‹ Les boucaniers (volume 4)Chapitre 10 sur 190 · CHAPITRE PREMIER. 2ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 2ô

après avoir réfléchi. Je vais m'occuper de cette affaire sans perdre de temps !

— Tudieu ! s'écria Legoff en riant, après le départ de son complice, il est impossible de trouver un geôlier qui ait plus envie que le nôtre de se débarrasser de ses pensionnaires ! Quel zèle et quel feu il montre pour notre liberté ! Décidément, ce n'est pas d'un, mais de deux pièges au moins que nous sommes menacés! Après tout, que nous importe! Une fois armés, nous saurons bien nous tirer d'affaire , n'est-ce pas, Louis?

— Nous ferons de notre mieux! répondit le jeune homme.

A peine le chevalier achevait-il de prononcer ces mots que le geôlier revint.

— Voici des armes , mes gentilshommes, ditil. Deux paires de pistolets, des munitions et deux poignards... Tout ce que vous m'avez demandé!... A demain!...

— A demain ! répondit Legoff.

Une fois le geôlier parti, le boucanier et de 3Iorvan s'emparèrent avidement des armes déposées sur la table et se mirent à les examiner avec une joyeuse et minutieuse attention.

— Voilà d'excellents canons , dit Legoff. Voyons les ressorts des batteries... Parfaites...

'2i LES BOUCANIERS.

N'aiirait-on pas coulé du plomb dans la lumière?... Nullement,.. L'air y passe avec facilité... Et ce poignard ? Magnifique lame, bien emmancbée, bien en main... Essayons un peu la trempe...

Le boucanier plaça un écu sur la table et, levant le bras, frappa, sans avoir l'air de la regarder, la pièce de monnaie au beau milieu de sa circonférence ! Le poignard traversa l'écu et entra diin pouce dans la table de chêne.

DeMorvan se livrait, de son côté, aux mêmes expériences et obtenait un semblable résultat !

— Vrai Dieu, dit Legoff en riant, notre complice est bien le plus généreux et le plus magnifique geôlier qui ait jamais existé! Pour cinq cents livres que nous lui payons notre liberté, il nous donne des armes qui valent au plus bas prix cinquante louis! Ah! j'ai oublié d'essayer la poudre...

Le boucanier amorça un pistolet et fit feu. La poudre s'enflamma sans laisser de crasse.

— Allons, les munitions valent les armes, dit-il, elles sont de première qualité. Voil.à donc, mon cher Louis, qui est bien convenu : demain nous livrerons la bataille!... Ça sera peut-être un peu rude, mais bah ! j'en ai vu bien d'autres, et me voilà !...

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