‹ Les boucaniers (volume 2)Chapitre 218 sur 240 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ment que je vous indique l'endroit où il se trouve...

— Je vous assure, cher comte...

— Ah ! chevalier, voilà que vous oubliez que je suis, quoique bien jeune, un vieux courtisan... Vous voudriez me tromper moi-même !... Au reste, je vous le déclare en toute franchise, je vous aurais vu descendre avec peine jusqu'à l'humiliation!... J'aime à trouver, à titre de curiosité si vous voulez, des gentilshommes qui se respectent. Si je n'étais pas un horrible corrompu, je voudrais être un esprit ferme, honnête, énergique et hautain comme vous!... Mais revenons à la question , c'est-à-dire à Dubois. Votre intention, si je ne me trompe, est de lui chanter pouilles et de lui tirer les oreilles!

Eh bien! là, franchement, je conviens que, du moment où vous vous refusez à fuir, c'est là le seul parti qu'il vous reste à prendre. Qui sait, encore! peut-être que votre impétuosité imposera à ce cher abbé et lui donnera à réfléchir? On prétend, je reprends ma comparaison de l'autre jour, que les vipères ne mordent jamais les lions... soyez lion! Quant à l'abbé, je vous le donne et garantis comme tout ce qu'il y a de plus vipère !

— Avec tout cela , cher comte, s'écria de

Morvan, bouillant d'impatience, car il ne doutait nullement que la jeune femme avec laquelle de Noce avait aperçu Dubois ne fût Nativa, avec tout cela vous ne m'apprenez pas où je pourrai rencontrer Dubois?

— Veuillez me suivre, je vais vous conduire, répondit de Noce. Seulement, je vous demanderai la permission de m'éloigner dès que je vous aurai mis dans votre cbemin ! Ce n'est pas que je craigne ce Dubois, Dieu sait que je ne me gênerais guère, s'il se plaçait entre un plaisir et moi, pour lui donner du coude dans les côtes; mais je ne voudrais pas, en semblant prendre parti pour vous , me mettre en délicatesse avec monseigneur le duc de Chartres. Je ne connais rien de plus ennuyeux que ces sortes de brouilles entre princes et gentilshommes! la diplomatie s'en mêle, l'affaire tourne au majestueux, c'est intolérable! Allons, votre bras, et marchons à l'ennemi...

— A bientôt, chevalier, dit alors Legoff qui avait écouté en silence, et sans donner aucune marque d'approbation ou d'improbation, la conversation des deux gentilshommes. Vous me retrouverez devant le bassin de Neptune.

Après dix minutes de marche, de Noce s'arrêta et se plaçant derrière un arbre :

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