des attaques qui pouvaient se produire de la part de Henri de Castille contre les privilèges de l'église de Valence ; mais Rodrigue s*est peint dans ces paroles avec toute son âme et toute son énergie. Tous les historiens reconnaissent qu'il fut toute sa vie le champion infatigable de la liberté; il aima la liberté et la justice avec énergie et dévouement. Cet amour l'arma souvent d'une grande sévérité contre les seigneurs accusés de pillages et d'oppression. Quand plus tard il sera monté sur le trône, tous ceux qui se trouveront lésés, par qui que ce soit, recourront à lui en toute confiance, et ce ne sera jamais en vain. Cela peut servir à expliquer la haine que lui vouèrent les grands ; mais aussi l'amour que € peuple, soldats et citoyens lui portèrent jusque même après sa mort (1). • En un mot, tout son caractère et toute sa vie se résument dans ce témoignage du chroniqueur : il fut l'amant passionné de la justice et (le la liberté, libertatis et œquitatis amans (2).
€ La liberté donnée à l'Eglise par Notre-Seigneur fut l'objet constant des préoccupations et des efforts de nos pères dans le sacerdoce, et fit de leur ministère une chose sacrée aux yeux des peuples. C'est pourquoi nous vous supplions de vous unir étroitement pour la défense et le progrès de cette liberté, dussiez- vous souffrir pour elle, non seulement les plus rudes épreuves mais encore les derniers périls. L'antiquité païenne ne croyait jamais avoir assez d'élan, assez de
(1) AuDiN, Léon A«
(2) BzoviUK, ad, ann, 1492.
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dévouement, assez d'abnégation, quand il s'agissait de sauver laliberté compromise; et pourtant ce n'était que la liberté incertaine et variable des sociétés humaines ! Que doivent donc faire pour la vraie liberté des prêtres appelés à posséder Dieu dans une vie meilleure, mais après ravoir servi dans cette vie, et s'il est besoin, dans la mort ? C'est à nous qu'a été confiée la garde de l'Eglise, avec cette promesse : • Combattez jusqu'à la mort pour la justice, et Dieu sera pour vous victorieux de vos ennemis. • (Kccl., iv,33.) Si nous laissons asservir cette liberté, quelle perte encore avons-nous à subir ? N'est-ce pas à la fois la ruine de notre honneur et de notre puissance ? Méprisés, foulés aux pieds, nous devenons l'opprobre des hommes et l'abjection du peuple. (Ps. XXI, 7.) Réunissez-vous dono, pour sa défense, dans une seule pensée et dans un commun effort. Serrez-vous autour de vos prélats, vos coopéraleurs autant que vos chefs dans la guerre à soutenir. Combattre c'est être libre, et que Dieu vous y soit en aide ! Déserter la lutte, ce serait tomber dans le plus méprisable esclavage, suivant cette parole de l'Ecriture : • La main énergique portera le sceptre, mais celle du lâche paiei*a des tributs. » (Prov., xii.24.) Vos privilèges sont de grande valeur ; mais l'Eglise est de plus grand prix que vos privilèges. Défendez sa liberté de toutes vos forces. Soyez avec nous pour rendre, suivant le précepte, à César ce qui est à César, mais aussi à Dieu ce qui est à Dieu. » (Matth., xii, 17.)
Encore un mot et c'est pour rappeler sa mission et faire appel au zèle de ses prêtres, à la charité de son peuple. Après, le cardinal bénit l'assemblée, et en vertu
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des pouvoirs pontificaux, accorda une indulgence aux assistants.
t II nous conviendra de reprendre cesujetplustardet plus à l'aise. Maintenant, devant ce peuple, je dois me renfermer dans de plus étroites limites. Vous connaissez, vénérables frères, l'objet de notre mission : la rédemption des chrétiens opprimés par le glaive des infidèles. Maîtres de TAsie et d'une partie de l'Europe, les Turcs sont déjà venus deux fois en Italie, prêts à fondre sur Rome, afin de consomn^er la ruine du nom chrétien dans la ruine du centre de la catholicité, et d'en effacer tout vestige par la destruction des sanctuaires où reposent nos apôtres et nos martyrs. C'est à nous surtout, membres du sacerdoce, qu'il appartient de conjurer ce péril. Nous sommes les pasteurs du troupeau : notre vigilance doit faire sa sécurité. Il est donc juste que notre exemple soit l'exhortation des fidèles. Nous faisons appel à votre charité avec toute l'affectueuse insistance d'un père, la suppliant de nous aider de ses lumières et de toutes les influences dont elle dispose. Nous savons votre zèle pour la maison de Dieu et votre ardeur à ses œuvres. Eh bien, nulle occasion meilleure ne peut se rencontrer de montrer ce zèle et d'augmenter vos mérites.
