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CHAPITRE VII

de fureur l'ex-précepteur du duc de Chartres.

— Avec M. l'abbé Dubois, que mon père estime fort, monsieur! répondit Nativa. Quant à votre manière de m'interroger et de vous présenter, permettez-moi de vous faire observer, chevalier de Morvan...

— Il s'agit bien de politesse et de banalités! reprit violemment le gentilhomme en interrompant la charmante Espagnole ; il s'agit, mademoiselle, de votre honneur !

— Démon honneur? dites-vous, chevalier.

— Oui, Nativa, je le répète, de votre honneur ! Vous ignorez qu'une parole échangée avec ce misérable Dubois suffit, tant sa réputation est odieuse, pour compromettre une femme à tout jamais...

— Chevalier, dit Nativa avec hauteur, vous croyez en ce moment insulter un homme, et c'est une femme que vous outragez!...

— A Dieu ne plaise! Je vous sauve : voilà tout.

— M. le Roland furieux, dit d'un air pincé et moqueur Dubois en se mêlant à la conversation, je ne vous cacherai pas que si je n'avais une moins haute opinion de la vertu de mademoiselle de Sandoval, vos extravagances me donneraient à réfléchir et laisseraient mon

esprit s'égarer dans d'étranges suppositions.

— Silence, laquais! s'écria de Morvan avec une telle énergie que Dubois, malgré l'irascibilité de son caractère, n'osa pas répliquer.

Le cbevalicr s'adressant alors de nouveau à Nativa :

— Mademoiselle, lui dit-il avec une tristesse respectueuse, je vous demande bien pardon à l'avance des paroles que je vais prononcer. Je voudrais, au prix d'une partie de mon sang, pouvoir, tant est sincère et grand le respect que vous m'inspirez, ne pas entrer dans de certains détails, que vous aurez de la peine à comprendre...

— Chevalier, vos extravagances, comme disait l'abbé, n'ont déjà été que trop loin ; le seul moyen que vous ayez de me prouver votre respect, est de cesser de suite cet entretien déplacé... Je refuse de vous écouter davantage.

Nativa, après cette réponse, se disposait à s'éloigner, lorsque de Morvan la saisit par le bras et fixant sur elle un œil ardent :

— Je veux que vous m'écoutiez, Nativa ! s'écria-t-il, et vous m'écouterez... Ah! ma conduite vous étonne et vous indigne! Habituée à me voir rougir et pâlir à votre parole, trembler sous votre regard, vous ne pouvez vous expli-

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