‹ Les boucaniers (volume 3)Chapitre 84 sur 167 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

rière un pilier, et se signant dévotement :

— Ali ! ma bonne Notre-Dame d'Auray, miirmiira-t il , vous savez ce qui s'est passé cette nuit, ne vous gênez pas pour me punir si je suis coupable!... Là, foi d'Alain, reprit-il avec ferveur et aprcs une légère pause, si je n'ai pas cru (|ue c'était vous qui m'adressiez ce Buhot, eh bien! faites-moi mourir à l'instant!...

Le bas Breton , après avoir émis ce terrible vœu, s'arrêta tout interdit. Voyant qu'il ne tombait pas foudroyé, il se releva tout joyeux et en murmurant :

— Je savais bien, moi, que j'obéissais aux ordres de ma bonne dame! Que j'ai donc eu tort de me désoler toute la nuit !

Alain, au sortir de l'église, ne sentant plus aucun crime peser sur sa conscience, avait recouvré toute sa tranquillité d'esprit et tout son sang-froid. Aussi n'hésita-t-il pas à demander son chemin.

Lorsqu'il arriva à l'hôtel, il trouva de Morvan en proie à une irritation extrême.

— M. le chevalier, lui dit-ii, ne blasphémez plus et sortez de peine. Voici les vingt écus dont vous avez besoin... Je vous supplierai seulement, ajouta Alain comprenant à rélonnement du jeune homme qu'il était menacé de questions*

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nombreuses et embarrassantes, je vous supplierai seulement de ne pas m'iiiterroger. Je n'ai rien fait de mal pour me procurer cet argent : je l'ai emprunté ; vous le rendrez!

De Morvan, malgré la prière d'Alain, essaya de tirer de lui le récit de ses aventures; mais le bas Breton s'enCerma dans un silence obstiihé et absolu.

— Bal). ! se dit Alain en voyant le chevalier sortir tout joyeux vers les deux heures pour se rendre au rendez-vous que lui avait donné Nativa chez le traiteur Renard, j'ai été, faut en convenir, joliment bête de me faire tant do mal cette nuit. Après tout, ce Buhot n'est qu'un Français !

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