f Arrêtons-nous ici. Bientôt, nous vous dirons plus complètement le concours sur lequel nous comptons de votre part, pour le succès de notre ministère. Mais, ^vant de nous séparer, frères bien-aimés, nos associés dans la charge des âmes, nous voulons vous bénir au nom de Notre Saint-Père le pape Sixte IV, et nous vous bénissons de tout notre cœur et de toute notre
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'âme dans le Seigneur Jésus, suppliant Dieu le Père Tout-Puissant qu'il daigne abaisser des regards miséricordieux i;ur cette église de Valence et vous conserver fidèles à la vocation qu'il vous a donnée. •
Alors, la foule s'écoula et accompagna le légat jusqu'au palais des évèques. Quel charme goûta Rodrigue 4 revoir les lieux où il avait laissé tous les souvenirs •de son enfance ! Mais qi^e de changements après seize ans ! On ignore si son père et sa mère l'attendaient au seuil du palais des Borgia ou s'il n'eut d'autre consolation que d'aller s'agenouiller sur leur tombe. D embrassa du moins ses sœurs, revit ses amis. Mais bientôt il s'arracha à ce bonheur pour s'occuper de sa mission.
Les efforts du légat ne seront point couronnés de succès. Mais si on se rappelle les divisions profondes •qui désunissaient les princes, la léthargie ou semble plongé le monde catholique quand les conquêtes de rislamisme menacent son indépendance, on sera moins surpris de cet insuccès. Ce n'est pas le cardinal qu'il faut accuser, mais l'époque.
Il y a cependant une belle page dans cette légation. On n'a pas oublié que la Catalogne^ ce pays le plus beau de l'Europe, avait secoué le joug de la maison d'Aragon. En ce moment Jean U, son roi, poussait activement le siège de Barcelone. La fureur des Catalans était à son comble. Rien ne laissait apercevoir que cette animation touchât à son terme. Rodrigue entreprit d'apaiser les esprits et fut assez heureux pour amener la conciliation entre les sujets révoltés et le roi courroucé. Son entrée dans la ville fut un véritable
triomphe. Les ambassadeurs d'Angleterre et de Bourgogne se trouvaient alors auprès de Jean II d'Aragon, pour solliciter une alliance avec TEspagne contre la France. Le moment était propice, le légat en profita et exposa avec une parole entraînante le but de sa mission. Son succès fut complet; on promit tout ce qu'il voulut ; on lui remit de Tor avec abondance pour la croisade. Il est vrai que plus tard on négligea l'envoi des secours promis.
Henri de Castille venait d'informer le cardinal qu'il l'attendait à sa cour. Rodrigue se mit en route pour Madrid où le roi se trouvait en ce moment. La réception qui l'attendait fut un spectacle tout nouveau. Le légat entra dans Madrid, à la droite du roi, et reçut sous un dais les respects de tous les grands du royaume (1). Henri se flattait par ces démonstrations sympathiques de l'amener à donner les mains à son projet de placer la couronne sur la tète de Jeanne Beltraneja. Dans cette intention, il ne fut occupé que de traiter avec magnificence l'envoyé du Saint-Siège et de favoriser sa mission.
Le cardinal convoqua aussitôt un synode où il exposa les motifs delà croisade, et demanda, aunom de Sixte I\% des impositions pour favoriser le succès de l'entreprise. Mais le clergé espagnol était déchu de son ancienne splendeur. L'ignorance^ la simonie et l'avarice commençaient à pénétrer dans ses rangs (2). Au lieu d'un cri de guerre, il fit entendre des murmures ; il se récria contre les charges que la cour de Rome voulait lui
(1) Mariana, de rebits Hisp., lib. XXIII, 18.
(2) Mariana, de reb. Hisp., lib. XXIII, c. 3Ç.
sous LE PONTIFICAT DE SIXTE lY. — 1471-1484. 129
imposer. Rodrigue tenta vainement toutes les voies de la persuasion; il se vit forcé, pour faire triompher les volontés de Sixte IV, d'emprunter l'autorité du roi . Cette mesure lui aliéna la faveur populaire.
Henri, de son côté, ne trouvant pas dans le cardinal l'appui qu'il en avait attendu, le soupçonnant même d'être opposé à sa politique, lui retira également ses bonnes grâces. D dut quitter la cour. Rodrigue était un homme de grand caractère ; il essaya encore de lutter ; malgré sa vigoureuse trempe d'âme, il sentit amèrement qu'il y a des fardeaux impossibles à soulever pour un seul honmie, quand la mauvaise volonté a pris un caractère général ; sous le poids de cette impression, il se détermina à regagner l'Italie.
