BOURDIN
Dieu. Le monument n'a jamais dû être déplacé; il n'alla pas chez Lenoir et il était à peu près inconnu ^. M. Gonse, dans sa Sculpture française, en a le premier signalé toute l'importance.
C'est à son avis l'œuvre la plus caractéristique de la manière solide et puissante de Michel Bourdin. C'est une œuvre foncièrement naturaliste, un peu comme toute la sculpture funéraire de l'époque, mais avec une note bien particulière et personnelle. La figure est un portrait qui s'inspire de la nature seule, sans aucun sacrifice à un idéal quelconque. C'est la large bonhomie d'un homme qui revit tout entière dans ce visage souriant et calme, en môme temps qu'une impression de gravité énergique se dégage de l'œuvre dans son ensemble. Aucune pose, aucune parade dans le costume, qui est le plus exact et le plus simple qui se puisse voir, presque celui de tous les jours, avec ce petit manteau, cette culotte à boufîettes et ces gros souliers carrés.
TOMBEAU d'aMADOR DE LA PORTE
La ressemblance de ce Jean Bardeau est frappante avec le grand prieur Amador de la Porte, du Musée du Louvre. Cette autre statue funéraire n'est pas signée; nous ne savons pas non plus exactement quand elle fut faite, après ou avant 1640, date de la mort du personnage; l'attribution est pourtant traditionnelle. Sauvai n'en parle pas, mais Piganiol - la décrit ainsi : « On voit dans le Temple un mausolée de marbre noir et blanc (remarquons encore la décoration), sur lequel est la statue à genoux d'Amador de la Porte, grand-prieur de France, mort en 1640. Ce monument a été fait par il/«cAe/ Bourdin, l'un des plus habiles sculpteurs de ce temps. »
Lenoir recueillit l'o'uvre^; elle fut ensuite à Versailles et est rentrée au Louvre récemment, pour le plus grand honneur de Michel Bourdin, qu'elle représente dignement et très utilement dans notre musée de sculpture moderne''. Mais n'eût-on pas les témoignages qui la donnent à Bourdin, l'œuvre, placée à côté du Jean Bardeau,