CHAPITRE IX
pour avertir mes associés de mon arrivée. » Montbars s'éloigna alors d'une vingtaine de pas et, après s'être orienté, tira un coup de pistolet en l'air.
Une innombrable quantité d'échos répétèrent la détonation jusque dans les dernières profondeurs de l'Asile.
Dans l'un des sites souterrains les plus pittoresques de cette merveilleuse grotte, si inircpideraent explorée jadis par les flibustiers, et qui depuis de longues années leur servait d'asile, se passait, le lendemain de l'arrivée deMontbars, une scène réellement étrange.
Que le lecteur, se rappelant ses impressions et ses rêves d'enfance, se figure l'intérieur de l'un de ces palais enchantés, bâtis en rubis, diamants, émeraudes et opales, et il restera encore bien au-dessous du grandiose et sublime
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spectacle que présentait la salle de délibération des flibustiers.
C'était une vaste excavation naturelle qui, produite sans doute depuis des siècles par une éruption volcanique, pouvait avoir une longueur de cent pas sur une hauteur à peu près égale. Des stalactites et des cristallisations innombrables, suspendues à sa voûte , accrochées à ses flancs, s'élançantdu sol, ofTraient une incroyable diversité de formes à l'œil ébloui, et ressemblaient, éclairées par les rouges reflets des torches, soit à de gigantesques blocs de diamants, soit à une pluie de métal en fusion.
Plusieurs cavités profondes et étroites qui s'enfonçaient dans le rocber encadraient d'une ombre mystérieuse cette masse éblouissante de lumière et de feu ! Quatre-vingts flibustiers initiés, sur les cent cinquante dont se composait cette redoutable et ténébreuse association, se trouvaient présents à ce rendez-vous annuel fixé par les statuts de leur société.
Ces flibustiers, armés jusqu'aux dents, étaient pittorcsquement disséminés dans le souterrain. Tous, debout et appuyés sur leurs longs fusils, observaient un respectueux silence : Montbars parlait.
— Frères de la Côte, disait-il, le moment est