Pendant cette légation un fait se passa, qui doit fixer notre attention. Sixte IV avait résolu de revêtir de la I)ourpre cardinalice un fils naturel de Ferdinand, roi de Naples. Mais la tache d' illégitimité, dont était souillée la naissance de Louis d'Aragon, provoqua un vif mécontentement de la part du Sacré-Collège, qui refusa de lui ouvrir ses rangs. Ce fait d'un bâtard élevé au ' cardinalat n'était pas cependant nouveau; quelques années auparavant, Jean Gruvenwalder, bâtard de Bavière, avait été promu à la même dignité (1442). Calixte III lui-même, au témoignage du cardinal de Pavie, ne croyait pas qu'on dût éloigner des dignités ecclésiastiques les enfants illégitimes, lorsqu'ils s'en montraient dignes d'ailleurs par de grandes qualités. Il se produisit alors un incident étrange. Plusieurs témoins se présentèrenf spontanément, offrant d'attester sous la foi du serment la légitimité de la naissance de
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L. d'Aragon. Qu'étaient et d'où venaient ces singuliers témoins ? On ne connaît d'eux que leur qualité d'Espagnols, et le nom de l'un d'eux, qui paraissait leur chef. Mais Ferdinand de Naples aurait pu ^Taisepiblablement livrer à l'histoire le mot de cet énigme. Les cardinaux n'en persistèrent pas moins dans leur refus. Le conflit devenait imminent. Le cardinal de Pavie, pour couper court à la dissension, écrit au cardinal Rodrigue, le priant et le pressant de faire usage de son influence auprès du Pape, pour démasquer la supercherie. Les démarches des deux amis obtinrent leur but : Louis d'Aragon fut repoussé. Étrange destinée ! Alexandre VI devait, en d'autres circonstances, lui rendre justice, et revêtir lui-même de la soutane rouge l'homme qu'il en avait écarté quelques années auparavant (1).
Or voici comment un historien a travesti ce fait (2). Sous sa plume, le candidat de Sixte IV est devenu César Borgia/ qui, pour revêtir la pourpre, a besoin de se refaire une autre filiation ; car, dit notre auteur, l'exemple d'un bâtard élevé au cardinalat était chose inouïe. Des témoins viennent déclarer avec serment, à cette fin, que César est le fils d'un autre père qu'Alexandre ; il ne s'embarrasse pas de nommer cet autre père l La qualité d'Espagnols des témoins n'est-elle pas la preuve manifeste qu'ils étaient soudoyés par Rodrigue? Guichardin, en attribuant à César un événement qui lui était parfaitement étranger et écoulé depuis longtemps, au moment où il reçut le titre de cardinal (1493). n'a
(1) Epist, Dxiv, Jac. cakd. Papikxsis.
(2) Guichardin. Storia d*Italia, lib. I.
socs LE PONTIFICAT TE s^XTE lY, I47l-14>4. 131
pas même l'extiiâ* de i>nvar invok-DUiire ; c'est un mensonge inspiré par sa TieUîe haine des Borgia. La source de son conte est évid^rinment la traduction fantaisiste de la lettre qui lait le f*>nd du récit précédent. Son but était de diflamar. Le rOle proposé à Rodrigue d'appuyer fortement la résistance du SacrêCoUège pour écarter le candidat du Pape. suMsait. ce semble, pour le tenir en garde contre toute méprise. Les écrivains copistes ont juré sur la parole écrite du passionné florentin, et la fable et Tanachronisme sont devenus de rUstoire.
Rodrigue quitta l'Espagne à la fin de l'année 1473. Mais il semblait que le ciel prit à tâche d'éprouver sa constance ; im dernier malheur l'attendait avant de rentrer à Rome. Le 10 octobre, conmie sa flotille était en vue de Pise, tme violente tempête se déchaîna tout à coup. Le vaisseau accompagnant celui qui le portait fut englouti sous les flots avec ses gens. Cent quatrevingts personnes périrent dans ce naufrage. Trois évoques et plusieurs honmies distingués « par leur savoir et leur rang, étaient parmi les victimes. Les subsides considérables que le cardinal rapportait de sa légation furent perdus ; lui-même n'échappa que difiicUement à la mort. Sa galère fut plusieurs fois sur le point de sombrer, et ce ne fut qu'après avoir été longtemps le jouet des vents qu'elle entra toute déseiuparée dans le port de Livourne (1).
