SCENE XVI
MM8 DUVERNET, MAGLOIRE, SOSTÈNE DUVER- NET , entrant avec un air agité.
SOSTENE, bas à Magloire.
Je suis désespéré !.. . Elle refuse de me recevoir, de m'eutendre . . . Et mes bijoux?. . .
MAGLOIRE, de même.
Vous allez voir... Madame doit vous en parler ellemême.
Mme DUVERNET.
Il faut convenir, Monsieur, que j'étais bien folle, toutà-l'heure,de m'emporler , de me mettre en colère pour un présent d'une si mince valeur que le vôtre... Monsieur
Magloire vient de m'assurer que ce ne sont que des pierres fausses !
sostène t feignant la surprise.
Ah! Madame, que m'apprenez-vous là!... Mais cela est-il l)ien vrai , Magloire?. . . ( Bas. ) Il paraît que tu as joliment conduit l'affaire!
MAGLOIRE , bas.
Comme un ange! . . . ( Fiant. ) Monsieur, il n'y a rien an monde de plus avéré; et je vous en donne ma parole d'honneur !
SOSTÈNE , bas à Magloire.
Quelle effronterie! .. . N'importe, ça va très-bien!... ( Haut. ) Comment, ces deux marchands m'auraient joué uu pareil tour?. . . Oh ! ils n'en sont pas quittes !. . . Je les poursuivrai avec la dernière rigueur !.. . Remettez-moi un peu ces boucles d'oreilles , Madame , ce sont des pièces de conviction.
Mme DUVERNET.
Un instant! Je veux , avant de vous les rendre , les faire voir à M. Loiselet.
SOSTÈNE.
C'est inutile ! Magloire s'y connaît tout aussi bien que son oncle. • •
Mme DUVERNET.
Oi i ; mais si vous vous entendiez avec votre clerc, pour me tromper tous les deux?. . .
MAGLOIRE
Quelle horreur!... Est-ce que nous sommes capables de tromper les femmes?... Sexe timide et enchanteur, va! SOSTÈNE.
Madame , ces continuels soupçons m'offensent beaucoup,
Mmo DUVERNET.
Je s.iis bien que ma défiance est peut-être injuste.. .
; osxi SB . hits ii Magloire- Elle \ niel tanl de bonne foi que malgré moi je sens nu i ( mords. . .
m u; LOIRE , <!<■ même.
I i moi (loin ! . . . J'en sens su moins ii ois ou quatre , des rds '. . ■ . m. us je les supporte - bah !
Mme DTVERNET.
Ecoutez , Monsieur ; dans le doute , je vais vous proposer un petit arrangement. . .
SOSTÈNE.
Voyons, Madame.
Mme DUVERNET.
Je vous ai demandé re matin de l'argent pour ma toilette, eh bien! donnez-moi cinquante louis, et je vous rendrai les boucles d'oreille... J'espère que je suis raisonnable!. . .
SOSTÈNE.
Ah! ah! ceci mérite réflexion.
MAGLOIRE , bas à Soslène*
Prenez là au mot , Monsieur. . . Mon oncle ne doit il pas vous donner douze cents francs de boni, en vous remettant votre bague?. . . vous ne débourserez rien.
SOSTÈNE.
Tu as raison!... Allons, j'accepte, il faut finir cette affaire ! ( Tirant une bourse. )
Air d'Elle et Lui.
Tenez , votre somme est complette.
M Ai). duyerxet, prenant et donnant les boucles (Voici! le. Et voilà qui nous met d'accord.
sostÈne , à part.
C'est toujours une bonne emplette.
MAO. DUVERNET , à part.
Ah ! pour moi , c'est un marche d'or.
magloire, à part.
Couple aussi tendre que fidèle , Chacun deux s'attrappe aujourd'hui !
sostène , bas à l'oreille de Magloire.
Cache lui bien que je me moque d'elle. MAD. duverm:t, à Mag'oirc , de l 'autre coté. Ne lui dis pas qu'on se moque de lir.
Bouch-s. 6
Mme DUVERNET.
Tenez 5 voici , je crois , M. Loiselet ; faites-lui voir à pre'seut les diamans tant que vous voudrez!
MAGLOIRE , à part.
Mon oncle?. .. Ça va renforcer le comique !