‹ Les boucaniersChapitre 12 sur 22 · III · texte numérisé non relu

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pagne, un combat a élé livré, et que jamais, jamais, monseigneur, soit dans des engagements partiels, soit dans de vraies batailles navales, un seul de mes navires n'a baissé pavillon ! J'ai toujours su porter haut et fier l'honneur de la Fiance!

La parole du boucanier respirait, en évoquant ces brillants souvenirs de son passé, plus de joie et de satisfaction que d'orgueil ; Poutcharlrain, quelqu'endurci et engourdi que fut devenu son cœur au contact de la cour, ne put se défendre d'une certaine admiration pour cet homme, qui, dans ses triomphes person-

nels, ne voyait que la gloire de son pays.

— Monsieur Legoff, lui dit-il presque avec affabilité, si je n'admets pas comme possible l'exécution de votre vaste projet, il ne s'ensuit pas que je vous croie dénué d'énergie, de bon sens et de connaissances. Si vous avez quelque plan moins colossal que la conquête des Indes espagnoles à me proposer, croyez que je vous écouterai avec l'attention et la faveur que méritent vos talents.

— Je ne renonce jamais h mes pro-

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jets, mais je sais les ajourner et attendre, monseigneur, dit Legofî. A présent, puisque vous voulez bien m'encourager et me prendre au sérieux, il me reste a vous entretenir d'une entreprise qui peut jeter plus de cent millions dans les coffres vides de la France. Je me hâte d'ajouter que je parle en ce moment au nom de Ducasse, a qui mon aiuilié cédera volontiers l'honneur de la réussite de celle affaire. Quant a Ducasse, monseigneur, il s'agit pour lui du gain d'un million.

Legoff, en prononçant le nom de Ducasse, et en accolant ce nom au mot de

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