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CHAPITRE II

férieurc de IV'chelle : trahison! ses pieds ne rencontrèrent pas le sol.

A l'instant, une idée afTi-euse se présenta à son esprit : il prit sa bourse qui était pleine d'or et la jeta. Plusieurs secondes, presque un quart do minute s'écoula avant qu'il entendît rebondir l'or sur les rochers : ses soupçons se changèrent en certitude.

— Louis ! cria-t-il vivement , prends bien garde ! Nous sommes suspendus au-dessus d'un précipice !

De Morvan, à quoi bon le répéter? était doué d'une bravoure aussi complète que le permet la faiblesse humaine. Eh bien ! en entendant vibrer comme un glas de mort ces sinistres paroles, il éprouva un poignant effroi.

— Allons, du courage, mon ami, reprit de Montbars, comme s'il eût deviné l'émotion du jeune homme. Allons, du courage! remonte l'échelle !

— Je ne puis, dit de Morvan, dont le front se couvrit d'une sueur froide. Je ne puis !

— Aurais-tu donc peur?...

— Oui, dit le jeune homme en se cramponnant de toute l'énergie de ses muscles à l'échelle, oui, j'ai peur! Oh! ne me méprisez pas, mon oncle! Mon cœur est tranquille, et je ne crains

pas la mort... Mais mon bras refuse d'obéir à ma volonté!...

— Tiens bon, mon enfant, tiens bon !.,, me voici! reprit le boucanier qui se mit à gravir à la force des poignets, avec une vigueur surhumaine, l'espace qui le séparait de de Morvan. A présent, passe tes bras autour de mon cou...

— Non, de Montbars ! s'écria de Morvan. Non, je ne veux pas accepter ce généreux et inutile secours, qui vous perdrait sans me sauver!... Tâchez de regagner la prison, alors vous attirerez l'échelle à vous!... Dépêchez-vous..., je sens que mes forces m'abandonnent!...

— Mon Dieu, que de temps perdu !... Allons, vite, te dis-je, tes bras autour de mon cou... et ne crains rien... ceci n'est qu'un jeu pour moi!

— Non ! ... non !.. . de Montbars. . . Il faut que vous viviez pour venger mon père et porter à Nativa mes derniers adieux... ma dernière pensée d'amour!...

— Malédiction sur ta générosité! s'écria le boucanier. Tu ne comprends donc pas, Louis, que je ne t'abandonnerai pas... que chaque seconde qui s'écoule me fatigue horriblement!... Allons, au nom de ton père, passe tes bras autour de mon cou... et laisse-moi faire.

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