Sa mission avait duré près de deux ans. A Rome, des courtisans jaloux de son pouvoir profitaient de
(1) Tous le^ historiens.
feon absence pour le perdre dans l'esprit du Souverain- Pontife (1). Les neveux de Sixte IV trouvaient leur oncle trop libéral pour le vice- chancelier son ministre. Tout fut mis en œuvre pour le discréditer; on le représenta comme oubliant le but de sa mission, pour ne s'occuper que d'intérêts tout personnels ; son énergie devient de l'orgueil, sa magnificence un luxe effréné, son zèle l'ambition la plus intolérable. Le cardinal de Pavie, qui nous rapporte ces bruits qu'on propageait contre son ami (2), le pressait vivement de hâter son retour. « Tous les cardinaux le désirent, sa présence devient chaque jour plus nécessaire, son autorité est souveraine à Rome et son influence toute-puissante ; il ne doit pas s'épuiser en de stériles efforts; il a tenté tout ce qui était en son pouvoir et il rapportera à Rome une réputation de talent et de zèle, d'habileté et de prudence. » Tels sont les éloges donnés à la légation de Rodrigue par le célèbre cardinal (3).
Mais ces intrigues, ni l'insuccès de ses négociations ne firent rien perdre à Rodrigue de l'estime et de
(1) •* Invidiorum et detractorum 8cio plena hic esse om-
nia n Epist. dxiii, Jac. card. Papiensis.
(2) • Valentiam navigavit, aditum legationi pecunia redi-
mens, in ulteriorem Hispaniam transit, utrobique multa vanitatis et luxus, ambitionis et avaritiœ documenta relinquens, nuUo eorum perfecto, quod sibi ad nomen legationis prsetenderat. • Epist, dxliv, Jac. card. Papiensis.
(3) « Duodecimum jam mensem abes, Reverendissime Pater ; ut yicesimum abesse suaderem si aut tempora tuœ diligentiœ non obstarent, aut alibi quam Romœ esse utiiior posses. Numquam tuorum quemquam video cui non horter ad te de reditu admonendum... Teutasti quœ ad tuum offîcium pertinebant, et quœ tuarum virium utrobique fuerunt fideliter adimplesti. Nihil a te prœtermissum in quo aut prudeDtiam aut Btudiunf aut integritatem tuam
socs LE PONTIFICAT DE SIXTE IV. — 1471-1484. 133
Famitié du Pontife. Sixte IV se montra favorable au viceKîhancelier, en dépit de ses neveux, et cependant sa faiblesse pour eux est un reproche fondé. Il voulut lui donner une preuve solennelle de son affection ; il le créa cardinal-évêque d'Albano (1476). Bientôt il lui confia une nouvelle mission ; Rodrigue fut nommé légat a latere dans le royaume de Naples, pour y soutenir les droits du Saint-Siège. C'est en cette qualité qull présida à la célébration du mariage du roi Ferdinand avec sa cousine Jea,ni;ie d'Aragon. Sixte IV récompensa les nouveaux services du cardinal, en le transférant de révêché d'Albano à celui de Porto (1479). Ainsi, Rodrigue était en môme temps vice-chancelier de l'Eglise, évèque de Porto, commendataire de l'évèché de Valence, des églises de Majorque, de Carthagène . d' Agria , de Fabbaye de Subîaço, et de cinq à six autres bénéfices qui lui rapportent des revenus considérables. C'était un déplorable abus à cette époque que cette accumulation -de bénéfices ! Mais, en nous félicitant de la disparition de cet abus, il faut néanmoins reconnaître, dans la libéralité du Pontife envers son ministre, un témoignage éloquent de la considération dont le cardinal jouissait auprès du Pape son souverain. Elle est telle, t qu'il distribue à son gré les faveurs du Pontife •, dit Gaspard de Vérone en se plaignant de n'avoir pas assez largement part à ses faveurs ; et il ajoute : f on
▼ideremus. Ref«n ad nos accurati et circumspecti patris commendationem... Omnibus desiderio es et ab omnibus hic aecessarius crederis. Ego imprimis cui nota sunt nostrajudiciohuic nonerranti
consentio » EpUt, nxiii, Jac. card. Papibnsis. — Voir encore
la lettre dxiv*.
sait qu'il est des plus aimables envers les gens de bien (1). »
Rodrigue est maintenant âgé de près de cinquante ans, et il n'est pas encore engagé dans les ordres sacrés. Quel sentiment lui a fait jusqu'ici décliner l'honneur du sacerdoce ? Maintenant son titre presbytéral lui fait une obligation de recevoir le sacerdoce et le caractère épiscopal. Il reçut sans doute l'onction sainte et la consécration épiscopale des mains de Sixte IV, dans les dernières années de son pontificat. À défaut de documents nous initiant aux sentiments dont remplit son âme cet acte mémorable, on se rappellera avec quels accents il avait parlé, quelques années auparavant, au clergé de Valence, des vertus qu'exige le sacerdoce et des devoirs qu'il impose.
(1) « Supplicationes a Pontifice signatas pro suo arbitrio distribuit ; « . . hic in beaemeritos gratissimus esse pernoscitur. *• Ap. MuRATORi, Rer. Ital, Script, xxiii.
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