CHAPITRE Vil
vit Jeanne, car c'est Casque-en-Cuir qui, profitant d'un moment où Laurent causait avec moi, a retourné la charge de son mousquet en mettant la balle contre la lumière et la poudre pardessus... Ce n'est pas un accident qui t'a sauvé... Cela t'explique pourquoi je nie suis élancée entre Laurent et toi quand tu allais faire feu. Tu n'avais couru aucun danger; je ne voulais pas te laisser commettre un assassinat, même involontaire. Va, sans cela, je t'aurais laissé tuer Laurent tout à Ion aise... L'aveu de cette supercherie fit monter le rouge au visage du jeune homme.
— Fleur-des-Bois, dit-il, ta conduite, en cette circonstance, a été d'une grande légèreté. Tu m'exposais au déshonneur...
Au ton de sévérité que mit de Morvan dans cette réponse, la pauvre enfant courba la tête, et parut accablée sous le poids de la honte : des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues.
— Ma bonne Jeanne, murmura de Morvan ému à la vue de cette douleur si sincère, pardonne un moment de vivacité bien involontaire.
— Oui, j'ai peut-être eu tort d'agir ainsi. Que veux-tu? Ce serait à recommencer, que je
ftmt» <niM«NNr <fc luàu*.'. E»t«f qtM; j<f pouvat:> te bàsawr taMTs «iwi.' swrti Jcauue avec fxplo-
6j]<«. ^ ttit tut ia^^ati^ pm& KtNrenttat bleu tôt
— '"' • Luuisi, luLi iiit-<;Ile , ses jolies Bttiitr» • tti ii^itae de prière, je feu coa jtcr«^ *çtuaii Cu ^îiurtit;^ cttéutMftteut de moi, ne me ;^<ii& çliss^ a.v«c cet uir uMi^astt i{ue tu avais tuidi it Cb»if« L.. CeOi. 01» foât lorop de aial, de te «tfà; «m: cotuce (jualire mui!: IMitai <Mrar se gootli)f« «C it mr seBdU» <{iWK ^^^^ moimr ! ^'est-ee (^iKi. dkt««BMr iiiiii^ ^Qnt dii ik sérac» piTits mé-- «tâaoft'^..^ SE bx sa«aii> ctimibieii Je faraiev ta te
— ■ 'aggs> Jim— ey Inftirirfni de ÎMoc-
VTTT
ntenaa naner 'me ^eme loi» fie s«ii ni«etor te
eau '^^uT^nt.
/ uoptt avec mœ- imnadHief.' 5 joacs et
.'.-: -cir^s tri. ^àoii "^ '""•"■
Tiri:i ac'.T" Le San. en:.
i nœsnre me e tennas ^eeoniaïc ^a» iiii acan. cJiaiiseiaEaî dans sa aositioit. ron .rr^Lc.- 10 n -e -ainia . ^•90 •^inç'îr '^omDa. ^t ^aân in Tiomeni ipeadre i» imbc;. il
.irraB. était loin
do s'avouer, entrait pour beaucoup dans la nouvelle disposition de son esprit : reste jusqu'alors si isolé dans sa vie solitaire, il n'avait pu demeurer insensible à la douce et chaste intimité qui s'était établie entre lui et la fille de Barbe- Grise. Il n'est guère possible, en effet, qu'un jeune homme, à moins que son cœur ne soit déjà complètement vicié, n'éprouve pas un certain sentiment de reconnaissance pour la femme qui , sans arrière-pensée aucune, lui livre toute son âme!
D'abord séduit par l'originalité si naturelle du caractère de Fleur-des-Bois, de Morvan n'avait pas lardé à trouver en elle les plus charmantes et les plus précieuses qualités. Chaque jour amenait pour lui une nouvelle découverte qui affermissait davantage l'affection qu'il portait à la délicieuse créature.
Flcur-des-Bois, complètement négligée par son père, était d'une ignorance parfaite ; de Morvan se mit avec ardeur à son éducation.
La jeune houcanière montra d'abord une profonde répugnance pour les diflicultés si fiistidieuses que présentent les principes élémentaires.
— Que m'importe, chevalier Louis, disaitelle à son professeur, ce que l'on trouve dans
cHAPixnn: viii. 177
les livres ! Que pourrais-je y apprendre que je ne sache déjà? La vie est une chose si simple : avoir confiance en Dieu, aimer ceux qui sont bons, fuir les méchants. Que verrais-je dans tes livres qui vaille le spectacle de nos forêts? Rien. Crois-moi, chevalier Louis, laissons-là ces papiers noircis qui me fatiguent inutilement et auxquels je ne comprends rien. Le temps est magnifique, les oiseaux chantent dans les bois, prends un mousquet et viens avec moi à la chasse.
— Jeanne, lui répondit nn jour de Morvan, ne serais-tu donc pas contente si j'étais loin de toi, de recevoir de mes nouvelles, de pouvoir lire les mots d'amitié que je t'écrirais?
Cette question impressionna vivement la jeune fille.
— Ah ! mon chevalier Louis, s'écria-t elle, je n'avais pas songé à cela! Oui, tu as raison, la science est une bien belle chose ! Elle vous rapproche des absents que l'on aime ! Pourquoi ne m'as-tu pas fait observer cela plus tôt ! Je serai aujourd'hui savante !
A partir de ce moment Fleur-des-Bois se mit avec une ardeur sans pareille à l'étude : quinze jours plus tard elle lisait déjà fort passablement.
Un soir, en revenant à l'babitatioii, après une 3. 16
de ces longues courses qui leur avait semblé une simple promenade, les jeunes gens virent assis à table un inconnu.
Tous les deux, sans se rendre compte de leurs pensées, éprouvèrent en même temps une émotion pénible : le nouveau venu était un flibustier envoyé par le beau Laurent : il apportait une lettre à de Morvan.
«Mon matelot, écrivait Laurent, grâce à une déplorable chance qui s'était acharnée après moi, il m'a fallu gagner et dépenser deux cent mille livres avant de pouvoir perdre mes vingt mille écus ! Hier les dés m'ont enfin enlevé mon dernier diamant et mon unique quadruple ! Arrive de suite : je me sens en verve contre l'Espagnol et j'ai hâte dembarquer. Je t'attends demain. »
Le contenu de cette lettre qui, trois semaines auparavant, aurait comblé de Morvan de joie, lui parut alors constituer un véritable malheur. Quant à Fleur-des-Bois. elle pâlit comme si elle allait se trouver mal, et dit, en s'adressant à de Morvan d'une voix qui tremblait :
— ^lon chevalier Louis, pourquoi partir? lui dit-elle. Que t'importe de gagner de l'or! Qu'en feras-tu? à quoi cela te servira-t-il ? Tes goûts