‹ Les Borgia histoire du pape Alexandre VI., de césar et de Lucrèce BorgiaChapitre 31 sur 108 · LA RÉFORME CATHOLIQUE ET ALEXAÎTORE ' VI · texte numérisé non relu

LA RÉFORME CATHOLIQUE ET ALEXAÎTORE ' VI

Quelques clercs coupables d'aroir fait le trafic à Rome de brefs apocryphes, sur les indulgences, ou d'avoir signé des suppliques concernant les Ordres Sacrés furent jetés en prison (1).

Mais le retour à la saine discipline au milieu des tempêtes politiques de cette époque, avec toutes ses résistances et l'élan désordonné des esprits, était une œuvre grande et difficile. Et pourtant, elle n'était pas, pensons-nous, au-dessus des forces d'Alexandre; on se prend i regretter que ses efforts n'aient pas été persévérants. Les projets pour l'agrandissement de ses enfants détoomèrœi Fattention salutaire quH avait d'abord donnée à cette régénératioii spirituelle. S'il eât un peu moins aimé ses enlkots il se fût couvert de gloire.

Cette g!<Mieiise rédMnptiofa devait être l'oeuvre du Concile de Latran (1513) et plus particulièrement de edni de Trente (1545). Et cependant tout ne fut pas perdu des réformes tœtées par Alexandre lY. B en resta dans la chanceUerie des vestiges assez frappants pour que Paul III, un demi-siëde plus tard, p6t encore ks signaler (2).

On n'a pas oublié le soin qu'en montant sur le Âège pontifical Alexandre avait mis i s'entourer d'hommes austères et instruits. Depuis il ne perdit jamais Toeca sion d'encourager la vertu et la science. Mais le fait le plus firappantdece genre est l'élévation de Ximénès.

p. 268. — Ratnald., ann. 1498, n* 22, — Flbury, Hist, eccl., liv. CXIX, n* 22.

(1) BuRCHARD, Diarium, etc.

(2> CmIck Ms. iQthv&é : Romémm curiof rtformaii^ tetnpore Pm$H ni, ék Catalogne ûêim la bibBotiM^se Bnrberiai, soss le n*2275.

280 LA RÉFOIiME CATHOLIQUE ET ALEXANDRE VI.

AU mois de janvier 1495, Tillustre cardinal Mendoza descendait dans la tombe. L'archevêque de Tolède était tout à la fois primat d'Espagne et grand chancelier de Castille. Revêtu de cette double dignité il était sans contredit le premier et le plus puissant personnage après le roi. Il pouvait même à certains moments se rendre redoutable au roi lui-même. Cette mort ouvrait la voie aux compétitions : elles furent nombreuses. Ce qu'il y a de plus étrange, c'est que Ferdinand se mit lui-même au rang des solliciteurs en faveur de ce fils qu'il avait assis de son propre pouvoir sur le siège de Saragosse (1). Mais la pieuse Isabelle à qui cette nomination appartenait en sa qualité de reine de Castille, ayant vanté à Rome les vertus éminentes de son confesseur, en obtint des bulles qui instituaient archevêque de Tolède l'humble moine François Ximénès de Cisneros. La reine remit de sa propre main au religieux les bulles pontificales. Tout autre que le bon Franciscain se serait confondu en Remerciements. Ximénès prit la fuite. Les archers de la reine l'arrachèrent de force à son couvent d'Ocana; la reine fit son possible pour le déterminer à accepter cette dignité. Pendant six mois il refusa obstinément cet honneur. Il fallut un ordre formel d'Alexandre VI pour triompher de sa résistance (2).

Dieu avait ses vues sur Ximénès. Ce moine qu'on arrache avec violence à sa solitude d'Ocana, et que • si

(1) Voy. p. 276, note 2.

(2) HAfélA : Le cardinal Ximénès et VEgîise d'Espagne d la fin du XY* et au commencement du xvi* siècle^ pour servir d Vhistoire critique de V Inquisition, In-8, trad. franc. Paris, Pélagaud.

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