‹ Les Borgia histoire du pape Alexandre VI., de césar et de Lucrèce BorgiaChapitre 30 sur 108 · LA RÉFORME CATHOLIQUE ET ALEXANDRE YI · texte numérisé non relu

LA RÉFORME CATHOLIQUE ET ALEXANDRE YI

tuy là deux), et qu'ilz fussent allez -tenir sur leurs bénéfices (1). >

Or, il faut le dire bien haut, la papauté n'avait pas attendu jusque-là pour se mettre à l'œuvre. Depuis bien des années, Rome poursuivait la réforme sacerdotale; Eugène IV, Nicolas V, Pie II, Paul H, Sixte IV, Innocent Vin, essayèrent de ramener la pureté des premiers siècles de TEglise. Nous avons vu ailleurs le zèle d'Alexandre VI se montrer pour la défense de la foi et le maintien de sa pureté doctrinale à la hauteur du mandat apostolique. Au milieu des tempêtes qui bouleversèrent l'Italie, à la fin du xv® siècle, et menacèrent plusieurs fois la sécurité du Saint-Siège, il se préoccupa aussi des devoirs de la chrétienté et de la réforme des abus.

Dès le début de son règne il avait rétabli la justice et réformé l'administration de la cour romaine. De nombreux abus subsistaient toujours. Il choisit dans la portion la plus sévère du Sacré-Collège cinq cardinaux auxquels il confia le soin d'étudier les moyens d'y remédier. Le cardinal Piccolomini dont l'indépendance et le courage étaient réputés, fut à la tète de la commission pontificale. Les autres membres, tous renommés par leur haute sagesse, étaient Giovanni d'Aragon, Georgio de Lisbonne, Antoniotto Pallavicini, Galeotto Riario et Gianantonio Alexandrino (2).

Bartholomeo Florida, archevêque de Cosenza, était secrétaire des brefs. Le roi d'Espagne s'était plaint au Pape de plusieurs brefs émanés de la cour de Rome,

(1) COMMINBS, U?. Vni, Chap. XXV.

(2) Raynald., ann. 1497, n«» 4-8.

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entre aat,res d*une dispense accordée à une religieuse, unique héritière de la couronne de Portugal, pour se marier à un fils naturel du roi, dispense qui mettait obstacle aux prétentions de Ferdinand. Cette plainte révélait la falsification des lettres pontificales. C'était à cette époque un trafic aussi lucratif que de nos jours la falsification des billets de la Banque de France. Le secrétaire fut soupçonné, l'enquête révéla que Florida en avait supposé un nombre considérable (1). L'archevêque est aussitôt mandé au palais; à peine en a-t-il gravi les degrés qu'il est arrêté. Son procès est instruit, il est déposé de son siège, dégradé de répiscopat, dépouillé de ses biens, et condamné à une prison perpétuelle.

L'accusé soutint d'abord pour se justifier qu'il n'avait fait qu'obéir à des instructions venues d'en haut, mais ce système de défense ne le sauva pas. Plus tard, lorsqu'il n'eut plus rien à perdre, il céda, dit-on, à des promesses séduisantes, et fit des aveux complets.

Un maître du Sacré-Palais fut dans le même temps dénoncé comme coupable de judaïsme. Pierre d'Aranda. évoque de Calahorra, invoqua pour sa défense le témoignage de cent un témoins. Mais leurs révélations, loin de le justifier, l'accablèrent, n fut enfermé pour le reste de ses jours au château Saint-Ânge (2).

(1) Les nombreuses copies du Dianum s*accordeDt assez bien pour le fond de ce fait, mais il y a quelques variantes pour les détails, notamment sur le nombre des brefs falsifiés. Les uns en portent le nombre à 3.000, d'auires & 300, quelques-uns à 30 et 20. Note de M. Christophs : JETûr. de la papauté au xt* siècle^ t. U, p. 515.

(2) Llorente, Hist. critique de rinquisition d'Espagne, t. I,

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