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CHAPITRE II

invoqué Dieu, et Dieu, dans sa miséricorde infinie , a écouté ma prière... Je viens d'entrevoir un moyen de salut...

L'esprit si inventif, si lucide et si plein de ressources du beau Laurent inspirait une telle confiance à de Morvanetà Fleur-dcs Bois, qu'en entendant le flibustier émettre celte simple espérance, ils se regardèrent comme liors de danger.

— Que faut-il faire, matelot? lui demanda le chevalier.

— Approche-toi du balcon et regarde ce qui se passe. Que vois-tu?

— Je vois un magnifique et massif carrosse découvert, attelé de deux mules richement harnachées. Dans ce carrosse se trouve un prêtre revêtu de ses habits pontificaux.

— Et que fait la foule ?

— La foule, ou du moins les soldats qui, depuis la suspension des hostili lés, sont descendus sur la place, s'agenouillent dévotement et inclinent humblement leurs fronts vers la terre!

— Le prêtre porte le viatique à un mourant! Les Espagnols , c'est une justice que d'aiijourd'hui seulement je me plais à leur rendre, ont le courage et le mérite de l'humilité devant Dieu!... Dix canons chargés à mitraille vomi-

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raient la mort sur cette foule agenouillée, que pas une personne, tant que ce carrosse resterait à portée de sa vue, tant qu'elle entendrait le son de la clochette qui l'accompagne, ne songerait à se lever et à prendre la fuite ! L'homme n'est fort que par ses croyances !...

— Mais, Laurent, à quoi bon ces explications? Le quart d'heure de la trêve convenu s'écoule avec une effrayante rapidité, et nos munitions sont épuisées!...

— Il faut pourtant encore attendre. Crois bien qu'une fois le moment d'agir venu, ce moment n'eùt-il que la durée d'un éclair, je saurai Icsaisirl... Ah! voici le carrosse qui s'arrête... le prêtre descend... les soldats présentent les armes...

— C'est vers le colonel, atteint j)ar ton mousquet, que se dirige le ministre de Dieu ! Il se penche vers lui... il lève les mains pour le bénir et pour l'absoudre... Le voici qui lui présentée sainte hostie...

— Oui, mais trop tard, le colonel est mort !

— C'est vrai. Le prêtre remonte dans son carrosse.

- Matelot ! voici la seconde qui va décider

de notre salut ou de notre mort : descendons!

Laurent jeta son mousquet en bandoulière ,

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