‹ Les Borgia histoire du pape Alexandre VI., de césar et de Lucrèce BorgiaChapitre 32 sur 108 · LA RÉFORME CATHOLIQUE ET ALEXANDRE VI · texte numérisé non relu

LA RÉFORME CATHOLIQUE ET ALEXANDRE VI

les hommes s'achetaient, l'Espagne, au dire de Leibnitz, n'aurait pas payé trop cher par le sacrifice d'un de ses royaumes >, devait opérer la réforme ecclésiastique des mœurs en Espagne. Il faut que la haine soit confondue ; elle parlait des abus de la cour de Rome, voilà que le Pape qu'elle décrie bien haut, appelle au premier siège de l'Eglise d'Espagne l'homme qui allait déclarer une guerre à outrance au vice et aux abus sous toutes leurs formes.

Ce même Pape n'épargna rien pour favoriser la réforme entreprise par le célèbre Ximénès. Quelques dignitaires ecclésiastiques opposent au primat les privilèges qu'ils tiennent de la cour de Rome. Alexandre l'investit alors au nom du Saint-Siège d'un pouvoir illimité sur les personnes ecclésiastiques, quels que soient les privilèges obtenus, et quelque charge qu'elles aient reçue précédemment du Saint-Siège (1). La haine ouvrira-t-elle enfin les yeux ? Nous n'osons pas l'espérer.

Les Ordres religieux avaient subi eux-mêmes le relâchement général. Alexandre VI en réforme quelquesuns et favorise le développement de nouvelles familles religieuses qui allaient faire revivre au sein de la société chrétienne la pratique des conseils évangéliques et consoler l'Eglise de ses douleurs. Saint François de Paule avait institué l'Ordre des Minimes qu'il appelait ainsi parce qu'il voulait qu'ils fussent les plus petits et les plus humbles dans la maison du Seigneur. Leur rapide extension eut quelque chose de merveilleux.

(1) Bref du 23 juin 1497, reproduit dans Gomez : De réhuê gestis Francisci Ximenii, lib. I, in HUpaniœ ilhatratœ êcriptores Franros, 1603, fol., tom. I, p. 953. — Raynald., 1479, ann. n» 35.

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Sixte IV avait favorisé Tlnstitut à ses débuts en 1474. Alexandre YI encouragea de touteslesmanièresle saint fondateur et approuva solennellement la règle du nouvel Ordre (1),

La France de son côté voyait germer sur son sol un essaim de vierges qui, sous la direction d'une illustre princesse Aoat le nom se rencontrera bientôt sous notre plume, s'appliquaient à reproduire les vertus dont la Bienheureuse Vierge Marie fut le modèle. Alexandre bénit et approuva l'Ordre naissant des An~ nonciades (2). En même temps, sa protection soutenait le zèle d'un humble franciscain, Jean Tisserand^ qui avait eu la pensée de fonder à Paris une maison de refuge où, sous le patronage de la grande pénitente Marie-Madeleine, de pauvres filles égarées viendraient chercher la paix de l'àme dans l'exiÀatioir d'une vie coupable.

La défense de la foi catholique préoccupa Alexandre pendant tout son pontificat. Au début, il travaille au retour des Hussites à l'Eglise. Maintenant il poursuit, de concert avec Wladislas IV» l'extinction de la secte des Piccards ou Adamites, cette nouvelle forme, de la vieille hérésie des Vaudois, qui a gagné & la fin du XY^ siècle toute la Bohème et la Moravie, secte qui aux erreurs les plus pernicieuses ajoute la nudité religieuse et la promiscuité des sexes (3).

Plus d'un monument contemporain témoigne de

(1> RAT9ALB., aao. 1501, n» 23.

(2) Ratnald., ann. 1501, n** 24-36.

i^ Raxiiai.i>.» ami. 1498^ wP* 2Sd6, et um. 1500, n" 60^73. — AËiŒM Syl¥1i Bist. Bôhtm,^ c» xu. — Dvbraw, Hist. Bohemie., lib. XXVI.

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