‹ Les boucaniers (volume 4)Chapitre 169 sur 190 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

tre, à eux deux, moins d'une demi-heure pour rejoindre leurs compagnons.

Or, il y avait dix à |)arier contre un que la frégate sombrerait avant que ce temps ne fût écoulé.

— Matelot, dit de Morvan, la religion, qui défend le suicide, ordonne le dévouement. En nous sacrifiant [>our sauver nos semblables, ce n'est pas un crime que nous commettons, c'est un devoir que nous accomplissons !

Le jeune homme se pencha alors en dehors des bastingages, et, réunissant toutes ses forces:

— Ohé! du canot 1 s'écria-t-il d'une voix qui domina le bruit de la tempête, la frégate va sombrer; largue tout et pousse au large!... Fleur-des-Bois, adieu !

Se retournant ensuite vers le flibustier :

— Matelot, lui dit-il avec une sublime simplicité, je te demande pardon d'avoir, sans te consulter, disposé de ta vie : le temps pressait.

— Chevalier de Morvan , répondit Laurent qui tendit avec émotion sa main à son compagnon d'infortune , tu es un héroïque jeune homme, un noble cœur!... Je t'approuve!... Tous les deux nous saurons mourir! toi soutenu par ta vertu, moi par mon profond dégoût de la vie!...

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